Sixers: Raisons d’une élimination prématurée et pistes d’avenir.

La nuit dernière les Sixers ont perdu le Game 6 des demi-finales de Conférence Est contre le Heat, une défaite synonyme d’élimination pour eux. Une sortie de route prématurée par rapport aux attentes qui peut s’expliquer de plusieurs manières.

Jimmy Butler a pris le meilleur sur son ancienne franchise, Embiid et les Sixers échouent encore en Playoffs.

1- Embiid n’est pas un super-héros

On attendait beaucoup de celui qui a terminé deuxième de la course au MVP durant cette post-season, mais le pivot n’a pas pu vraiment donner le meilleur de lui-même durant la série contre Miami. Touché physiquement lors de la série précédente contre les Toronto Raptors, sa contribution des deux cotés du terrain a largement été impactée. Problème au pouce, fracture orbitale de l’œil droit, Jojo a tout de même forcé son retour pour aider au mieux possible sa franchise. L’espoir était permis après son retour et les deux victoires consécutives de retour à Philadelphie, mais la physiologie humaine a finalement eu raison d’Embiid.

Joël Embiid aura tout donné, en vain (Crédits : Getty Images)

On l’avait remarqué lors du Game 5 à Miami, ses blessures et les douleurs qui les accompagnent n’avaient pas disparu, mais tant bien que mal Embiid tenait sa place sur le terrain. Même sans l’impact habituel en attaque (17pts, 5 rebonds, 2 passes à 7/12 au tir lors du Game 5), sa présence sur le terrain avait un certain poids dans le jeu. Lors du match de la nuit dernière, il a été plus agressif comme il l’avait annoncé en amont de la rencontre, mais cela n’a pas suffit pour éviter l’élimination. 20 points, 12 rebonds, 2 passes à 7/24 au tir, l’adresse n’est pas présente mais peut-on lui en vouloir lorsqu’on évoque les conditions avec lesquelles il joue ?

On ne peut que regretter de ne pas avoir eu une série avec un Joel Embiid à 100%, au final nous avons eu le droit à de vulgaires rencontres de saison régulière.

2- James Harden / Doc Rivers, absences sans motif valable.

En l’absence de leur franchise player, les Sixers avaient donc besoin des lieutenants, d’un step-up général pour compenser (si cela était possible) la perte de leur meilleur joueur. Les regards étaient donc tournés vers James Harden et Doc Rivers, les personnes les plus à même de remplir ce rôle.

Après une saison et demi compliquée avec les Nets où il n’avait pas l’importance qu’il avait à Houston, tous les observateurs de la NBA étaient excité à l’idée de retrouver l’incroyable scoreur qu’était le barbu entre 2017 et 2020. Mais malheureusement, nos souhaits n’ont pas été exaucés. Attendus au scoring, Harden a déçu, tant dans le volume de tirs pris que dans la manière de jouer. Basant son jeu sur le drive et la pénétration, impossible pour lui de dépasser le grand Max Strus. Le match de la nuit dernière résume bien la série compliquée qu’a vécu Harden. 11 points seulement, 9 tirs tentés en 42 minutes de match, le constat est terrible. Et de ses statistiques globales nous pouvons ressortir celles de la seconde mi-temps : 0 points, seulement deux tirs tentés. Avoir ce genre de ligne de stats lorsqu’on s’appelle James Harden, soi-disant GOAT offensif dans un match à élimination, c’est indigne. Honteux.

Mais où est passé l’incroyable scoreur qu’était James Harden? (Crédits : Getty Images)

Et en parlant de honte, passons sur le banc avec un Doc Rivers qui a fait honneur à sa réputation de coach qui ne vit que sur le titre des Celtics de 2008. Incapable d’insuffler un autre plan de jeu que des pick and roll, le manque d’adaptation a été flagrant durant cette série. Les Sixers ont voulu jouer de la même manière, avec ou sans Joël Embiid, alors que son absence changeait beaucoup de choses justement en terme de jeu. Des gros plans des plus savoureux, des nouveaux Gifs qui régaleront la communauté NBA dans les années à venir, mais très peu de fond de jeu, et c’est bien là le problème des Sixers. Pourtant l’ancien coach des Clippers est satisfait de son travail, et n’est pas du tout inquiet pour son poste. Mais la réalité de l’été pourrait être différente de son analyse, dossier à suivre.

3 – Un banc bien trop maigre

C’était un des points qui a fait beaucoup parlé lors du trade de James Harden contre Ben Simmons, c’est la profondeur de banc qui avait pris un certain coup dans le nez. Les départs d’André Drummond et de Seth Curry n’nt pas fait les gros titres, mais ce sont des joueurs qui été capables d’apporter dans certaines situations.

Le premier aurait largement pu contribuer en lieu et place de DeAndre Jordan pour suppléer Embiid, tout en imposant sa taille dans la raquette pour prendre des rebonds, poser des écrans… En ce qui concerne le second, sa capacité à scorer a beaucoup manqué à la franchise de Pennsylvanie. Ainsi lorsqu’on voit ce qu’a « apporté » Harden dans ces Playoffs, ont en est à regretter le départ des deux joueurs. Shake Milton et Georges Niang comme premières options de sortie de banc en playoffs, il y a de quoi se taper la tête contre les murs. Thybulle n’a pas le profil pour apporter du scoring dans la second unit, mais son utilisation a elle aussi été très mal gérée par Doc Rivers.

Oladipo aura été un formidable apport en sortie de banc pour le Heat, ce que n’avait pas les Sixers. (Photo par Eric Espada/Getty Images)

La fragilité du banc des Sixers a don été exposée au grand jour avec la blessure du pivot français camerounais, et la différence avec les apports de Herro, d’Oladipo pour le Heat a été criante lors de cette série.

Quid de la saison prochaine ?

Avec une énième désillusion en playoffs, les Sixers se retrouvent à l’aube d’une intersaison importante pour eux. Joël Embiid est sous contrat longue durée, Tobias Harris a encore deux ans de contrat, de nombreux joueurs ont encore un an de contrat. Niang, Korkmaz, Danny Green, autant de joueurs sur lesquels il faudra réfléchir pour le front office des Sixers. Est ce que ces joueurs peuvent vraiment porter Philly vers les sommets ? Est ce que le temps est venu pour eux de partir au vu du manque de progrès de ces dernières saisons?

Un autre joueur à qui il reste un an de contrat, c’est James Harden. Une player option à un peu moins de 47M$ qu’il va surement lever pour rester un an de plus à Philadelphie, ou dans le cas contraire, un statu d’agent libre pour mieux négocier un contrat sur plusieurs années avec les Sixers. Dans tous les cas, la question du max se posera et elle sera légitime. Peuvent ils vraiment lui mettre 250M$ sur 5 ans après ses prestations ? Un tel contrat sonnerait surement le glas du salary cap des Sixers, et entourer les deux superstars de role-players sérieux seraient encore plus compliqué.

Verrons nous le duo Harden – Embiid de nouveau la saison prochaine ? (Crédits photo : Mitchell Leff / Getty Images)

L’exemple des Lakers a été criant cette saison, trois énorme salaire + des contrats minimum, ça ne peut pas marcher. Alors faut il laisser partir Harden pour être plus flexible, approfondir le roster avec de la quantité et de la qualité ? Sa présence va-t-elle empecher le bon développement de Tyrese Maxey qui lui a montré énormément de potentiel cette saison?

Beaucoup de question pour le front office pour cet été, avec la question du coach qui sera bien évidemment mis sur la table vu les performances en post-season. Alors quel visage auront les Sixers au début de la saison 2022-2023? L’été sera chaud en Pennsylvanie.

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