7 mesures incontournables pour rétablir un football populaire

Face aux prix exorbitant des billets pour les fans, et aux montants faramineux des transferts de joueurs, voici cinq mesures qui seraient vraiment utiles au rétablissement d’un football populaire.

Un football « créé par les pauvres, volé par les riches », les supporter du Club Africain touche du doigt la vérité (AFP)

Cet article part d’un constat simple : les prix des places explosent, tout comme ceux des innombrables abonnements TV et des maillots. Dans le même temps, une minorité de clubs trustent l’ensemble des trophées et le prix des transferts, des salaires ou autres commissions s’envolent. Les équipementiers, les instances et les acteurs s’engraissent, tandis que les fans doivent mettre la main à la poche. Il est temps de défendre un modèle plus sain pour revenir à un football populaire.

Réglementer le prix des places et des maillots


Une première mesure phare pourrait être de réglementer le prix des billets. Certains clubs, y compris des géants d’Europe, rendent déjà leurs stades accessibles à toutes les bourses. Voir un match de Bundesliga est possible pour 15 euros au Bayern Munich, tandis que Liverpool propose des tarifs équivalents à 10 euros pour les jeunes adultes.

Cela n’est malheureusement pas le cas partout. A Arsenal, il faut par exemple compter entre 1300 et 2600 euros pour s’abonner à l’Emirates. Lors de grands rendez-vous, le prix des tickets flambe au dessus du millier d’euros sur des plateformes de reventes de certains clubs.

Si les instances étaient en faveur d’un football populaire, elles joueraient de leur influence pour limiter le prix des places, et sanctionner durement la revente d’un billet à un prix nettement supérieur à celui d’achat.

Le prix des maillots, qui dépasse allègrement la centaine d’euros pour certains clubs, devrait lui aussi être encadré. Pour rappel, le coût de production du maillot de votre équipe préférée est estimé à trois euros. Le profit des équipementiers est donc démesuré, et ce sont les fans qui en sont les premières victimes.

Suivre le modèle anglais en matière de droits TV


Une seconde mesure concerne les droits TV. En Premier League, tous les clubs profitent de la manne gigantesque que génèrent les droits télévisuels du championnat. Même dans un modèle ultra capitaliste, des réglementations peuvent donc exister. Par exemple, la plus grosse part perçue par un club sur les droits tv, ne peut être plus de deux fois supérieure à la plus petite.

En France et en Espagne, l’écart peut être respectivement quatre et six fois supérieur. En Italie, il grimpe même à dix, ce qui a pour effet d’accroître l’écart de richesse – et donc de niveau – entre les clubs les plus diffusés (Juve, Milan, Inter…) et les clubs les moins télévisés (Salernitana, Venise…).

Rendre le football en clair


Face à la multiplication des chaînes diffusant du football, le prix et le nombre d’abonnements deviennent insupportables pour les fans. Sport populaire, le foot devient ainsi réservé aux personnes capable de payer pour le regarder. Pour remédier à cela, il serait nécessaire de rendre le football en clair, tout du moins pour les championnats domestiques et les Coupes d’Europe, et de réguler le prix des abonnements TV. Le football génèrerait moins d’argent, mais les fans pourraient le consommer sans modération !

Démocratiser la règle du 50+1


Après l’Angleterre, c’est désormais l’Allemagne qui offre une belle idée. Instauré en 1998, le 50+1 dispose qu’un investisseur ne peut être propriétaire que de 49% des parts d’un club de 1. ou 2. Bundesliga, les parts restantes étant celles des supporters. Les fans ont donc un mots à dire plus important (comme sur le prix des billets !) et un Etat, ou un oligarque, ne peut pas acheter un club pour en faire la vitrine de son Empire à coup de millions. Pas mal, non ?

Installer un salary cap


Une autre urgence serait de suivre le modèle du rugby ou de la NBA en instaurant un salary cap. Cela consisterait à imposer à tous les clubs un plafonnement de leurs masses salariales. Les écuries qui dépasseraient le montant fixé par les instances seraient sanctionnées. Il ne serait donc plus possible pour certaines de se construire un effectif cinq étoiles en alignant les chèqyes. Les très grands d’Europe ne se partageraient donc plus les très grands joueurs, hormis s’ils les attiraient pour un salaire moindre. Le sport en sortirait gagnant.

Détourner l’arrêt Bosman


Avant cette décision de justice, rendue par la Cour de justice des Communautés européennes en 1995, les effectifs étaient limités à un certains nombre de joueurs étrangers. En Angleterre, seuls trois joueurs étrangers étaient alors admis pour chaque club. L’arrêt Bosman a brisé cette règle. Ainsi, les clubs les plus riches ont pu recruter aux quatre coins de l’Europe. Des grands noms européens (Anderlecht, Ajax, Etoile Rouge…), mais aussi les pensionnaires de Ligue 1, se sont donc progressivement fait piller.

(Eurosport)

Au rugby, la règle des Jiff (joueurs issus de la formation française) oblige les clubs de Top 14 à aligner au moins 16 joueurs français parmi les 23 figurants sur la feuille de match. Reprendre un modèle de ce genre protègerait les clubs du continent, puisque chaque équipe devrait faire attention à conserver une majorité de joueurs locaux.

Protéger les clubs formateurs


Et pour que la fête soit totale, dans un monde idéal, ces mesures s’accompagneraient de dispositifs de protection des clubs formateurs. Fixer une limite d’âge pour les transferts (exemple : interdiction de recruter un joueur de moins de 20 ans) est une solution potentielle. Tout comme celui, un peu plus contraignant, de signer son premier contrat professionnel dans son club formateur, lorsqu’il nous en fait la proposition.

Toutes ces mesures permettraient de rendre le football plus juste, plus équitable et plus accessible. Il ne consisterait pas à impacter les emplois qu’il génère, mais à redonner du sens aux compétitions, de la valeur aux salaires des joueurs, et du pouvoir aux supporters.

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