Le retour de « l’ADN OL », quel impact pour la prochaine saison ?

À l’orée de l’exercice 2022-2023, l’Olympique Lyonnais souhaite se resserrer autour de ses valeurs fondamentales et de son ADN qui en ont fait l’un des meilleurs clubs hexagonaux.

Formé à l’OL, Corentin Tolisso est de retour après cinq saisons au Bayern Munich (Maxppp)

L’Olympique Lyonnais va connaître, pour la deuxième fois en trois ans, une année sans Coupe d’Europe la saison prochaine. Avant la saison 2020-2021, les Gones avaient pourtant toujours été européens depuis la saison 1993-1994.

Face aux difficultés de Jean-Michel Aulas de passer la main et à la défiance de ses supporters, le président lyonnais a annoncé son souhait de renouer avec « l’ADN OL ».

Mais comment peut-il se définir et comment appréhender cette nouvelle politique sportive et économique ?

L’apparition de « l’ADN OL »


Dans les années 2010, la construction du « Grand Stade » (le Groupama Stadium inauguré en janvier 2016) avait contraint l’OL à réduire son budget total pour financer ce nouveau projet. C’était le lancement d’un projet basé sur la mise en avant d’un « ADN OL » avec le développement de son centre de formation pour pallier le manque de capital comme le désirait Jean-Michel Aulas.

La forte identité lyonnaise, aussi due à un véritable sentiment d’appartenance à la ville et à la région, avait permis à l’OL de continuer à performer et d’être européen chaque année entre 2010 et 2018*.

Le développement et la révélation de nombreux joueurs du centre de formation comme Alexandre Lacazette, Corentin Tolisso ou encore Nabil Fekir, avaient mené le club lyonnais en tête des classements des centres de formation français (l’OL est encore le meilleur centre de formation de France selon un classement de la Fédération Française de Football sorti le 7 juillet dernier).

Le virage à l’été 2019 et l’arrivée de Juninho comme directeur sportif devait faire rentrer l’OL dans une nouvelle dimension. Trois ans plus tard, le Brésilien a démissionné et Lyon a terminé à la pire place de son histoire en Ligue 1 au XXIème siècle.

En réaction, l’éminent président lyonnais, en poste depuis 1987, a tapé du poing sur la table et déclenché le retour à cet ADN pour remobiliser tout un club, toute une ville, toute une institution.

Un intérêt sportif


Au niveau sportif, le renouvellement contractuel de Maxence Caqueret fut le point de départ. Garder le milieu de terrain aussi infatigable que propre techniquement et dans la relance était un objectif prioritaire du club.

Le souhait partagé de Jean-Michel Aulas et de Peter Bosz étant de consolider une colonne vertébrale lyonnaise avec Anthony Lopes (31 ans), Castello Lukeba (19 ans), Malo Gusto (19 ans) et Maxence Caqueret (22 ans) au milieu de terrain.

Cet objectif atteint, deux dossiers se dressaient devant les décideurs lyonnais. Véritables idoles du club, Alexandre Lacazette (129 buts sous le maillot lyonnais entre 2010 et 2017) et Corentin Tolisso (champion du monde avec la France en 2018) arrivaient en fin de contrat au 30 juin 2022.

Après de nombreuses sollicitations, à la fois du président Aulas ou d’anciens coéquipiers comme Anthony Lopes, les deux joueurs ont signé un retour retentissant tant pour la Ligue 1 que pour l’Olympique Lyonnais.

À respectivement 30 (pour Lacazette) et 27 ans (pour Tolisso), l’objectif est d’apporter un encadrement pour les jeunes joueurs et une expérience du football étranger de haut niveau en plus d’un amour du club.

Cependant, leur retour est une prise de risque pour les deux parties. La difficulté d’Alexandre Lacazette sera de continuer son idylle avec l’OL en montrant qu’il n’a rien perdu de ses qualités de buteur et en se plaçant comme un véritable leader de l’attaque et de l’équipe lyonnaise.

Pour Corentin Tolisso, c’est son état de santé qui interroge. Régulièrement blessé au Bayern Munich, sa fragilité lui a coûté sa place et l’a sans doute empêché de trouver un club évoluant en Europe cette année. Le niveau de l’OL pourrait bien dépendre de la forme de son champion du monde.

Ainsi, leur retour, jumelé à la montée en puissance de jeunes joueurs du club (l’OL a remporté la Coupe Gambardella 2022) met en lumière l’importance de la culture lyonnaise dans un effectif qui a manqué de rigueur et peut-être d’attachement au maillot et aux couleurs du club la saison dernière.

Des enjeux économiques importants


L’intérêt économique de cet « ADN OL » est aussi à prendre en compte. En effet, ce projet se base sur une volonté de réduire les coûts.

La formation de jeunes joueurs est moins coûteuse que l’achat de joueurs et l’intérêt des arrivées de Lacazette et de Tolisso sont qu’ils arrivent « libres », sans indemnités pour leurs anciens clubs (Arsenal et le Bayern Munich).

Même si leurs salaires restent importants, ils en ont accepté une diminution de plusieurs millions d’euros comparé à leurs anciens contrats.

La signature de deux joueurs d’envergure à moindre coût est donc un moyen d’afficher ses ambitions sportives sans dépenser déraisonnablement. « L’ADN OL » permet, dans ce cas, d’ajouter de la qualité à l’effectif sans entamer dangereusement le budget du club.

Après l’échec de la saison passée, l’Olympique Lyonnais se tourne vers un projet qui lui a réussi par le passé. Le retour de « l’ADN OL » marque un changement de cap dans le projet lyonnais alors que le club vit un tournant dans son histoire avec l’arrivée d’un nouvel investisseur principal en la personne de John Textor.

Même si cette arrivée ne se place pas directement dans le projet « ADN OL », le maintien de Jean-Michel Aulas comme président permet au nouvel investisseur d’arriver sans s’imposer dans le club lyonnais tout en laissant la main a un personnage influent des trente dernières années de l’OL.

Et nul doute que cette saison sera, autant pour Peter Bosz et les joueurs, que pour le président lyonnais, celle de la rédemption.

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