Roland-Garros : Quel bilan pour la première année d’Amélie Mauresmo à la tête du Grand Chelem parisien ?

Pour cette édition 2022, Amélie Mauresmo a pris les commandes du tournoi de Roland-Garros. Si certaines initiatives ont eu un impact positif, il y a tout de même quelques bémols. Chiffres, points forts, éléments à améliorer et journée type, voilà le bilan.

©Laure Martinez / Club 115

Des bons points

Primo, les pass Annexes’Up. Quésaco ? Cette année, la direction du tournoi en a eu marre de voir les loges vides. Pour remédier à ce problème, Amélie Mauresmo a mis en place des pass « Annexes’Up » afin de permettre au plus grand nombre de venir assister aux matchs sur le court Philippe-Chatrier en plus des courts annexes où s’entraînent les joueurs. En toute franchise, voir Iga Swiatek depuis les loges pour la modique somme de vingt euros, ça en jette. De plus, certaines places ont été ouvertes aux bénévoles du tournoi, de quoi leur offrir de beaux souvenirs.

Seulement, ce système se base sur le civisme des gens étant donné que la place doit être libérée si l’invité arrive et il semblerait que certains n’aient pas bien compris le principe de savoir-vivre… Ce malgré les tentatives des organisateurs pour que chaque rencontre se passe dans le plus grand respect des joueurs (pendant un match, l’accès est restreint et il n’est possible de s’installer qu’entre deux jeux ou deux sets afin de ne pas déranger les joueurs ou les joueuses).

Ensuite, le bilan chiffré est plutôt bon. Au lendemain de la finale, Amélie Mauresmo et Gilles Moretton ont dressé le bilan de cette édition 2022. Au total, le tournoi de Roland-Garros a rapporté plus de 300 millions d’euros de chiffre d’affaires et rassemblé 42 millions de téléspectateurs, dont cinq millions devant leur écran lors du pic d’audience (duel Rafael Nadal – Félix Auger-Aliassime). De plus, le stade a accueilli 613 000 spectateurs sur la quinzaine, chiffre non négligeable au vu des tarifs exercés.

Tercio, les files d’attente. Oui, elles font partie des bons points, car quoi que vous fassiez, l’attente n’est jamais très longue et ce peu importe l’heure. Les bénévoles sont tellement nombreux dans l’enceinte que tout va très vite.

Enfin, Amélie Mauresmo toujours sur le qui-vive. Vous l’avez sans doute remarqué, mais la nouvelle directrice de Roland-Garros était visible sur chaque plan, toujours au plus près de l’action. Que ce soit au moment de l’intrusion de la manifestante sur le court ou tout simplement pour s’assurer du bon déroulement d’un match, l’investissement personnel d’Amélie Mauresmo a été remarquable. Encore heureux me direz-vous. Mais c’est tout de même important à noter.


Quelques bémols

Pour sa première année à la tête de Roland-Garros, Amélie Mauresmo a tenté de remplir les courts, bien souvent vides. On pense par exemple au duel qui a opposé Iga Swiatek à Qinwen Zheng en fin de journée le lundi 30 mai. Doit-on cela aux nombreuses activités proposées hors des courts ? Au désintérêt pour le tennis féminin ? Si ce dernier point n’est pas une nouveauté, d’autres joueurs en ont fait les frais : Marin Cilic et Casper Ruud. En effet, les tribunes étaient très peu remplies lors de la rencontre entre le Croate et le Norvégien.

Ces deux matchs ont toutefois un point commun : l’heure (entre 19h et 20h). On remarque que la plupart des gens n’ont plus grand chose à faire du tennis dès lors que leurs estomacs s’expriment. Et pourtant, Amélie Mauresmo affirme que toutes les places ont été vendues. D’ailleurs, l’achat d’un billet pour Roland-Garros est déjà une épreuve en soi. La billetterie « grand public » a ouvert le 8 mars à 10h. En vous connectant à 10h01, vous aviez déjà 65 000 personnes devant vous. Non, nous n’exagérons rien, c’est le chiffre exact. Quand vient enfin votre tour, il n’y a déjà plus de places pour le court Chatrier en deuxième semaine (journée ou soirée). D’où l’incompréhension des tribunes vides.

D’autre part, Amélie Mauresmo est-elle trop optimiste ? Ce n’est absolument pas un reproche que nous faisons-là. Mais nous savons bien que le public de Roland-Garros est particulièrement difficile à gérer. Entre ceux qui refusaient de respecter les règles du pass Annexes’Up (certains ont refusé de quitter leur place en voyant Nadal arriver sur le court), ceux qui huaient certains joueurs ou encore ceux qui se déplaçaient sans cesse dans les tribunes sans aucun égard pour les joueurs, l’organisation n’avait pas de quoi s’ennuyer. Sans parler de la manifestante venue s’attacher au filet lors du duel Ruud-Cilic.

En outre, les joueurs ne sont pas de grands fans des sessions soirées et ont plusieurs arguments (malgré l’ambiance souvent épique en tribunes). Primo, les matchs peuvent durer très longtemps et terminer un duel à 1h30 du matin comme l’ont fait Rafael Nadal et Novak Djokovic n’est guère agréable pour les tennismen. Ensuite, la qualité de jeu en prend un coup. Les balles sont plus lourdes, rebondissent moins et il suffit d’un peu d’humidité pour dérégler complètement un coup. Qui plus est, l’impact de la température sur le court doit également être pris en compte.

Et cette année, France Télévisions n’était pas en mesure de diffuser ces sessions soirées, suscitant de vives réactions à propos du duel tant attendu entre le numéro un mondial et le roi de Roland-Garros en quarts de finale. Bilan, Prime Video a hérité des droits de diffusion et a choisi de rendre l’accès au direct gratuit, calmant ainsi les ardeurs des fans de tennis non abonnés à la plateforme. Dernier bémol concernant ces matchs tardifs : la différence entre le tableau dames et le tableau messieurs. En 2022, l’organisation avait prévu dix sessions en soirée. Sur les dix, neufs ont été accordées aux messieurs contre une seule pour les dames. Où est l’équilibre dans tout ça ?


Une journée type à Roland-Garros

Tout d’abord, l’accès au stade. Dès la sortie du métro, des agents vous indiquent la marche à suivre pour accéder à votre porte d’entrée. Au moins, vous ne risquez pas de vous perdre. Et puis vient le premier contrôle des sacs. Ensuite, deux choix : soit vous avez un pass journée + soirée et vous avez un accès rapide (méfiez-vous, il vous faudra repasser par la case départ pour reprendre un ticket avant la session soirée), soit vous êtes détenteur d’un pass journée et vous parcourez environ cinquante mètres supplémentaires. On doit l’admettre, l’attente est relativement brève.

Au point de contrôle suivant, un tourniquet vous fournit votre ticket pour la journée et ça y est, vous voilà enfin au pied du court Philippe-Chatrier et de la statue de Rafael Nadal. Veillez à bien garder ce ticket, car c’est bel et bien lui qui vous ouvrira les portes de courts et non les billets que vous avez acheté sur internet.

Quant aux fameux « Annexes’Up » d’Amélie Mauresmo, comment fonctionnent-ils ? Honnêtement, c’est très simple. On reçoit un message dans la matinée pour nous indiquer que nous avons accès aux tribunes basses du Philippe-Chatrier. C’est une belle opportunité pour les fans de tennis, puisque les détenteurs de ce pass ont pu assister (par exemple) au duel opposant Iga Swiatek à Qinwen Zheng en huitièmes dames depuis les loges. Quant aux autres courts, l’accès est facile. Il vous suffit de montrer votre ticket au pied de chaque entrée et de choisir votre place en tribune.

En revanche, si vous souhaitez vous restaurer sur place, et bien on vous conseille de prévoir votre sandwich… Les cafétérias sont bien équipées et vous n’aurez pas de problème pour vous trouver une petite place, seulement les prix un tantinet démentiels en refroidiront quelques uns. Dans la liste des choses à emmener, trois objets sont indispensables pour une journée idéale : de la crème solaire, une balle de tennis et un marqueur. Et oui, les joueurs de toutes époques sont bien plus accessibles qu’on ne le pense (à condition de se placer du bon côté du court…).

Ce qui est sûr, c’est que vous n’avez pas le temps de vous ennuyer tant le programme est chargé. Les matchs et les entraînements s’enchaînent sur les courts principaux ou les annexes et les fans de tennis ont de quoi en prendre plein les yeux.


S’il y a encore des éléments à améliorer, le bilan d’Amélie Mauresmo est plutôt positif pour sa première année à la tête du Grand Chelem parisien et nous attendons impatiemment la prochaine édition.

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