14 ans après son dernier titre de champion, que reste-il de l’Olympique Lyonnais ?

Il y a 14 ans, l’Olympique Lyonnais remportait un septième titre de champion de France consécutif. Le dernier d’une époque de domination inégalée dans le football français. Comment analyser l’évolution du club depuis cette période ?

En 2008, l’OL avait réalisé le double Coupe-Championnat (Le Progrès/Stéphane Guiochon)

Club français incontournable des années 2000, l’Olympique Lyonnais s’apprête à conclure sa pire saison au 21ème siècle. Bien sûr, des failles dans différents domaines ont provoqué cette baisse inexorable du niveau sportif. Mais tout est-il vraiment moins bien qu’il y a 14 ans ? L’OL a t-il progressé sur certains aspects malgré l’abandon de sa domination nationale ? C’est ce à quoi nous tentons de répondre aujourd’hui.

Ces secteurs dans lesquels l’OL a progressé depuis 2008


Pensionnaire du Stade de Gerland lors de ses grandes années, le club de Jean-Michel Aulas évolue désormais au Parc OL, l’un des plus beaux écrins du pays, inauguré en 2016. Un outil qui permet au club de rivaliser dans ce domaine avec les grands noms d’Europe telles que le Bayern Munich, la Juventus ou Arsenal. A long terme, il y a fort à parier que l’OL finira par tirer les bénéfices économiques de cet investissement, pour en faire un atout sur le plan sportif.

Lors de ses sacres, l’Olympique Lyonnais n’hésitait pas à piocher dans différents clubs de Ligue 1, et du Brésil, pour se renforcer. Depuis, il a été contraint de changer son fusil d’épaules pour des raisons économiques, mais aussi par une volonté réelle d’exploiter le potentiel de la région lyonnaise. Si Karim Benzema et Hatem Ben Arfa étaient les deux grands noms de la formations lyonnaises lors du dernier titre, d’autres joueurs ont éclos au cours de la dernière décennie.

Alexandre Lacazette, Samuel Umtiti, Corentin Tolisso ou encore Nabil Fekir sont les principaux noms qui viennent à l’esprit. Mais les joueurs moins connus ou reconnus qui sortent de l’académie lyonnaise (Gouiri, Bard, Ghezzal, Gonalons…) sont aussi des preuves vivantes de la qualité du centre de formation de l’OL. Si l’on attend encore que les prochaines pépites exploitent pleinement leur potentiel (Cherki, Lukeba, Caqueret, Gusto…) au sein de l’équipe première, elles seront probablement amenées à jouer un rôle grandissant dès la saison prochaine.

Les secteurs qui ont progressivement décliné


Le déclin qui frappe le plus, au delà des différentes crises qui ont frappé le club, est inévitablement le changement de mentalité de l’OL. Dans les années 2000, Lyon était un club craint car il imposait le respect. Son président était omniprésent et mettait ses joueurs, les médias et le corps arbitral sous pression. L’OL jouait la gagne à chaque match, et une série de trois mauvais résultat pouvait le plonger dans la crise. En d’autres termes, il était un grand club ambitieux et qui s’assumait comme tel.

En 2022, la donne a considérablement changé. Au fil des années, Lyon a commencé à se présenter comme une victime du football business, et notamment du Paris-Saint-Germain. Si les moyens presque déloyaux du club de la capitale ont évidemment changé la donne dans le paysage du foot français, il est étonnant de voir à quel point l’OL a accepté son rôle de valet du PSG. Les ambitions ont progressivement décliné, passant d’une qualification en Ligue des Champions, à la lutte pour l’Europa League, menant aujourd’hui à une saison sauvée en cas d’accession à la Conference League. Ce n’est pas le Lyon que l’on a connu.

Pourtant, malgré la crise, Lyon a considérablement augmenté son budget ! En 2008, celui-ci était de 147 millions d’euros, contre 250 aujourd’hui. Si cela doit être pris en compte avec l’inflation du football mondial, il reste le deuxième budget de Ligue 1, avec l’OM. Pour information, le budget de Villarreal est de 138 millions d’euros. Lors de sa demi-finale de 2019, celui de l’Ajax était de 86 millions. Lyon a donc des problèmes au niveau de la gestion de son argent, avec des résultats sportifs qui ne correspondent pas à sa puissance économique.

Un recrutement fort questionnable et un manque de leaders


Dans les années 2000, Lyon réussissait à dénicher des bons coups, mais aussi à les conserver. La gestion ambitieuse du club en faisait une destination de choix. Certains joueurs étrangers, tels que Juninho ou Cris ont presque fait toute leur carrière à l’OL et en étaient des leaders. Mais depuis plusieurs années, Lyon ne compte plus sur de tels joueurs dans son effectif. Il a parfois eu des internationaux dans la force de l’âge, tel que Memphis Depay, qui n’ont pas eu la même flamme que leurs prédécesseurs pour s’établir au club. Résultat, Lyon semble en perpétuelle reconstruction et perd chaque année des éléments importants.

Les nombreuses erreurs de casting, le besoin de remplir les caisses et la perte d’une colonne vertébrale solide dans la direction du club sont en train d’avoir raison de la grandeur de l’institution. Bien sûr, de tous ces constats, de nombreuses questions émergent ces dernières semaines. Comme souvent, une fin de saison décevante laissera place à un mercato décisif pour l’OL. En lui souhaitant, cette fois-ci, de faire les bons choix…

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