Manchester City : une élimination imputable à la nervosité de Guardiola ?

Éliminé pour la sixième fois consécutive sous Pep Guardiola, Manchester City ne gagnera toujours pas la Ligue des Champions cette saison. La défaite à Madrid est-elle imputable à la nervosité du coach espagnol ?

A l’aller, Guardiola s’en était violemment pris à Riyad Mahrez (Reuters/Lee Smith)

Ce sont des images que tout le monde a en tête. Au match aller, comme au match retour, le comportement de Pep Guardiola rompait profondément avec celui de Carlo Ancelotti. Face au flegme de l’entraîneur italien, Guardiola est apparu presque possédé, comme très souvent au bord de la touche. La pression a exacerbé l’excitation de l’entraîneur citizen, capable de terrasser l’un de ses joueurs pour une passe manquée. Bien trop nerveux, le Guardiola ?

Une nervosité inutile et pénalisante

Non seulement ce comportement peut transmettre de la nervosité à ses joueurs, mais il se retranscrit aussi dans leurs attitudes. Lorsque les joueurs du Real sourient et s’encouragent, ceux de City passent beaucoup de temps à s’invectiver, y compris lorsque la qualification était encore en poche. Dans les match à élimination directe, la capacité d’une équipe à garder son sang-froid est primordiale. La preuve, le Real et Liverpool sont les deux finalistes, malgré des moments difficiles à gérer. Klopp et Ancelotti n’ont pas secoué le cocotier dans tous les sens. Ce sont leurs joueurs, qui se sont comportés en patrons sur le terrain.

Et c’est là un point important : City est probablement la plus belle équipe d’Europe en terme de jeu pratiqué. Tout est millimétré, pensé, léché. Et, cela, c’est bien le mérite de Guardiola, qui tire le meilleur de ses joueurs exceptionnels pour le collectif. Mais c’est lorsque les difficultés arrivent, que ce système est défaillant. Guardiola est la star de son équipe, le patron, et son schéma doit être suivi presque comme une religion. Or, le football, c’est aussi de l’improvisation, de la création hors des sentiers battus. Les grands joueurs savent parfois s’écarter des consignes de l’entraîneur pour faire basculer un match.

Guardiola doit lâcher du leste pour tirer le meilleur de ses joueurs

C’est exactement ce qu’a fait le Real face à City, et le Liverpool de Luis Diaz à Villarreal. Car Ancelotti et Klopp ont donné à leur joueur la latitude nécessaire pour prendre des décisions. Dans ces clubs, les coachs cadrent les joueurs, mais savent aussi leur donner les clés du jeu. A City, même les joueurs les plus talentueux n’ont pas l’habitude de devoir prendre leurs responsabilité, pour surpasser les consignes. Les entrées bien fades de Jack Grealish et de Raheem Sterling s’expliquent en partie par cela. Là, ou des joueurs comme Rodrygo ou Vinicius ont su sauver le Real cette saison, en dépit d’avoir le niveau des attaquants de City.

Alors, Guardiola est-il l’homme de la situation ? Ce sera une nouvelle fois au board des Sky Blues d’en décider. Mais une fois n’est pas coutume, City se sera montré plus à l’aise en championnat que lors des matchs européens couperets. Et ce problème, c’est à Guardiola de le régler depuis des années… S’il n’en était peut-être pas la cause.

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