Les portraits du Club 115 : Fernando Alonso #14

Après plus de vingt années consacrées à la Formule 1, l’Espagnol Fernando Alonso a dépassé le record de longévité du légendaire Michael Schumacher. Entre records en F1 et exploits en Endurance, le Club 115 vous propose de (re)découvrir l’histoire du double champion du monde.

Fernando Alonso
©Alpine

Une histoire de famille

Né le 29 juillet 1981, Fernando Alonso a mis les pieds dans un kart avant même de savoir marcher. Fils d’un véritable passionné de karting, son sort était (quasiment) scellé à la naissance. En 1987, le père de Fernando Alonso a décidé de construire son propre kart pour l’offrir à son fille aînée. Seulement, la jeune fille alors âgée de huit ans n’était pas réellement emballée par le bolide, contrairement à un petit gars haut comme trois pommes qui passait par là. Quelques réglages de taille plus tard, un champion pointait le bout de son nez.

Si cette belle histoire a commencé comme un jeu, le père a très rapidement décelé le potentiel du petit Fernando, jusqu’à le voir remporter sa toute première course en 1988. Oui, il avait 7 ans. Course après course, victoire après victoire, Fernando Alonso s’est hissé jusqu’au championnat national dont il sortit victorieux en 1993. Partout où il passait, Alonso était le plus jeune de sa catégorie. Et il ne lui a fallu que trois années supplémentaires pour être sacré champion du monde junior.

À 3 ans, Fernando Alonso avait déjà un volant entre les mains. ©Fernandoalonso.com

Une entrée remarquée

En 1999, Fernando Alonso a croisé la route d’un ancien pilote de Formule 1 et propriétaire d’une écurie de Formule 2, Adrian Campos. De là, tout s’est accéléré pour le jeune prodige. Avec 9 pole position et six victoires en Formule Nissan, il a décroché le titre de champion d’Europe à la fin de la saison. Et forcément, un talent pareil ne laisse personne indifférent, pas même l’incontournable Scuderia Ferrari. Mais si les rouges ont proposé un poste de remplaçant à l’Hispanique, il s’est détourné de l’Italienne afin de rejoindre l’écurie Minardi, qui elle lui proposait une place permanente en Formule 1 dès 2001.

Toutefois, ses résultats bien en-deçà des espoirs placés en lui l’ont relégué au second rang chez Renault. Le voilà finalement pilote de remplacement. Il n’en fallait pas davantage au futur champion pour qu’un esprit de revanche ne s’empare de lui. Ni une ni deux, il est revenu couler le bec de quiconque tenterait de le critiquer en récupérant sa place de titulaire la saison suivante et en devenant le plus jeune pilote à décrocher la pole en Malaisie (21 ans) et la victoire en Hongrie (22 ans). Et toc.

Nonobstant, l’année 2003 a également été marquée par un grave accident au Brésil. Lors du troisième Grand Prix de la saison à Interlagos, la Renault de Fernando Alonso est venue percuter une roue de la Jaguar de Mark Webber, mettant un arrêt brutal à la course. À ce jour, cet accident reste le plus grave de la carrière d’Alonso.

Après une année calme, l’Espagnol est revenu plus fort et plus motivé que jamais dans le paddock. En 2005, il a gravé une première fois son nom en lettres d’or dans l’histoire de la Formule 1 en devenant le plus jeune champion du monde de la discipline et le premier Espagnol a décroché le titre ultime. Il reste d’ailleurs le seul Espagnol à détenir ce titre. Une fois n’est pas coutume, Alonso a récidivé en 2006, s’affirmant encore un peu plus comme l’un des pilotes les plus talentueux de sa génération avec 7 victoires, 6 pole et 14 podiums.


Changements d’écuries

L’année suivante, Fernando Alonso a tenté d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs et a jeté son dévolu sur McLaren. Petite devinette : vous souvenez-vous de son coéquipier de l’époque ? Allez, on vous donne un indice : il débutait en Formule 1 au sein de l’écurie qui le faisait rêver lorsqu’il était enfant. Toujours pas ? Deuxième indice : c’est un pilote d’orange et d’argent… Réponse en image juste en-dessous ! À ses côtés, Alonso a terminé sa saison à la troisième place du championnat quand le légendaire « Iceman » (Kimi Räikkönen) était sacré.

Visiblement peu satisfait de cette troisième place avec la MP4/22, Fernando Alonso est retourné vers l’équipe qui lui a ouvert les portes de la catégorie reine : Renault. Seulement, la R29 que l’écurie proposa au double champion du monde était bien moins compétitive qu’il ne l’espérait. Ce pourquoi après deux saisons chez Renault, il s’est tourné vers la reine de l’époque : Ferrari. Si les Italiens avaient déjà démontré un intérêt pour le pilote, ils achevèrent de le convaincre en lui offrant les commandes d’une monoplace parmi les plus rapides du circuit.

Au cours de ses cinq ans en rouge, il a décroché pas moins de onze victoires en 96 courses et terminé vice-champion du monde à 3 reprises : 2010, 2012 et 2013. Mais en 2015, on lui fit une proposition des plus alléchantes. Après 22 ans de séparation, Honda et McLaren étaient prêts à se réunir à nouveau pour offrir à Fernando Alonso et Jenson Button la meilleure monoplace possible et ainsi, mettre un terme à l’hégémonie des Flèches d’Argent. L’année suivante, Alonso devint l’ambassadeur du Grand Prix d’Europe, de retour à Bakou. Toujours chez McLaren en 2017, une tout autre expérience attira le natif d’Oviedo : les courses d’endurance.


Reconversion réussie et retour inespéré

2018, ou l’année de tous les records. Si son palmarès en Formule 1 ne reflète guère ses réelles capacités, Fernando Alonso a prouvé son talent dans une autre catégorie : l’endurance. Et pour sa première année aux commandes d’une Toyota sur le mythique circuit du Mans, il ne s’est pas contenté de participer. Penser qu’il venait là simplement pour découvrir ce milieu serait mal connaître l’Asturien. Non, il est venu aux 24h du Mans pour les remporter, et il l’a fait. Au terme d’une course épique rythmée par les prises de risques d’Alonso au volant de la n°8, l’Espagnol a décroché la victoire pour sa toute première participation. Et ce, après avoir remporté les 6h de Spa.

Vous pensiez qu’il s’était arrêté là ? Et bien non. Car en parallèle de ses succès sur le circuit WEC, l’Espagnol a destitué quelques recordmen de leur couronne. Alonso s’est offert un premier record en participant à son 300ème Grand Prix, avant de décrocher le record de podiums en Allemagne (5) et en dépassant le nombre de kilomètres parcourus en Formule 1 de Michael Schumacher, ce dernier passant alors à 81 394 km. Avant que Kimi Räikkönen n’en décide autrement et ne vienne reléguer l’Espagnol au second rang.

Vint alors le Grand Prix d’Abu Dhabi 2018. Les larmes montent, les gorges se nouent et les coeurs se serrent dans le monde de la F1 : Fernando Alonso a fait ses adieux à la discipline lors de la manche finale du championnat. Il s’en va tout de même avec deux couronnes de champion du monde, trois titres de vice-champion, trente-deux victoires, quatre-vingt dix-sept podiums et vingt-deux pole positions. Mais il n’a pas quitté le monde du sport automobile pour autant et poursuit en endurance. Alonso a remporté les 24h de Daytona avec Wayne Taylor Racing un an plus tard, ainsi que les 1000 miles de Sebring, les 6h de Spa et signe une seconde victoire au Mans.

Vous l’aurez compris, il a certes quitté la F1 mais n’a pas fait disparaître le mot « victoire » de son vocabulaire. Grâce à ses résultats, il a logiquement remporté le championnat du monde d’endurance après avoir écoeuré tous ses concurrents sur la piste. En 2021, pour le plus grand plaisir des fans de F1, Fernando Alonso a fait son grand retour sur le circuit. Surprise, surprise, il est revenu chez Alpine ! Toujours chez l’écurie française cette année, l’Espagnol s’est offert un nouveau record lors du Grand Prix d’Azerbaïdjan : celui de la plus longue carrière en Formule 1 !


Ce que vous ignorez peut-être sur Fernando Alonso

  • Pourquoi le numéro 14 ? Et bien sachez que c’est le numéro porte-bonheur de l’Espagnol. Car lorsqu’il avait 14 ans en 1994, il est devenu champion du monde un 14 juillet au volant du kart numéro 14. Là au moins, c’est clair.
  • Tout comme son compatriote Rafael Nadal en tennis, Fernando Alonso est parfois surnommé « El Matador« .
  • En 2005, Fernando Alonso a reçu le plus prestigieux Prix espagnol en guise de récompense pour ses exploits sportifs : le Prix Princesse des Asturies.
  • Endurance Hall of Fame 2019. En 2019, le natif d’Oviedo a fait son entrée au Hall of Fame, devenant le premier pilote à y apparaître à la fois en Formule 1 et en Endurance.
  • Alonso a profité de la fin de carrière en MotoGP de Valentino Rossi pour lui faire une proposition des plus intéressantes : participer aux 24h du Mans. Si le nonuple champion du monde ne court plus dans la catégorie reine, il ne s’est pas pas éloigné des sports automobiles pour autant et continue de s’entraîner avec les pilotes de la VR46 parallèlement à ses courses sur quatre roues cette fois.
  • Grand fan de football et du Real Madrid, Alonso a déjà pensé à une carrière autour du ballon rond lorsqu’il était plus jeune.
  • Vous avez sûrement déjà vu la marque « Kimoa » inscrite sur les équipements du pilote. En bon passionné de cyclisme, Fernando Alonso a créé sa propre marque de vélos et inauguré son tout premier vélo électrique en fibre de carbone adapté à chaque cycliste à l’occasion du Grand Prix de Miami 2022.

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