Stade Toulousain : on en oublierait presque les fondamentaux…

Après sa superbe victoire contre le Stade Rochelais (33-28), hier, en match de barrage à Ernest-Wallon, le Stade Toulousain a impressionné par ses essais spectaculaires. Ils ne sont pourtant que la conséquence de bien d’autres ingrédients…

La détermination de Cyril Baille, symbole du match du Stade Toulousain (IconSport)

Le célèbre adage « jeu de mains, jeu de Toulousains » s’est donc une fois de plus vérifié. En passant quatre essais au Stade Rochelais, champion d’Europe en titre, les joueurs d’Ugo Mola ont rappelé qui étaient les patrons au niveau national, à défaut de l’être toujours sur le continent. Face à un adversaire plus émoussé et moins féroce, relâchement inconscient oblige, le grand Toulouse a retrouvé de sa force de frappe.

Au terme de cette rencontre, c’est bien sûr la performance d’Antoine Dupont qui retenait principalement l’attention. Très en cannes, puissant et solide sur les appuis, le demi de mêlée international a été déterminant pour dicter le rythme de la rencontre et surpasser la défense rochelaise. Mais, cette victoire, les champions de France la doivent aussi à un retour des fondamentaux, qui leurs avaient parfois manqué pour diverses raisons au cours de la saison.

Une défense de fer

Cette victoire est pourtant d’abord défensive. En cela, le score est trompeur. 28 points encaissés au tableau d’affichage, avec quatre essais dans la musette, on a connu des lignes plus imperméables. Au détail près, qu’à chaque fois que les Rochelais ont franchi la ligne, les Toulousains avaient déjà un petit matelas d’avance… Voire le match gagné, lors des deux derniers essais Maritimes, pour l’honneur.

Si elle requière évidemment de la fraîcheur physique et une bonne lecture du jeu, la défense est avant tout le symbole d’un état d’esprit conquérant. Forts de trois semaines de repos, le match contre Biarritz ressemblant plus à de la promenade, les Haut-Garonnais ont repris des couleurs pour étouffer leur adversaire.

Cette souveraineté s’est aussi exprimée dans les rucks. Plus vaillants, les avants de la ville rose ont mené la vie dure aux jaunes et noirs, pourtant maître dans l’exercice. Et c’est à partir de ballons perdus par La Rochelle que le Stade s’est nourri offensivement. Comme il l’a si souvent fait dans un passé encore récent.

Des courses tranchantes

C’est l’un des fondamentaux souvent oubliés de notre sport. Souvent effacées par la conquête et la défense, les courses tranchantes sont indispensables dans ce jeu de gagne terrain. Encore une fois, elles sont le symbole d’un état d’esprit de champions. Lorsque les hommes se trouvent dans le bon rythme, que les passes arrivent dans les bon timing et que les soutiens collent toujours au ballon, la machine rouge et noire est presque impossible à arrêter.

Ce n’est qu’à partir de ce jeu collectif puissant que des individualités comme Antoine Dupont vont vraiment prendre une dimension exceptionnelle. Lorsqu’une équipe comme Toulouse se met à jouer dans l’avancée, l’adversaire doit impérativement tenter de ralentir au maximum les sorties de balles pour ne pas perdre pieds… Ce que La Rochelle n’a pas su faire hier.

L’état d’esprit, donc

La conclusion est donc implacable. Plus grand club d’Europe, le Stade Toulousain n’échappe pas au béaba du rugby. Les partenaires d’Anthony Jelonch ont joué les uns pour les autres, avec la passion de l’écusson et l’envie de surpasser leurs adversaires. Un grand Toulouse est un Toulouse qui respecte avant tout ce qui fait le charme de l’ovalie.

Ensuite, la qualité intrinsèque des joueurs fait la différence, pour nous offrir des actions d’envergures qui constituent l’une des marques de fabrique du club. Mais, avant tout, Toulouse a construit sa victoire en affichant son visage guerrier, celui qui a souvent le dernier mot lorsqu’arrive le temps des phases finales.

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