Top 14 : le pillage des « petits » s’intensifie

Du Biarritz Olympique à la Section Paloise, en passant par l’USAP, les petits budgets du Top 14 subissent une fois de plus l’assaut des grosses écuries sur leurs meilleurs éléments.

Hastoy, Jaminet et Hirigoyen quitteront leurs clubs respectifs à l’issue de la saison.

Ce n’est pas une nouveauté dans le rugby professionnel. Depuis une bonne vingtaine d’année, les plus petits clubs perdent leurs meilleurs éléments au bénéfice des plus grands. On se souvient, par exemple, du pillage en règle qu’avait pu subir une équipe comme Colomiers, au début des années 2000. Pourtant, cette situation, dans un sport qui véhicule des valeurs de loyauté et de fidélité, fait de plus en plus grincer des dents. C’est par exemple le cas du président de Perpignan, François Rivière, qui appelle à un nouveau modèle alors que sa pépite, Melvyn Jaminet, s’est engagé au Stade Toulousain pour la saison prochaine.

Des joueurs déracinés

La plupart des clubs qui disposent de moyens économiques importants se situent dans les grandes métropoles (Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse, Montpellier). Les plus petits budgets sont, en revanche, bien implantés depuis de longues décennies au niveau local. L’USAP, la Section Paloise, le CA Brive ou le Biarritz Olympique sont des grands noms du rugby français et ont un palmarès en conséquence. Chez eux, se révèlent régulièrement des talents locaux, qui font désormais le bonheur des cadors.

Si les exemples sont long comme le bras, ou que des clubs formateurs comme Agen (Pro D2) et Auch (F1) sont les plus grandes victimes de ce système, le plus récent cas a touché le Biarritz Olympique. Pour boucler son budget de la saison prochaine, le club a été contraint de se séparer de deux joueurs formés au club : le Landais Lucas Peyresblanques et le Basque Mathieu Hirigoyen, qui prendront la direction du Stade Français Paris.

La Section Paloise n’est pas en reste

Du côté de Pau, qui s’offre cette saison un maintien confortable dans l’élite, l’amertume peut aussi primer. Malgré un projet de jeu cohérent, la formation entraînée par Sébastien Picqueronies s’apprêtent à perdre gros. La pépite, Antoine Hastoy s’est engagée du côté de La Rochelle, tandis que Giovanni Habel-Kueffner rejoindra le Stade Français. A ces deux joueurs majeurs de sa saison, Pau perdra Quentin Lespiaucq (La Rochelle), qui était lui aussi un homme de base du club jusqu’à cette année.

Pour ces équipes, qui ne se situent pas toutes au même plan au niveau sportif, ces départs constituent de lourdes pertes. Non seulement car ce sont souvent des joueurs qui ont grandi chez elles qui s’en vont, mais aussi parce que cela les oblige à toujours se réinventer. Un club comme Pau, qui aurait pu voir plus grand l’an prochain, sera encore candidat au maintien. Une sorte de plafond de verre en direction du haut de tableau subsiste donc toujours. Et force est de reconnaître, que cela ne va pas dans le sens d’un rugby qui respecte ses fiefs historiques, dont la plupart végètent désormais chez les amateurs, ou en Pro D2.

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