Les Romains et Mourinho étendent leur empire

Ils sont venus, ils ont vu, ils ont vaincu. L’AS Roma a obtenu ce mercredi contre le Feyenoord Rotterdam son premier titre international majeur (1-0). Son entraîneur José Mourinho a ainsi raflé toutes les coupes d’Europe possibles, alors que se jouait cette année la première édition de la Ligue Europa Conférence.

La Roma gagne la C4
L’AS Roma a gagné ce mercredi sa première coupe européenne majeure, si on isole la disparue Coupe des Foires (source : France Info)

Une première pour la Roma et un record pour le « special one »

Enfin le club de la capitale italienne remporte une compétition majeure ! Après la désillusion de 1984, où Rome s’inclina à domicile au Stadio Olimpico contre le géant Liverpool (C1,1-1 aux tirs au but), et celle de 1991 où elle échoua contre un compatriote et rival, l’Inter Milan (C3, 2-0 ; 0-1), les Giallorossi n’ont pas tremblé contre les Néerlandais du Feyenoord Rotterdam aujourd’hui. Contrairement aux précédentes finales, les Italiens ont ouvert le score, par l’intermédiaire du prodige Nicolo Zaniolo à la 32e minute, et sont restés de souverains gladiateurs en tenant le score. Pourtant, cela n’a pas été aisé face à des adversaires coriaces qui auraient pu (dû) égaliser.

Le tortueux chemin vers la finale

La C4, sorte de Ligue Europa au rabais, a été créée cette année et a modifié le format de sa grande sœur. Elle a participé de la multiplication des matchs et du spectacle à outrance dans le foot, dont les aficionados peuvent toutefois louer l’innovation et l’homogénéité de la nouvelle compétition. Les clubs finissant 3e de leur poule en Europa League se voyaient désormais reverser en « Conférence », laquelle adopte le même système que les autres coupes. Elle fait office d’ultime rattrapage, ou d’oubliettes pour ceux finissant leur championnat en queue de peloton, mais elle n’en propose pas moins de belles oppositions. Ce soir, nous avons vibré malgré la courte victoire, et les joueurs n’ont pas fait semblant (oui).

Le parcours a été long, dur (Rome ne s’est pas construite…) et sans triche pour les deux équipes, les deux passées par la phase de qualification avant d’être distribuées dans des groupes de quatre. L’AS Roma est venue à bout des Turques de Trabzonspor. Feyenoord a dû battre successivement les Kosovares de Drita, les Suisses de Luzern et les Suédois d’Elfsborg. Premiers chacun de leur groupe, les Italiens ont peiné à devancer les étonnants Norvégiens de Bodo/Glimt (qui les ont battus 6-1 !). Le Feyenoord a terminé quant à lui sans difficulté devant le Slavia Prague et l’Union Berlin. Ils ont ensuite respectivement éliminé le Vitesse Arnhem et le Partizan Balgrade, à nouveau Glimt et Prague, Leicester et Marseille.

Le scénario d’un match mémorable

Dans l’arène bouillante Air Albania Stadium de Tirana, capitale de l’Albanie, les Romains firent honneur à leur ancien symbole : l’aigle du Senatus PopulusQue Romanus, animal également repris par le pays hôte. Sans survoler la rencontre, la Roma a parfaitement contenu son antagoniste entre ses griffes, indomptables à l’image de Chris Smalling, déjà vainqueur d’une coupe avec Mourinho et United en 2017, Roger Ibanez, et Gianluca Mancini dans une moindre mesure. Le coach portugais comptait sur son meneur de jeu arménien Henrikh Mkhitaryan remis de blessure, mais ce dernier a rechuté et fut remplacé par Sergio Oliveira à la 17e. Spinazzola, star de l’Euro longtemps blessée, a également retrouvé les terrains après l’heure de jeu accompagné par le Français Veretout.

Se reposant sur des transitions rapides, les jaunes et rouges ont bousculé les Hollandais grâce aux rampes de lancement Pellegrini ou Zaniolo, lançant dans la profondeur le véloce Anglais Tammy Abraham. Après plusieurs passes en hauteur à destination de l’attaquant, c’est finalement Nicolo Zaniolo qui débloquera la situation. Le hargneux défenseur du Feyenoord, Trauner, se fait lober et à l’aide d’un ardu contrôle de la poitrine, le jeune italien ajuste Bijlow en évitant le retour de l’autre central, Marcos Senesi. La 1ère mi-temps est à mettre au crédit des Romains, mais la seconde est dominée logiquement par leurs adversaires.

Rui Patricio, bien épaulé par sa défense, a sorti des arrêts de grande classe pour préserver le score, comme face à Malacia à la 50e dont le boulet de canon est prolongé sur le poteau par le portier lusitanien. Les serres romaines ont failli s’ouvrir par deux fois sur des approximations de Smalling, mais la défense fut admirablement solidaire en intervenant ad hoc sur le renard des surfaces Cyriel Dessers. La Roma a eu l’occasion de breaker en contre, mais la dernière frayeur s’est ressentie chez les leaders. Au terme d’un efort acharné, Dessers a fini par dominer la défense dans les airs et dévier une tête pour Lidsen qui ne parvient pas à reprendre le ballon à bout portant.

La partie se conclut sur ce frisson, et cette étrange sensation commence à parcourir José Mourinho qui prend conscience de l’exploit accompli. Une C1 (et C3) avec Porto, uniment avec l’Inter Milan qui a réalisé un triplé historique en 2010, dernière coupe d’Europe italienne jusqu’alors, une Europa League avec Manchester United, enfin un titre international avec un club anglais, et cette « Conférence » aux mains de la Roma. Aucune finale perdue ! Alors que sa carrière semblait sur le déclin, il s’est à nouveau permis un succès de prestige qui, réciproquement, redore le blason de l’ASR sur le continent. Sans briller en championnat ou en coupe cette année, le « special one » a persévéré dans son célèbre pragmatisme, et cela lui a souri.

Les précédents titres du génial entraîneur de l’AS Roma, auxquels s’ajoute maintenant l’Europa Conference League (source : Sporting Life)

Une note néanmoins très salée pour le Feyenoord (et le football)

Occasion manquée pour le premier club de Rotterdam de compléter son palmarès européen, après une Ligue des Champions en 1970 (avant l’Ajax !) et la Ligue Europa en1974 et… en 2002, chez eux. Vingt ans après leur dernier succès européen, les Néerlandais sont tombés sur plus efficace qu’eux. Quand bien même une égalisation aurait été méritée, leurs supporters ont précipité l’issue de ce match. Jetant des bananes et poussant des cris de singe à l’endroit des joueurs noirs de la Roma (Abraham étant visé avant tout), ils ont répété l’épisode de la même affiche en 2015 à l’encontre de Gervinho. Une honte – de plus !

Alors que le club subira probablement une double peine (défaite et sanctions pour racisme), nous constatons encore la bassesse des comportements chez certains spectateurs. Nous espérons ne pas observer à nouveau la passivité de la sécurité des stades et des instances sportives après ces tristes et abjects événements. La 1ère finale de C4 de l’histoire restera aussi celle du racisme et de la débilité des supporters. Les Italiens, pour une fois, ne sont pas sur le devant de cette scène malheureusement obscène. Un bilan donc mitigé pour ce qui aurait dû être la célébration d’une nouvelle ère footballistique.

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