Manchester United : une déroute en quatre actes

Balayé à Anfield par Liverpool (4-0), Manchester United a encaissé une nouvelle humiliation face à son grand rival. Nous avons séquencé cette déroute en quatre actes.

Le visage marqué, Bruno Fernandes se laissait submerger avec l’ensemble de ses partenaires à Anfield

1) La composition de Ralf Rangnick

La composition de Manchester United est en grande partie la conséquence du point numéro quatre (voir ci-dessous). Mais lors de son annonce avant le coup d’envoi du match, le pire était déjà envisagé. Un système en 3-4-2-1, avec Aaron Wan-Bissaka en piston gauche et des joueurs qui n’ont plus rien à voir avec le très haut niveau (Nemanja Matic, Phil Jones…).

Privé de Cristiano Ronaldo, qui a reçu un vibrant hommage d’Anfield, Manchester Utd devait compter sur Paul Pogba et Bruno Fernandes au milieu de terrain. Deux joueurs au niveau incertain dans les grands rendez-vous. La méforme de Marcus Rashford, la jeunesse d’Anthony Elanga, la fragilité de Harry Maguire et le niveau global de l’effectif jurait avec la splendeur du onze de Liverpool.

2) D’entrée, un monde d’écart…

Les inquiétudes n’ont pas tardé à se confirmer. Dès l’entame, Liverpool jouait un football de rêve, huilé, rapide… Tout ce dont United est incapable de mettre en place depuis le départ de Sir Alex. A l’ouverture du score précoce de Luis Diaz (5′), s’ajoutait la blessure de Paul Pogba (9′). Puis, sur une nouvelle action de grande envergure, Liverpool plantait le deuxième (22′).

Les Mancuniens étaient submergés, humiliés par la puissance des Reds. Comme au match aller, que LFC avait remporté 5-0 à Old Trafford, la cruelle vérité sautait une fois de plus aux yeux de la planète sport : Manchester Utd n’est plus une équipe de football. Peut-être un amas de joueurs surpayés à l’égo démesuré. Mais certainement pas un collectif soudé, amoureux du blason et de son immense histoire.

3) Liverpool en mode gestion : un camouflet terrible

Alors que Anfield jubilait, la formation de Jürgen Klopp, qui a des trophées à aller chercher en cette fin de saison, faisait redescendre le rythme de la rencontre. Il restait alors… plus de deux tiers du match à jouer. En sport, il est coutume de dire que respecter son adversaire, revient à le battre le plus largement possible. Pour Liverpool, le derby d’Angleterre n’est plus un rendez-vous au sommet, mais une simple promenade de santé. Un camouflet terrible pour Manchester.

United, ce club qui a eu tant de grands joueurs. Des éléments de caractère, capables de dégoupiller à n’importe quel moment pour défendre leur territoire. Nous reviennent en mémoire des matchs immenses contre Arsenal il y a une vingtaine d’année. Hier, les Red Devils, qui n’ont plus rien de diabolique, ont baissé les yeux comme une équipe de cadets.

4) Le résultat de deux politiques sportives très distinctes

L’affiche opposait assurément les deux plus grands clubs dans l’histoire du Royaume. À eux deux, se cumulent 49 titres de champions d’Angleterre (20 pour United, 19 pour Liverpool) et neuf Ligues des Champions (six pour LFC, trois pour Utd). Alors, comment qu’un tel écart se soit creusé ? La réponse est à rechercher dans la politique sportive des deux clubs.

D’un côté, Liverpool. Géré depuis 2015 par Jürgen Klopp, le club ne recrute presque que des joueurs peu réputés. Hormis lorsqu’il a recruté Virgil Van Dijk, LFC ne fait pas de folies sur le marché des transferts. Les salaires des joueurs ne comptent même pas parmi les plus élevés de Premier League. En revanche, une ligne de conduite suit la politique de recrutement des Reds : il faut que la cible corresponde à un besoin précis de l’équipe, et entre en cohérence avec la manière de jouer de Jürgen Klopp.

De l’autre, Manchester United. Depuis Sir Alex, parti en 2013, sept entraîneurs se sont succédé. Tous ont eu des philosophies différentes, et le recrutement du club n’a consisté qu’en une seule et unique chose : dépenser sans compter sur des joueurs, sans se poser la question de leur intégration dans le collectif. Dans le top 5 des joueurs les mieux payés du championnat d’Angleterre figurent quatre Mancuniens (Cristiano, De Gea, Sancho, Varane).

Le résultat d’Anfield, qui a profondément humilié Manchester United à en croire la presse européenne ce matin, doit donc impérativement amener le club à se recentrer autour d’un projet stable. Chose qu’il n’a pas su faire depuis bientôt dix ans…

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