Allyson Felix, le palmarès impressionnant d’une reine qui tire sa révérence.

Alors que les championnats du monde d’athlétisme ont pris fin ce dimanche à Eugene (Oregon, Etats-Unis), la reine de la piste a choisi d’y faire son dernier tour d’honneur. Une conjoncture qui va nous permettre de revenir sur ses 18 médailles et son parcours majestueux.

Allyson Felix, une reine qui tire sa révérence
Après 19 ans sur les pistes en tant que professionnelle, Allyson Felix dit au revoir à la compétition. (Photo Sipa /Charlie RIEDEL)

Un début de carrière parmi les étoiles 

Si Allyson Felix est aujourd’hui une des pointes les plus titrées de l’athlétisme mondial, c’est en partie car la carrière professionnelle de l’Américaine a démarré alors que celle-ci n’avait que 17 ans, et déjà un très grand talent. Avide de performances et de records, la jeune femme se fait une place sans complexe dans l’effectif américain.

Après moins d’un an de professionnalisme, la voilà déjà sur la piste d’Athènes pour ses premiers Jeux Olympiques (2004). A 18 ans, elle participe alors à sa première finale internationale et décroche une très prometteuse médaille d’argent sur 200m en 22’18, derrière Veronica Campbell, en battant le record du monde junior. 

Athlète la plus rapide de l’année 2005 sur 200m, c’est sans trembler que la jeune coureuse va confirmer les attentes de sa nation lors des Mondiaux d’Helsinki en devenant la plus jeune championne du monde sur cette distance en 22’17. A 19 ans, Allyson Felix est sur le toit du monde et a encore de radieuses années à venir.

La fierté de la jeune américaine après son premier titre mondial. (Mark Shearman)

Confirmer et rester au niveau 

Malgré une participation aux Jeux Olympiques de Pékin avec 2 très belles médailles, une en or avec le relai américain sur 4x400m et une deuxième place en individuel sur 200m, il faudra attendre Londres 2012 pour voir le talent de la jeune athlète récompensé de l’or olympique sur sa discipline de prédilection.

Mais penser qu’Allyson Felix se serait contentée du peu serait se méprendre, non seulement a-t-elle remporté le sacre mais elle a également pulvérisé son record personnel en 21’88 alors que celui-ci était porté à 22’31, se rapprochant du record du monde de Florence Griffith-Joyner et ses 21’34. (voir la vidéo)

Deux autres titres en relai 4x200m et 4x400m viennent orner le coup déjà lourd de médaille de l’Américaine. Du haut de son mètre soixante-six, elle devient la référence de la discipline. 

À 26 ans, Allyson Felix atteint la suprématie en décrochant l’or olympique (FLORIDA TIMES-UNION)

Lors des Mondiaux de 2015 à Pékin, elle décide d’étoffer son palmarès en choisissant de concourir sur le 400m. À croire que ce changement de distance n’est qu’anecdotique, puisque l’Américaine s’est envolée vers le titre mondial dès les premiers mètres avec une facilité déconcertante sans jamais être inquiétée.

Sommée de décrocher le sacre olympique après cet exploit, Allyson Felix porte de nouveau son dévolu sur le 400m lors de ses 4e Jeux Olympiques à Rio (2016). Dans une foulée toujours aussi remarquable, Felix tient son rang lors de la finale, mais la bahamienne Shaunae Miller dans un dernier effort plonge sur la ligne et arrache l’or à la photo finish.(voir la vidéo)

Victoire de Shaunea Miller à la photo finish après un plongeon sur la ligne devançant Allyson Felix (Tracetv)

Felix rentre de Rio avec 2 nouveaux titres en relai 4x100m et 4x400m et une médaille d’argent en individuel au goût amer. 

Lors des championnats du monde de Londres en 2017, celle que l’on reconnait à son physique atypiquement frêle pour une sprinteuse, devient l’athlète la plus médaillée en championnats du monde, après deux nouveaux titres en relai 4x100m et 4x400m et une médaille de bronze sur le 400m. Elle inscrit ainsi un peu plus son nom au Panthéon de l’athlétisme, dépassant même Usain Bolt avec ses 16 médailles (dont 11 titres) en championnats du monde, lui étant à 14. 

Se battre même en dehors des pistes

En 2019, Allyson Felix fait parler d’elle mais cette fois-ci en dehors des pistes, puisqu’elle a donné naissance à une petite fille (novembre 2018), ce qui l’a écartée de la compétition. Autour de la table, les athlètes dont la jeune mère face aux sponsors, au centre du débat, la maternité dans le sport. Lors d’une sortie publique, l’athlète la plus titrée des États-unis a déclaré faire face à des désaccords avec Nike (sponsors de l’époque), qui voulait renouveler son contrat avec un salaire 70% en dessous du précédent, avant la grossesse. Ces diminutions de salaires exorbitantes ont été le combat de beaucoup de femmes dans le sport (et ailleurs) et Allyson Felix s’est portée aux avant-postes des accusations.

« Si moi, l’une des athlètes les plus rentables de Nike, je ne peux pas m’assurer cette protection, qui pourrait ? »

Quelques semaines plus tard, Nike et d’autres équimentiers officialisaient de nouvelles closes dans les contrats sécurisant le salaire des athlètes durant leurs grossesses.

La coureuse a également déclaré que son combat ne se limitait pas aux athlètes et que toutes les femmes devraient avoir la sécurité de l’emploi durant leur congé maternité. Elle a donné de la voix et a su se faire entendre. 

Le combat d’Allyson Felix (ici avec sa fille) a payé puisque les équipementiers ont créé de nouvelles chartes de subvention pour les athlètes durant leurs grossesses. (STEPH CHAMBERS/AFP)

Elle revient à la compétition à Tokyo pour les Jeux olympique de 2021, pour garnir un peu plus son armoire à médaille avec un sacre en relai 4x400m et une médaille de bronze sur 400m signifiant que l’athlète de 35 ans est revenue à son meilleur niveau.

Aujourd’hui très plébiscitée par les marques et associations, Allyson Felix s’est fait un nom et une image allant au-delà de son sport. Elle fait partie des vitrines dont l’athlétisme a besoin pour faire vibrer et exister. Le livre d’or de celle qui a fêté ses 36 ans cette année se referme mais ne s’oublie pas, une pointure comme celle-là, l’athlétisme s’en souviendra. 

Photo postée sur le compte instagram de la coureuse portant fièrement ses multiples médailles et les stigmates de sa césarienne.

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