Bundesliga : le bilan des satisfactions et des déceptions du cru 2022

Le 14 mai 2022 retentissait le coup de sifflet final de la 59e édition du Championnat d’Allemagne de football. Un nouveau sacre du Bayern, des cadors à la peine et des Français en pleine bourre : c’est l’heure du bilan de la saison.

Le FC Bayern remporte un 10e titre de rang. Source : compte Twitter du Bayern

Ce qu’on a aimé


Le Bayern force 10

Intouchable. Pour la dixième année consécutive, la Bundesliga voit le FC Bayern s’imposer au terme d’une saison qu’il aura totalement dominée. Un dixième titre de rang, record absolu dans les cinq championnats majeurs. Sous la coupe de Julian Nagelsmann, les Bavarois bouclent cet exercice 2021-2022 avec un total de 77 points, soit huit d’avance sur leur dauphin Dortmund. C’est d’ailleurs à la faveur d’un succès 3-1 contre les Marsupiaux lors de la 31e journée que les champions en titre validèrent précocement leur 32e titre de champion d’Allemagne.

Porté par grand Muller (18 passes décisives) et un Lewandowski toujours aussi décisif (35 buts), le Bayern a une nouvelle fois écrasé la concurrence, enregistrant 11 succès sur les 12 confrontations contre le top 7 en championnat cette saison (seul Leverkusen a neutralisé les champions à Munich lors de la 25e journée, 1-1). A cela s’ajoute une troisième victoire contre Dortmund en Super Coupe d’Allemagne (1-3), elle aussi conservée pour les Bavarois.

Si cette saison ne restera pas forcement dans le cœur des supporters du club de Munich, la faute à une élimination prématurée en 16e de finale de Coupe après une rouste contre Mönchengladbach (5-0 !) mais surtout une sortie en quart de Ligue des Champions au dépend du petit poucet Villarreal, ce dixième titre de rang fut célébré comme il se doit, dans la joie et la bière. Un titre national fêté malgré une déconvenue en C1 ? La culture foot outre-Rhin semble décidemment bien différente de la nôtre.

Francfort, la surprise européenne

Les joueurs de l’Eintracht Francfort célèbrent autour de leur capitaine Sebastian Rode, coupe en main. L’internaute.com

Parce que quand un club allemand performe en Europe, c’est toute la Bundesliga qui vibre, il était obligatoire de rappeler le triomphe de Francfort en Ligue Europa face aux Rangers de Glasgow. Au terme d’un parcours grandiose, les voyant éliminer successivement le Bétis Séville, le Barça et West Ham avant de vaincre les champions d’Ecosse en titre à Séville, les Aigles de Francfort ont remporté le second titre de leur histoire, 42 ans après la Coupe de l’UEFA en 1980. Invaincu sur l’ensemble de la compétition, emmené par un Filip Kostic élu meilleur joueur de la compétition et un Kevin Trapp décisif en final, l’Eintracht décroche par la même occasion un billet pour la Ligue des Champions 2022-2023 malgré une anonyme 11e place en championnat. Ainsi, cinq clubs allemands participeront aux plus prestigieuses joutes européennes la saison prochaine.

Les Franzosen de Buli

Depuis quelques temps maintenant, la Bundesliga réussit plutôt bien aux Français. Mais le cru 2021-2022 est particulier. Parce que pour la première fois depuis Franck Ribéry en 2008, un Français a été élu joueur de l’année en Allemagne. Il s’agit de Christopher Nkunku. Pour sa troisième saison outre-Rhin, le milieu offensif du RB Leipzig a brillé. Quatrième meilleur buteur du championnat avec 20 réalisations, deuxième au classement des passeurs ( à égalité avec quatre autres joueurs) avec 12 unités, l’ancien parisien a également crevé l’écran en Ligue des Champions avec 7 buts, dont un triplé contre Manchester City en phase de groupe (défaite 6-3). A 24 ans, Nkunku est devenu le patron de l’animation offensive de Leipzig. Son profil créatif et percutant a porté le taureau rouge, alors que le club a traversé une saison inégale. Après une élimination de C1 et une onzième place au classement après 14 journées, l’entraineur américain Jesse Marsch fut licencié au profit de Domenico Tedesco. Si le jeune coach Germano-italien n’est pas étranger au redressement de Leipzig (10 victoires sur ses 14 premiers matchs), difficile de ne pas voir en Nkunku le héro qui permit au club d’accrocher une quatrième place en championnat synonyme de C1, ainsi qu’un sacre en Coupe d’Allemagne (buteur en finale contre Fribourg).

Grand oublié dans la liste du trophée UNFP du meilleur Français évoluant à l’étranger, la faute à un règlement discutable réclamant au moins une sélection aux prétendants au commencement de la saison, Christopher Nkunku a depuis lors tapé dans l’œil de Didier Deschamps. Il connait sa première sélection avec l’Equipe de France le 25 mars face à la Côte d’Ivoire, et son nom semble désormais incontournable à chaque annonce de liste des Bleus. Pisté par de nombreux cadors européens, le board de Leipzig l’a désigné comme intouchable cet été. Mais si une offre conséquente arrive sur la table, difficile d’imaginer que la balle ne soit pas dans le camp du joueur. A quelques mois de la Coupe du monde au Qatar, faut-il prendre le risque de découvrir un autre club, un autre championnat, et s’exposer à une acclimatation difficile pouvant lui couter une place au sein d’une liste bleue ultra-select ? Affaire à suivre.

35 buts et 20 passes décisives toutes compétitons confondues pour Nkunku cette saison. @L’Equipe

Lui aussi a découvert l’Equipe de France cette saison, contre la Bosnie le 1er septembre 2021 (1-1). Moussa Diaby se retrouve cet été dans une situation similaire à son ancien coéquipier parisien. Le virevoltant ailier de Leverkusen au profil ultra-mobile et dribbleur de plus en plus recherché a inscrit 13 buts en championnat et 4 en C3, auxquels s’ajoutent 14 passes décisives. Il forme avec Patrick Schick l’un des duos les plus prolifiques des cinq grands championnats.

Avec un profil similaire mais des attentes beaucoup plus élevées, Kingsley Coman a réalisé une saison pleine avec le FC Bayern. Celui qui n’a connu que des sacres en championnat depuis ses débuts professionnels avec le PSG en 2013 a enfin été épargné par les blessures pour faire l’étalage de son talent et sa créativité, prenant une longueur d’avance sur Sané et Gnabry dans le débat de la titularisation sur les ailes bavaroises.

Enfin, mention spéciale pour Anthony Modeste. Le buteur de 34 ans a réalisé l’une des meilleures saisons de sa carrière, terminant à la 4e place du classement des buteurs avec 20 réalisations (à égalité avec Nkunku). Comme le bon vin, l’ancien de Nice, Angers et Bordeaux s’est bonifié pour porter Cologne vers une 7e place synonyme de tour qualificatif pour la Ligue Europa Conférence.

Des historiques de retour

Les plus puristes d’entre nous pourront regretter l’issu du barrage entre le Hertha Berlin et Hambourg SV, qui a vu le club de la capitale se maintenir en Bundesliga aux dépens des champions d’Europe 1983. Néanmoins, on salue le retour du Werder Brême et du FC Schalke 04 en première division allemande la saison prochaine. Les deux clubs étaient descendus l’année dernière mais ont su trouver les ressources nécessaires pour laver cet affront rapidement. Dernier de Bundesliga 2020-2021 avec 16 points et trois victoires seulement, Schalke termine l’exercice 2021-2022 en tant que champion de 2. Bundesliga, porté par les 30 réalisations de Simon Terodde.

Mais aussi : Le but du capitaine Wataru Endo dans le temps additionnel de l’ultime rencontre qui permet à Stuttgart d’éviter les barrages. La confirmation de l’Union Berlin qui termine la saison à une belle 5e place. La surprise Fribourg, longtemps en course pour la C1, qui glane une honorable 6e place synonyme de C3. Le maintien encourageant de Bochum.

Ce qu’on a moins aimé


Dortmund toujours moins compétitif

Comme avant chaque saison, on voyait en Dortmund l’outsider capable de bousculer la hiérarchie et renverser le Bayern. Comme après chaque saison, on se dit que la marche était trop haute. Mais cette fois, l’écart était criant, trop criant. Dans un championnat qui souffre de son manque de compétitivité, l’exercice 2021-2022 du Borussia Dortmund illustre le fossé existant entre les deux plus grands clubs allemands.

Après une seul saison sur le banc du BVB, Marco Rose a été remercié par la direction. theinquirer.fr

Pourtant, les résultats en championnats peuvent être trompeurs. Jamais vraiment challengé par Leverkusen pour la place de dauphin – la faute à une succession de mauvais résultats du Bayer sur la fin 2021 et début 2022 – jamais totalement largué à la course au titre, revenant même à quatre points du Bayern après la 26e journée, les petits espoirs du BVB tenaient plus du ronronnement du FCB en championnat et de l’irrégularité des autres concurrents que de leurs prestations sur le terrain. Souvent plombés par une défense poreuse, ne trouvant jamais de stabilité dans le système de Marco Rose (qui en paya les frais en fin de saison, remplacé par Terzić ), trop longtemps amputés d’Erling Haaland blessé (néanmoins auteur de 22 buts en championnat)… les Marsupiaux n’ont enregistré qu’une victoire sur les trois autres membres du Top 4 cette saison (à Leverkusen lors de la 4e journée, 3-4).

Défait en Super Coupe à domicile 3 buts à 1 par le Bayern, défait en 8e de finale de la Coupe contre le club de Sankt Pauli pensionnaire de 3e division (2-1), éliminé de C1 en phase de groupe derrière l’Ajax et le Sporting, puis de C3 en 16e de finale face aux Rangers (2-4, 2-2) : le constat est clair, Dortmund n’a jamais réussit à se montrer compétitif cette saison. Avec le départ d’Haaland à City cet été, les questions autour de l’avenir sportif du BVB continuent de fuser. Le 1er juillet 2022 marquera un renouveau, puisque Michael Zorc quittera définitivement le poste de directeur technique après 44 ans au club au profit de la légende Sebastian Kehl. La nomination d’Edin Terzić au poste d’entraîneur, lui qui travaillait avec Kehl depuis la nomination de Marco Rose l’été dernier, promet une relation saine nécessaire entre des hommes ayant l’habitude de travailler ensemble. Si le mercato ne s’ouvre officiellement que le 10 juin, le BVB a déjà enregistré la venue de Niklas Süle en provenance du Bayern et de Keven Schlotterbeck de Fribourg pour renforcer drastiquement le secteur défensif. Salih Özcan (FC Cologne) remplacera numériquement Axel Witsel, tandis que la pépite du RB Salzbourg Karim Adeyemi va succéder à Erling Haaland sur le front de l’attaque. Séduisant sur le papier, mais Dortmund ne devrait pas s’arrêter là et continuera d’animer la fenêtre estivale.

Loups et Poulains à la dérivent

Si Dortmund a déçu et Leipzig longtemps inquiété, c’est bien Wolfsburg et Mönchengladbach qui se retrouvent sans Europe en fin de saison. Pire, les deux clubs ont longtemps été inquiétés par la relégation.

Wolfsburg s’est incliné 1-3 à domicile face au LOSC en C1. dw.com

Quatrièmes de Bundesliga la saison passé, les Loups de Wolfsburg bouclent à la douzième place une saison également marquée par une dernière place d’un groupe abordable en Ligue des Champions (avec Salzbourg, Séville et le LOSC). Sixième à la mi-saison, Wolfsburg va alors connaitre une terrible série de neuf défaites en dix matchs, dont huit consécutives, plongeant alors à la quinzième place, ne devançant le barragiste que de deux points. Les départs de Guilavogui, Ginczek mais surtout Wout Weghorst à Burnley durant l’hiver seront bien compensés par les arrivées de Jonas Wind (FC Cogenhague) et Max Kruse (Union Berlin), respectivement auteurs de 5 et 7 réalisations en 14 rencontres. Les Loups vont alors entamer une remontée au classement, se prémunissant d’une relégation mais sans accrocher l’Europe pour autant. Mark van Bommel fut remplacé par Florian Kohfeldt en octobre, lui même remercié en mai dernier. L’ancien entraîneur du FC Bayern et de l’AS Monaco Niko Kovac débutera sur le banc de Wolfsburg la saison prochaine.

Deuxième saison hors des places européennes pour le Borussia Mönchengladbach. Huitièmes en 2020-2021, les Poulains font pire cette année avec une 10e place. Treizièmes avec seulement quatre points d’avance sur le barragiste à la 25e journée, les hommes d’Adi Hütter ont mieux terminé la saison avec une seule défaite sur les neufs derniers matchs. Pas suffisant pour maintenir l’entraineur autrichien au poste. Il fut remercié après l’ultime journée de championnat, et sera remplacé par Daniel Farke. L’entraineur allemand mena le club de Norwich City au titre de Championship en 2018-2019, puis en 2020-2021 pour une seconde remontée dans l’élite anglaise.

Mais aussi : La non-saison de Greuther Fürth (18 points, 3 victoires). La déception Sabitzer au Bayern. 0 but et 0 passe décisive pour Ricardo Pepi avec Augsburg, malgré un transfert record de 16M d’euros cet hiver. Le départ pressentit de Robert Lewandowski.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Ads Blocker Image Powered by Code Help Pro

Bloqueur de publicité détecté !

Aidez-nous à continuer notre activité en désactivant votre bloqueur de publicité ! La publicité fait vivre le site, ne nous laissez pas mourir.