Une Irlande à deux visages, bon ou mauvais présage ?

Après un premier test match où les Irlandais avait été dépassés dans tous les secteurs face à la Nouvelle-Zélande, les hommes du trèfle ont retrouvé leur marche en avant samedi en s’imposant 12-23 face à des All Blacks trop pénalisés. Alors, intermittences inquiétantes ou discontinuité de performances maitrisées ?

Les irlandais, conquérants, se sont imposés 12-23 à l’Eden Park d’Auckland samedi. (Icon Sport)

Reflet d’une génération qui sait briller mais qui s’essouffle

Alors que l’Angleterre et la France se renouvellent en intégrant dans leurs effectifs les générations de U20 très prometteuses, l’Irlande, elle, à l’image d’une feuille de match qui atteint presque les 29 ans de moyenne d’âge, table sur la sureté d’un système vieillissant mais qui continue de faire ses preuves.

Il est indéniable, les Irlandais ont été irréprochables samedi et ont signé une grande performance. Leur système bien rodé a été maitrisé d’une main de maître, s’appuyant sur la puissance des avants (doublé du pilier gauche Andrew Porter) et l’alimentation d’un système de jeu de trois-quarts qui n’en finit pas.

Les hommes d’Andy Farell sont restés fidèles à leurs valeurs et ont maitrisé leur sujet en tous points. 

Cependant, force est de constater que cette performance doit être remise dans le contexte de l’indiscipline néo-zélandaise, qui comptabilise 2 cartons jaunes et 1 rouge en l’espace de 13 minutes. Si la dangerosité des gestes porte l’unique responsabilité aux joueurs (A’anutru, Tu’ungafasi et Ta’avao), la supériorité numérique de l’Irlande durant la rencontre influence incontestablement le cours du match.

Il est compliqué de reconnaitre le véritable niveau de l’Irlande actuellement en suivant uniquement les résultats, tant ceux-ci sont aux antipodes. Seule équipe à avoir une balance positive de résultats face aux All-Blacks en 7 rencontres, le futur du XV du trèfle reste pour autant inquiétant.

Qui pour remplacer les tauliers ? Samedi, Ils étaient 10 à avoir déjà soufflés leur trentième bougie, synonyme d’une génération qui en a sous le capot mais ne regarde pas dans le rétro.

L’élan va-t-il suffir pour arriver jusqu’à la coupe du monde dans un an ?  Si les Irlandais sont aujourd’hui deuxièmes au classement World Rugby et talonnent l’équipe de France. On les voit mal s’arrêter en si bon chemin, en revanche la question de l’après restera une ombre menaçante pour les quatre feuilles du trèfle au risque de le faire faner. 

La Sexton dépendance 

Le capitaine irlandais a fêté ce lundi 11 juillet son trente-septième anniversaire. Si on ne compte plus ses titularisations en équipe nationale au même titre que ses commotions cérébrales, le demi d’ouverture est indéniablement l’un des meilleurs joueurs du circuit World Rugby.

Aussi teigneux soit-il, le rang de Jonathan Sexton n’est plus à prouver, avec 994 points inscrits sous le maillot Irlandais et 107 titularisations, son équipe a créé une véritable dépendance.

Jonathan Sexton a joué 80 minutes samedi pour le deuxième test match face à la Nouvelle-Zélande malgré sa commotion le week-end précédent. (Rugbyrama)

Une bonne santé remise en jeu chaque week-end

Si la longévité des demis d’ouverture est une coutume assumée en Irlande, la relève du géant est à craindre. Bien qu’il semble éternel tant son talent ne diminue pas au long des années, sa tête, elle, pourrait le lâcher.

Les commotions cérébrales, plus de dix à son actif, ne sont pas anodines et même inquiétantes.

La fédération Irlandaise ne semble pas mettre le holà sur la situation alarmante du joueur très souvent ciblés pendant les matchs, cependant le corps à ses raisons que Sexton ignore et celui-ci pourrait s’en retrouver dépourvu. 

Joey Carbery, le fragile successeur

Dans les papiers du staff irlandais, le successeur annoncé porte le nom de Joey Carbery, joueur de 26 ans évoluant au Munster qui n’a que les absences de Jonathan Sexton pour cause de (protocole) commotion pour s’émanciper. Maigre terrain de jeu pour abreuver les attentes de toute une nation.

Quand il a le loisir de rentrer sur le terrain, Carbery tient son rang, mais ce ne sont pas les 50 minutes d’une défaite 42-19 en Nouvelle-Zélande ou les 78 minutes d’une autre au Stade de France en Février (Sexton commotionné) qui vont être suffisantes pour rassurer.

Autre joueur prometteur, Mike Lowry, a été titularisé lors de la rencontre contre l’Italie du Tournoi des 6 nations. Le joueur de 23 ans semblait désorienté dans ce système un peu trop grand. Il va donc falloir un peu plus de temps pour qu’il trouve ses repères.

On connait l’importance de ce poste dans le système du XV du trèfle et l’ampleur de la fiabilité de celui qui l’occupe. L’Irlande est dotée d’un beau réservoir, il lui suffirait simplement de lancer ses talents : l’alerte est donnée.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :