Giro d’Italia : Dries De Bondt surprend les sprinters !

Incroyable ! A l’issue d’un formidable numéro, les quatre échappés du jour ont résisté jusqu’au bout au retour du peloton des sprinters sur la 18ème étape du Giro d’Italia ! Au final, Dries De Bondt (Alpecin-Fenix) l’a emporté devant ses compagnons de fugue Edoardo Affini (Jumbo-Visma), Magnus Cort Nielsen (EF Education Easy Post) et Davide Gabburo (Bardiani-CSF).


Dries De Bondt célèbre son beau succès en échappé ! (Photo by Luca Bettini / AFP)

Dernière chance pour les sprinters

Intercalée entre deux étapes de haute montagne, la 18ème étape du Giro d’Italia était la dernière opportunité pour les sprinters rescapés de s’imposer avant l’arrivée finale à Vérone. L’occasion pour Arnaud Démare (Groupama-FDJ) de quadrupler la mise ou pour d’autres, comme Fernando Gaviria (UAE Team Emirates), de sauver trois semaines sans réussite.

L’échappée du jour a été la bonne ! (D.R.)

Les hommes rapides devaient cependant composer avec des baroudeurs soucieux de profiter de la fatigue des équipiers pour tirer leur épingle du jeu. Guère surprenant, donc, de retrouver de nombreux candidats à l’échappée dès le baissé de drapeau. Après plusieurs kilomètres d’une lutte intense, ce sont finalement Magnus Cort Nielsen (EF Education Easy Post), Davide Gabburo (Bardiani-CSF), Dries De Bondt (Alpecin-Fenix) et Edoardo Affini (Jumbo-Visma) qui parviennent à s’extirper de la masse.

Avec eux, l’échappée du jour a fière allure. Les quatre solides rouleurs sont immédiatement pris très au sérieux par le peloton : tout au long de la journée, les formations Groupama-FDJ, Quick-Step Alpha Vinyl, UAE Team Emirates, DSM et Israël Premier Tech s’efforcent de contrôler l’avance du quatuor, qui n’excède jamais les deux minutes.

Une course poursuite acharnée

Disputée à allure soutenue, cette étape, en apparence sans grande difficulté, s’est transformée en une course poursuite haletante lorsque les fuyards parviennent à hausser le ton dans la dernière heure de course. Cette lutte de haut vol agit comme un révélateur sur les organismes usés en cette fin de Giro : l’ascension du terrible Muro di Ca’ del Poggio fracture même le groupe principal en deux parties.

Durant toute l’étape, les équipes de sprinter étaient à la manoeuvre en tête de peloton. (D.R.)

Et parmi les piégés, figure un certain Juan Pedro Lopez, neuvième du classement général et nouveau maillot blanc après l’abandon de Joao Almeida, contrôlé positif au covid. Erreur de placement ? Fatigue physique ? Manque de lucidité ? Toujours est-il que, malgré l’aide de ses équipiers, le grimpeur espagnol ne reviendra jamais sur le premier peloton, emmené à un train d’enfer par les collègues d’Arnaud Démare, de Mark Cavendish ou encore de Fernando Gaviria. Hélas pour eux, la main d’œuvre vient à manquer et le sacrifice total des équipiers pour réduire l’écart se heurte à l’admirable résistance de l’échappée.

L’échappée gagne le bras de fer avec le peloton

Derrière, l’allure infernale condamne de nombreux coureurs, à l’image de Mathieu van der Poel, distancé à 10km du but. Malgré tout, le quatuor de tête, impeccable dans la gestion de l’effort, ne faiblit pas face à la meute de sprinters et compte encore plus d’une minute de marge à 10km de l’arrivée. Grâce à une entente parfaite, Dries De Bondt, Edoardo Affini, Magnus Cort Nielsen et Davide Gabburo ne cèdent rien ou presque. Il faut attendre le passage des trois derniers kilomètres pour enfin voir leur avance passer sous la barre des 30 secondes. Trop tard, ce qui reste du peloton a déjà compris : au nez et à la barbe des sprinters, les opportunistes du jour vont se jouer une victoire de prestige après 150km de fugue. Un exploit.

Composée de rouleurs expérimentés, l’échappée gère parfaitement ses efforts pour repousser le peloton dans le final. (D.R.)

Parmi les hommes de tête, Magnus Cort Nielsen est intrinsèquement le plus rapide au sprint. Mais à l’image de son équipe cette saison, le Danois semble avoir perdu le feu sacré et ne parvient pas à se mêler à la lutte pour la gagne, qui se résume à un duel Affini-De Bondt. Formidable rouleur, l’Italien est obligé de partir de loin, en puissance, et ne peut contenir le retour de Dries De Bondt, finalement vainqueur au jeté de vélo !

Premier succès sur un grand tour pour l’ancien champion de Belgique, solide coéquipier de Mathieu van der Poel sur les classiques flandriennes et si souvent placé cette année (2ème du Grand Prix Jean Pierre Monseré, 2ème du Grand Prix de Denain et 3ème du Samyn). Juste récompense pour lui, sa victoire a le mérite de prouver qu’il est encore possible de damner le pion aux sprinters sur leur propre terrain de jeu.

Sur la ligne, De Bondt devance Affini, Cort Nielsen et Gabburo ! (Belga)

Alexis Kopp

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