[Serie A] Un week-end plein de promesses

Les matchs en retard disputés mercredi dernier, même s’ils ont été spectaculaires, n’ont rien changé au classement du championnat italien. Le suspense reste donc entier pour la 35e journée.

Ivan Perisic devra encore montrer la voie aux siens dimanche pour que l’Inter regoûte à la victoire (source : Football Italia)

Une semaine de calcio palpitante

Nous, amateurs de football folklorique, avons eu mercredi soir le privilège d’assister aux rattrapages de la 20e journée de Serie A, tandis que se jouait la racoleuse voire acratopège « Champions League ». Au menu : Fiorentina-Udinese à 19h, Atalanta-Torino et surtout Bologne-Inter Milan à 21h. La gastronomie italienne vaut toujours le détour, même entre les repas ! En effet, le final du championnat transalpin est encore indécis, alors que le quatuor de tête peine à dévoiler son leader et que les suivants enchaînent les contre-performances. Les trois matchs ont été de succulents antipasti, avant l’appétissant plat de résistance à venir.

Quelle couleur avait l’apéro ?

Pour revenir aux occurrences de ce milieu de semaine, le premier plateau nous proposait un intriguant Florence-Udine, deux villes historiques d’Italie (et c’est le match qu’on a le plus suivi). La première, au cœur de l’Italie, jouissant du faste hérité de la Renaissance. La seconde, moins clinquante, en marge de la botte, située dans le méconnu « Frisoul » non-loin de la Slovénie. Ses représentants ne sont pas que venus faire du tourisme, puisqu’ils ont écrasé les locaux d’un score fleuve (4-0).

Tout a été question d’efficacité. Sur la possession, le constat est sans appel : 73% pour la Viola et 27% pour l’Udinese. Au niveau des tirs : 18 à 17 pour respectivement 7 et 8 tirs cadrés. A la différence que les seconds ont marqué quatre buts et la Fiorentina aucun. Les jambes violettes ont paru lourdes ou tremblantes dès le début du match, à l’image d’un Krzysztof Piatek qui écrase sa frappe sur un beau centre en retrait à la 3e minute. Avec un autre attaquant, n’importe qui aurait considéré cela comme un gros raté, mais cela fait longtemps que l’on a revu les exigences du Polonais à la baisse.

A la 12e minute, les bianconeri lancent les hostilités après avoir déjà beaucoup pressé sur le but de Terracciano. Un mauvaise dégagement d’Odriozola, et le défenseur Pablo Mari surgit avant de placer une lourde frappe dans un angle fermé, sur une action digne d’un buteur de métier. Le latéral appartenant au Real Madrid ne risque décidément pas de trouver une place de titulaire à la fin de son prêt en Toscane. A partir de son erreur, le match ne ressemble plus qu’à un mythe sisyphéen. Des attaques-défenses où la Fio’ tente d’égaliser mais se heurte à un bloc parfaitement organisé, sûrement bien briefé par le pas assez médiatisé coach Gabriele Cioffi.

Pablo Mari, célébré par ses coéquipiers dont Delofeu, auteur du 2e but (source : Mondo Udinese)

La pierre de Sisyphe fut le ballon, et la montagne sur laquelle il doit la porter, l’Udinese. Une fois la sphère apportée dangereusement au sommet, elle chuta inlassablement de l’autre côté. C’est ce qui se produisit avant la mi-temps ; les visiteurs récupèrent la balle et leur contre se voit stoppé prématurément. Mais le coup-franc est joué rapidement, l’attaque savamment orchestrée, et Gerard Deulofeu inscrit une belle réalisation. Toute la 2e mi-temps, les Violets tenteront de réduire l’écart, mais sont crucifiés dans les arrêts de jeu, par Walace qui marque d’une frappe déviée, puis par Udogie en contre encore. Sur un beau centre à ras de terre, l’attaquant reprend victorieusement le cuir, légèrement effleuré. Un maximum de réussite !

…et l’entrée ?

L’Atalanta Bergame aurait pu profiter de la déroute de la Fiorentina à condition de battre le Toro. Evoluant également à domicile, elle pouvait dépasser d’un point son concurrent et la Lazio – 56 chacune – et retrouver une place européenne inespérée. De fait, les Lombards sont en pleine régression depuis plusieurs semaines. L’année 2022 est plus généralement synonyme de déclin progressif pour une formation qui avait autrefois défrayé la chronique. Eliminée sans les honneurs (car à domicile) de Ligue Europa contre l’inauthentique RB Leipzig, il ne lui reste que le championnat pour sauver les meubles. Les Bergamasques déçoivent ici aussi, même face aux outsiders.

De Roon, buteur pour l’Atalanta, a dû lutter avec son équipe pour arracher le nul (source : la Reppublica)

Pourtant, le Gewiss Stadium fut le théâtre d’un drama peu commun. On avait l’habitude de rencontres prolifiques entre les deux clubs, on se rappelle d’un 0-7 infligée par la Dea au Torino mais avant-hier, les buts furent distribués de toute part. Un 4-4 rare, finalement pas si étonnant pour un match où figure l’Atalanta. On notera toutefois la moitié des buts causés par des penalties, plus ou moins justifiés, mais au bout du compte les spectateurs neutres ont pu se ravir d’un duel aussi prolifique qu’haletant. Les locaux, menés deux fois, sont revenu d’abord à 1-1 avant de revenir de 2-4 à égalité ! Ce petit point est malgré tout précieux dans la course à l’Europe !

Simultanément, l’affiche pour le trône se jouait. L’Internazionale se déplaçait sur le terrain de Bologne, plutôt en forme récemment, incarnée par son buteur autrichien Marco Arnautovic. Et ça n’a pas manqué ! Il a remis son équipe dans le droit chemin en marquant de son atout : la tête. Un très beau but pour recoller à 1-1. Les nerazzuri avaient effectivement ouvert le score, et ceci d’un bijou encore plus estimable. Une action du croate Ivan Perisic, désertant son aile droite pour solliciter une touche à gauche. Il devance la défense adverse et après une série de dribles ainsi qu’un petit-pont, place une frappe somptueuse en lucarne.

Résumé vidéo de cette victoire renversante de Bologne, avec le splendide but de Perisic (source : Serie A – youtube channel)

Ce même Perisic qui à 10 minutes du terme effectuera une touche malheureuse en retrait pour son gardien. Radu appréhende atrocement la trajectoire qui va vers le but et offre le pion à Nicola Sansone sur un plateau, lequel n’a plus qu’à le pousser au fond. 26 frappes à 5 ; même leçon que pour la Fiorentina. L’Inter a accusé d’un déficit d’efficacité mais aussi d’inspiration. Il en faudra plus pour s’arroger le titre, car ils ont raté le coche de manière incompréhensible. Une victoire les aurait fait passer devant l’actuel leader et rival : l’AC Milan.

Que dégustera-t-on ce week-end ?

On aura affaire, de samedi à lundi, à une journée trépidante. Premier « agon » notable, Napoli-Sassuolo samedi. Naples semble décrochée pour le titre, mais connaissant les médiocres prestations de ses concurrents, elle a tout intérêt à vaincre une équipe accrocheuse et joueuse. Sassuolo est une équipe jeune dont peut jaillir n’importe quel prodige pour décider du sort d’un match. A regarder de près, donc ! Ce samedi aura également lieu le derby gênois entre la Sampdoria et le Genoa, essentiel pour le maintien sachant que le second est avant-dernier relégable. On pourra également prêter attention au moins sexy Spezia-Lazio.

Au programme dimanche, le choc AC Milan-Fiorentina. A San Siro, les rossoneri ont obligation de s’imposer, alors que la Fiorentina voudra redorer son blason après l’humiliation subie précédemment. A propos d’équipes déjà mentionnées, l’Udinese accueillera l’Inter et n’hésitera pas à reproduire la tactique de mercredi, que son adversaire a déjà éprouvée le même jour contre Bologne. Il faudra faire preuve de vigilance pour les Milanais s’ils veulent prétendre au Scudetto. Uniment à l’affiche, un intéressant AS Roma-Bologne. Enfin, on aura l’affrontement Juventus-Venezia, déséquilibré sur le papier. Le 4e doit battre la lanterne rouge pour garder sa place en Champions League et pourquoi pas se rapprocher du podium, tandis que Venise voudra grapiller au moins un point.

Le quatuor de tête mène une lutte âpre pour se départager.

En clôture de la 35e journée, un passionnant Atalanta-Salernitana ! Le match verra se battre deux clubs avec des dynamiques antithétiques. Salerne est en pleine bourre, sur trois victoires après une disette de 11 matchs, et la Dea demeure en peine face aux « petits », et plus globalement à domicile. Le premier relégable, que tout le monde enterrait dès le milieu de la saison, a toutes ses chances contre cette équipe en restructuration. A demain pour le début de ce feuilleton !

Même challenge qu’en haut de tableau pour les prétendant à l’Europe !

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