Chelemards #2 : Imanol et Alldritt, deux guerriers aux registres différents

Numéros 8 des deux derniers Grands Chelems du XV de France, Imanol Harinordoquy et Grégory Alldritt se sont imposés comme des guerriers du poste, à défaut d’avoir exactement le même profil.

Grégory Alldritt et Imanol Harinordoquy : deux références mondiales à leur poste

La semaine passée, nous comparions Yannick Jauzion et Gaël Fickou pour le poste de trois-quart centre. L’occasion de poursuivre cette série avec deux joueurs majeurs des derniers Grands Chelems du XV de France, au poste de numéro 8. D’un côté, Imanol Harinordoquy, vainqueur de quatre tournois, dont trois Chelems (2002, 2004, 2010), de deux Boucliers de Brennus (2005, 2006), et d’un challenge européen (2012). De l’autre, Grégory Alldritt, vainqueur du Grand Chelem 2022, et qui tentera probablement de remporter la Coupe du monde 2023, là où Imanol avait échoué à un point près en 2011.

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Deux joueurs à la pointe du combat


Quoi qu’on pense de ces deux grands joueurs, un point commun les unit : ils ont fait ou font honneur au poste de troisième ligne ! À la pointe du combat, Grégory Alldritt porte un Stade Rochelais conquérant, comme Imanol Harinordoquy l’avait fait pendant dix ans au Biarritz Olympique (2004-2014). Installé au poste de numéro 8, les qualités d’Alldritt dans le combat ont été comparables à celle du Basque lors du Grand Chelem 2010. Ils ont tous les deux débuté les cinq rencontres et n’ont jamais pu être contestés à leur poste.

Imanol Harinordoquy, lors de la victoire du BO sur le Munster en demi-finale de la H-Cup 2010

Plaqueurs, gratteurs, capables de mettre leur équipe dans l’avancée, ils sont où ont été des références mondiales à leur poste. Les deux joueurs sont aussi capables d’évoluer à la fois au poste de troisième ligne centre (8) et de troisième ligne aile (7). Si Imanol a souvent fait le voyage entre ces deux postes, notamment au début de sa carrière, Grégory Alldritt a été fixé en 8 depuis son arrivée chez les Bleus en 2019. Enfin, les deux spécimens sont aussi des leaders respectés au sein des vestiaires, un statut acquis au gré de leurs belles performances.

Des similitudes, mais aussi des différences


Les deux joueurs ont bien sûr des similitudes, du fait de leur poste. Pourtant, ils ont aussi des différences dans leur manière de jouer. Imanol Harinordoquy était probablement un joueur plus aérien, qui a brillé dans le domaine de la touche, par exemple. Le gamin de Saint-Jean-Pied-de-Port avait une technique exceptionnelle ballon en main, capable de manier le cuir tel un joueur du pacifique. Sa pointe de vitesse était supérieure à la moyenne pour son poste, et ses 13 essais en 82 sélections ont souvent été spectaculaires ! Là où le Rochelais se montre dans un côté « premier de la classe », Imanol a souvent été perçu comme un joueur fantasque, capable d’éclairs de génie.

De son côté, Grégory Alldritt est aussi un joueur fiable techniquement. Dans un style plus sobre, il s’éclate dans sa capacité à faire jouer derrière lui. Il est plus puissant que ne l’était Imanol Harinordoquy, et s’impose comme un « impact player » de ses équipes. Son point fort est de souvent trouver les bons intervalles, même s’il est aussi capable d’avancer dans le jeu frontal. S’il est peut-être un joueur moins complet, pour le moment, que le Basque, il est peut-être plus régulier que ce dernier ne le fut à certains moments de sa carrière.

A apprécier sans comparer


Comparer ces deux joueurs permet plus de leur rendre hommage, que de rechercher leurs potentielles failles par rapport à l’autre. Imanol Harinordoquy a arrêté sa carrière depuis six ans, et a déjà écrit l’histoire que ce soit en club où en sélection. Pour Grégory Alldritt, une carrière encore longue et prometteuse s’annonce, avec un premier trophée remporté avec les Bleus. Dans plusieurs décennies, il y a fort à parier que ces deux joueurs auront une belle place dans les livres d’histoire, mais avant cela, il reste encore quelques pages à écrire…

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