Giro – Les favoris à la loupe

Giro – Il est l’heure ! Les coureurs abordent le premier Grand Tour de l’année. C’est le terrible Giro d’Italia qui se dresse sur leur route. Une course toujours très ouverte et cette édition ne déroge pas à la règle. Tour d’horizon des différents favoris.

C’est parti pour le Giro ! Qui va soulever le trophée pour cette 105ème édition ? (Velo101)

Richard Carapaz le grand favori

Le vainqueur de 2019 avance masqué en cette année 2022. Pourtant, c’est bien lui le favori et ce sans contestation possible. C’est sur le Giro que cet ancien admirateur de Marco Pantani a acquis ses lettres de noblesse. Pour sa première participation en 2018, il devient le premier équatorien à remporter une étape sur un Grand Tour en s’imposant au sommet de Montevergine, avant de terminer quatrième du classement général. Aligné comme doublure aux côtés de Mikel Landa l’année suivante, il crée la surprise en remportant le classement général alors qu’il n’était encore qu’un coureur sans grande référence. Un statut qui lui avait permis d’exploiter le marquage entre Vincenzo Nibali et Primoz Roglic pour s’emparer définitivement du maillot rose à Courmayeur.

Aujourd’hui, la donne est différente pour le grimpeur équatorien. Coureur reconnu dans le peloton, il fait figure d’immense favori aux yeux de ses adversaires. Son palmarès s’est étoffé et sa qualité sur trois semaines n’est plus à démontrer (podium sur la Vuelta 2020 et le Tour en 2021 depuis sa victoire sur le Giro). Escaladeur offensif capable de rivaliser avec Tadej Pogacar au meilleur de sa forme, Carapaz pourra exploiter les nombreuses difficultés au programme cette année pour faire la différence, notamment en dernière semaine. « La locomotive de Carchi « , habituée à s’entrainer à plus de 3000 m d’altitude sur les hauts plateaux de l’Equateur, sera forcément redoutable dès que la route prendra de la hauteur : l’Etna, le Blockhaus, le Mortirolo et le Pordoi pourraient constituer un formidable tremplin vers la victoire finale.

Bis repetita pour Carapaz après son triomphe en 2019 ? (Rte)

Dans cette quête, le champion olympique en titre dispose aussi d’une équipe impressionnante sur le papier, avec en lieutenant de luexe pour la montagne, le tout fraichement naturalisé français Pavel Sivakov. L’ex-russe aura pour lourde tâche d’épauler son leader en montagne le plus longtemps possible. C’est lui qui est censé suppléer et soutenir Carapaz en cas de défaillance de ce dernier. Ce qui peut lui permettre de faire une place au classement général final. Il a en tout cas montré sur le Tour des Alpes que la forme était en train de revenir petit à petit.

Chez Ineos-Grenadiers, des garçons comme Richie Porte ou Jonathan Castroviejo seront aussi de précieux atouts pour faire le tempo et mener le peloton dans les ascensions.

Simon Yates en embuscade

La donne est différente pour le britannique. Il a l’expérience du Tour d’Italie, épreuve avec laquelle il entretient une relation tourmentée. Il ne l’a jamais remporté et c’est seulement l’an dernier qu’il a réalisé qu’il a achevé cette course en finissant troisième derrière Caruso et Bernal. Grimpeur d’exception, le vainqueur de la Vuelta 2018 a jeté son dévolu sur le Giro depuis plusieurs saisons, pour le meilleur comme pour le pire : s’il a déjà longuement porté le maillot Rose, il a également craqué lorsqu’il l’avait sur les épaules en 2019. C’est pourquoi l’incertitude reste de mise quant à la capacité de Yates de rester au plus haut niveau trois semaines durant pour gagner une bonne fois pour toutes ce Giro qui le fuit.

Il faut ajouter à cela un Tour des Asturies vraiment étrange de la part du britannique avec certes deux victoires d’étapes mais une 18ème place au classement général qui laisse tout le monde perplexe. Son équipe est aussi un point d’interrogation majeur : il est assurément le moins bien lotit des favoris avec comme seul appui réel en montagne Lucas Hamilton.

Yates en rose, un scénario qui se répète en 2022 ? (Benies/AFP)

Mikel Landa avec une équipe solide

C’est tous les ans la même histoire. A l’approche du Giro, tout le monde se met à croire de nouveau au triomphe de Mikel Landa dans un grand Tour . Mais si c’était la bonne pour le Basque ? Au meilleure de sa forme, cet attaquant patenté est capable de faire d’énormes dégâts en montagne et il a une équipe vraiment solide autour de lui. L’équipe Bahrain-Victorious fait même figure d’armada avec Pello Bilbao et Wout Poels en soutiens de poids dès que la route se cabre. En cas de défaillance de Landa, ils seront même en capacité de le suppléer pour jouer, à minima, le Top 10.

Depuis sa lourde chute sur ce même Giro l’an passé, Landa n’a pas été le plus impressionnant des favoris présents au départ de Budapest. Mais il s’est quand même montré en jambes notamment sur Liège-Bastogne-Liège où il a multiplié les attaques avant qu’Evenepoel ne porte l’estocade. Sur le Tour des Alpes, il s’est également mué en équipier pour Bilbao, rôle qu’il a parfaitement accompli : il a fini onzième du classement général ce qui nous montre que même en retrait, la condition est bien là.

Landa s’avance en leader de sa formation. Suffisant pour l’emporter ? (Giro d’Italia)

Romain Bardet pour un exploit ?

Le Français a clairement une carte à jouer pour le podium et pourquoi pas mieux cette année. Il n’est plus en découverte du Giro, achevé à la septième place l’an passé après une très belle dernière semaine. Il s’avance en Hongrie avec des ambitions revues à la hausse.

Et pour cause, après un gros bloc d’entrainement loin des courses en début de saison, le natif de Brioude a remporté le Tour des Alpes dernièrement. Ce qui le place d’office parmi les favoris puisque c’est l’une des courses préparatoires au Giro. Aussi, il peut profiter de la force actuelle de Thymen Arensman, son jeune coéquipier qui va se mettre à son service pendant la course. Arensman visera aussi le maillot de meilleur jeune. Libéré de la pression qu’il pouvait avoir sur le Tour de France, Bardet devrait courir plus relâché et plus librement lors de ces trois semaines italiennes… Avec au bout le maillot rose à Vérone ?

Bardet et Arensman lèvent les bras. Ils viennent de renverser le Tour des Alpes. Scénario similaire sur le Giro ? (La montagne)

De nombreux outsiders !

Le Giro reste le Grand Tour le plus ouvert et le plus spectaculaire de la saison. Et cette année, ils sont nombreux à pouvoir prétendre au Top 5 voire au podium pour les plus forts d’entre eux. Parmi les outsiders d’importance, on retrouve Miguel Angel Lopez, qui a déjà terminé sur le podium d’un Giro en 2018. Superman pourra compter sur Vincenzo Nibali, un autre ancien vainqueur au départ. Le requin de Messine va faire sa tournée d’adieu à son tour national mais reste à surveiller, au moins pour une victoire d’étape de prestige.

Le jeune portugais Joao Almeida qui avait créé la surprise en 2020 en s’accrochant au maillot Rose pendant quinze jours et en obtenant la 4ème place, veut faire mieux cette année. Coureur polyvalent, bon en contre-la-montre et doté d’un punch redoutable, il ne cesse de progresser à tel point que le podium avec sa nouvelle formation UAE Team Emirates semble accessible. Frustré du Giro 2021, alors duquel il avait perdu beaucoup de temps à attendre Evenepoel, il revient revanchard et sûr de sa force.

Lui, il sera sûrement dans le Top 10 mais difficile de l’imaginer plus haut : le français Guillaume Martin, leader de la Cofidis, découvre le Giro cette année et il veut faire ses preuves sur une autre course que le Tour de France. Au sortir d’un stage de trois semaines sur les pentes de l’Etna, il sera intéressant de voir si « le philosophe » a retrouvé ses jambes de la saison 2020 en haute montagne. Toujours très régulier, il peut aussi espérer décrocher une étape.

La Bora-Hansgrohe aligne un solide collectif soudé derrière ses leaders Wilco Kelderman, Emmanuel Büchmann et Jai Hindley. L’équipe réalise un début de saison tonitruant avec les victoires de Higuita en Catalogne et plus récemment de Vlasov en Romandie. Ils ont les armes pour continuer cette dynamique. Il faut voir maintenant si les jambes vont répondre présentes le jour J. Après avoir échoué à déjouer les plans de Tao Goeghan Hart en 2020, Hindley et Kelderman, les deux anciens compères de la DSM parviendront-ils cette fois à s’entendre pour l’emporter ?

Et quid de la Jumbo-Visma ? Tobias Foss peut-il passer un cap sur trois semaines ? Après sa traversée du désert, Tom Dumoulin est-il en forme ? Jumbo-Visma est une formation qu’il faudra surveiller pendant ce Giro car beaucoup d’inconnues demeurent autour d’elle.

Les autres coureurs à suivre : Felix Gall (AG2R-Citroën), Giulio Ciccone (Trek-Segafredo), Hugh Carty (EF Education Post), Attila Valter (Groupama-FDJ), Alejandro Valverde et Ivan Sosa (Movistar), Domenico Pozzovivo (Intermarché Wanty-Group Gobert) …

Le parcours de cette 105ème édition.

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