La Finalissima : quésaco ?

Le match de ce soir opposant les vainqueurs respectifs de la Copa América (Argentine) et de l’Euro (Italie) n’est pas inédit. La Finalissima, aussi connu sous le nom de trophée Artemio-Franchi, créée en 1985 et momentanément supprimée, a une histoire bien particulière.

La France a gagné contre l’Uruguay d’Enzo Francescoli la première des deux éditions jouées jusqu’aujourd’hui (source : UEFA)

La coupe intercontinentale des nations, une rencontre au sommet

« Mais qu’ont-ils encore inventé ?! » vous demandez-vous probablement en consultant le désolant calendrier footballistique qui, comme chaque année, paraît fatalement en fin-saison. Pas aussi alléchant qu’une compétition internationale, la Finalissima peut néanmoins se targuer de faire se réunir deux des plus grandes nations issues elles-mêmes des deux meilleurs continents du ballon rond. Petit récapitulatif : l’Europe compte 12 trophées en coupe du monde, l’Amérique du Sud 9. La première est dominée par l’Italie avec 4 victoires. La dernière se partage le « trophée Jules Rimet » en trois territoires, le Brésil (5), et l’Uruguay & Argentine (2 chacune). Le second pays dans cet hémisphère, du point de vue contemporain – car ses succès datent d’après 1950 – s’intitule l’Albiceleste.

Le berceau de Messi et Maradona a remporté en 2021 aux dépens du Brésil sa 15e Copa, égalisant et étendant sa rivalité avec le voisin uruguayen, codétenteurs désormais du record de titres dans l’exercice. Dans le même temps, l‘Italie glane contre l’Angleterre à Wembley son deuxième championnat d’Europe des nations après celui de 1968 contre la Yougoslavie. Le précédent adversaire n’apparaissant même plus sur les cartes, on peut se douter que le récent trophée transalpin est considéré comme un renouveau. En effet, depuis son triomphe en coupe du monde 2006, la Squadra Azzura n’en a pas passé les poules, n’a pas participé à celle en Russie, et avait perdu la finale de l’Euro contre l’Espagne en 2012.

Pis encore, ils ne sont pas non plus qualifiés pour jouer au Qatar en fin d’année. Heureusement, ils préservent leur chance de gagner un trophée cette année grâce à la Finalissima. Apparue en 1985, cette Coupe des champions CONMEBOL–UEFA est, comme son nom le suggère, organisée par les deux fédérations continentales en question, la confédération sud-américaine de football et l’union des associations européennes de football. Elle adopte un esprit proche de la Coupe des Confédérations (elle aussi disparue de facto).

Artemio Franchi, présent sur certaines appellations de la Finalissima, était un dirigeant italien des plus hautes instances de football. Il fut président de l’UEFA et temporairement celui de la Fédération d’Italie de football. Mort tragiquement d’un accident de la route, les stades toscans de Florence, sa ville natale, et de Sienne prirent son nom en guise d’hommage.

La première édition proposa un affrontement France-Uruguay au Parc des Princes, avec une victoire 2-0 des Tricolores sur des buts de Dominique Rocheteau et de José Touré. Le premier match a donc eu lieu chez le vainqueur de l’Euro 1984, et le second, 8 ans après, dans le pays lauréat de la Copa América. L’Argentine disposa de la surprise danoise (le Danemark ne devait en principe pas disputer l’Euro 1992, mais le forfait yougoslave dû à la guerre lui permit cette épopée inattendue) au bout d’une séance de tirs aux buts (5-4), après 1-1 dans le temps réglementaire – buts de Claudio Cannigia sur pénalty et un CSC. El pibe de oro, Batistuta, Diego Simeone était notamment titulaires du côté albiceleste.

Au mitan de ces deux seules occurrences, le Pays-Bas-Brésil s’est joué sous l’étiquette « amicale », tout comme le match de mars 1998 entre le Brésil et l’Allemagne. Nous aurons ainsi le droit en ce mercredi 1er juin à la troisième coupe intercontinentale des nations, sur terrain neutre, encore à Londres dans le stade national anglais. L’Argentine part a priori favorite car invaincue lors de ses 31 derniers matchs internationaux (record de 37 battu récemment par… l’Italie). Les Transalpins auront à cœur de les priver de cette performance qu’ils ont eux-mêmes été chercher, mais Messi qui jouera son premier match officiel contre la Squadra pourra les contrarier.

Résumé de la première coupe intercontinentale (source : FFF – chaîne officielle)

Résumé version longue de la seconde Finalissima entre l’Argentine et le Danemark (source : Football greats)

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