Analyse : les 3 forces du MHR qui ont dérouté la défense castraise

Champion de France, Montpellier n’a mis qu’un quart d’heure à plier la rencontre, hier, au Stade de France, grâce à trois magnifiques essais. Mais comment le MHR s’y est-il pris ?

Recruté l’été dernier, Zack Mercer perce le rideau castrais (Maxppp)

Réputé pour être une équipe plus rugueuse que spectaculaire, le MHR a surpassé le CO en proposant un rugby de très grande qualité. Rapides et précis, les trois-quarts héraultais ont profité de la puissance de leur pack pour faire voler en éclat une défense castraise pourtant si solide durant toute la saison.

Une vitesse d’exécution exceptionnelle

Si le Stade Toulousain n’avait pas réussi à déborder les Tarnais la semaine dernière, hormis sur des exploits individuels, le collectif montpelliérain n’a pas eu tant de difficultés. Premiers dans les rucks, les joueurs du MHR avaient systématiquement un temps d’avance sur leurs adversaires. En se mettant d’abord dans l’avancée sur leurs attaques en première main, les joueurs de Philippe Saint-André réussissaient ensuite à conserver de la vitesse, face à des Castrais incapables de ralentir les sorties de balle.

En réalité, c’est une véritable furia qui s’est déchaînée pendant une bonne dizaine de minutes sur les partenaires de Thomas Combezou. Par leurs courses tranchantes, les Cistes attaquaient les intervalles avec beaucoup de vitesse. A contrario, la ligne défensive du CO manquait de liant et de compacité. Un cocktail gagnant pour l’écurie de Mohed Altrad.

Du jeu dans la défense

Sur leurs trois essais, les Montpelliérains ont fait vivre le ballon sans passer par le sol. La raison de ce choix est simple : Castres est l’équipe du Top 14 la plus performante dans les rucks et avait construit son succès de cette manière une semaine plus tôt contre Toulouse. Cette volonté s’est matérialisée par la déviation géniale de Doumayrou sur le première essai, la passe dans le dos de Vincent sur l’essai de Bouthier, ou l’exceptionnel jeu dans la défense qui amenait l’essai de Verhaeghe.

Montpellier n’a pas hésité à envoyer des ballons au large, ou tout du moins à éviter les temps de jeu à une passe, de manière à ne pas concentrer les défenseurs castrais. Redoutable sur ces phases d’affrontement, le CO n’a donc pas eu l’occasion de se mettre en valeur, contraint de défendre dans la largeur. Techniquement et tactiquement, Montpellier a donc réussi une entame stupéfiante alors que l’on s’attendait à un match fermé.

Une qualité individuelle supérieure

Pour mettre ce jeu collectif de haute volée, il est bien sûr nécessaire d’avoir le matériel adapté en boutique. Avec un Zack Mercer systématiquement dans l’avancée, un Paolo Garbisi difficile à lire et une ligne de trois-quart à la fois puissante et rapide, Montpellier avait tout simplement de meilleures individualités que le CO. Si Castres sait faire la différence grâce à son collectif, il doit évoluer à 100% de ses capacités pour exister contre des effectifs dotés d’internationaux en puissance.

Peu d’observateurs l’avaient vu venir, mais le MHR a intrinsèquement une équipe de très grande classe, qui s’était déjà illustrée en Challenge Cup la saison dernière. Avec un recrutement très pertinent l’été dernier, les Cistes se sont bien renforcés et ont concentré leurs efforts pour réaliser une grande saison en championnat. Félicitations à eux !

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