Les portraits du Club 115 : Max Verstappen, #1

Champion du monde en titre et récent vainqueur du Grand Prix de France, Max Verstappen enchaîne les victoires et semble bien parti pour converser son titre. Histoire, parcours et anecdotes, (re)découvrez qui est réellement ce pilote aux allures d’Iceman !

Max Verstappen
Max Verstappen en conférence de presse après le GP d’Autriche 2022. ©Bryn Lennon/Getty Images

La réussite ou rien

Né le 30 septembre 1997 à Hasselt, Max Verstappen a baigné dans le monde des sports mécaniques dès son plus jeune âge. En tant que fils d’un pilote de Formule 1 encore en activité à l’époque, Jos Verstappen, le jeune Max a été bercé au son des moteurs et a connu son premier kart à l’âge de quatre ans, quand la plupart des enfants de son âge s’amusaient davantage dans les bacs à sable.

Sous ses airs d’Iceman et ses réponses qui rappellent parfois Kimi Räikkönen, Max Verstappen cache un mental hors du commun. Et pour cause, son enfance n’a pas été de tout repos. S’il remercie souvent son père pour l’avoir rendu si fort, on peut dire que ses débuts étaient plutôt… sportifs. C’est bien simple, il n’avait d’autre choix que de réussir s’il ne voulait pas s’attirer les foudres de son père.

En 2005, Max Verstappen a fait ses débuts en compétition. Et il est arrivé en véritable tornade. Vice-champion de sa toute première course locale en Belgique, il n’a mis que très peu de temps à accéder au niveau national. En catégorie Minimax l’année suivante, il a pratiquement tout raflé, ne laissant que des miettes à ses adversaires et grimpant les échelons à la vitesse de Flash McQueen. Champion de Belgique puis des Pays-Bas trois ans plus tard, il a enclenché la vitesse supérieure et accédé au championnat européen. Fidèle à lui-même, il a remporté la Bridgestone Cup et les WSK Euro Series.

Une entrée tonitruante

Comme tout futur pilote de Formule 1, Max Verstappen a fait un passage par la case Formule 3. Dans son cas, c’était un passage pour le moins express. Les monoplaces étaient trop lentes pour lui. Bataillant régulièrement avec un certain Esteban Ocon sur la piste, le jeune néerlandais a été approché par la Junior Red Bull Team en 2014. Si l’équipe forme déjà de nombreux talents comme Carlos Sainz ou Pierre Gasly, le responsable des jeunes talents de l’époque, Helmut Marko, n’en démord pas et offre une place de titulaire à Verstappen en 2015 au sein de la Scuderia Toro Rosso.

À quoi bon passer par la Formule 2 quand on peut accéder directement à la catégorie reine ? À seulement 17 ans et 166 jours, Max Verstappen est devenu le plus jeune pilote de l’histoire à prendre le départ d’un Grand Prix. Quelques semaines plus tard, il devenait le plus jeune à inscrire des points lors du Grand Prix de Malaisie.

Il a frappé un très grand coup pour sa toute première saison en F1 et n’a pas hésité pas à prendre des risques. Si certaines courses ont été interrompues en raison de défaillances techniques, le tempérament trop agressif du jeune pilote lui a causé bien des ennuis. En témoigne son accident avec Romain Grosjean à Monaco en 2015. À la fin de la saison, il a terminé à la dixième du championnat avec 49 points, et a très logiquement été reconduit au sein de la Scuderia.

Grâce à ses performances des plus impressionnantes, le natif d’Hasselt s’est vu proposer une place permanente chez la grande soeur de Toro Rosso en plein milieu de la saison 2016 en remplacement de Daniil Kvyat et aux côtés de Daniel Ricciardo. Et il n’a pas perdu de temps : première course chez Red Bull, première victoire. Le voilà devenu le plus jeune pilote de l’histoire à remporter un Grand Prix, sur la piste catalane de Barcelone.

Un talent brut à exploiter

S’il a profité des accrochages entre Nico Rosberg et Lewis Hamilton en 2016 pour se hisser à la cinquième place du championnat, Max Verstappen a connu quelques péripéties l’année suivante. Entre accidents, problèmes techniques et abandons, la saison 2017 du jeune prodige néerlandais n’était pas de tout repos.

Un an après sa victoire espagnole, Verstappen a vu sa course s’arrêter net suite à un accrochage avec les compatriotes Kimi Räikkönen et Valtteri Bottas. Et ce, peu de temps après son premier abandon de la saison lors du Grand Prix de Bahreïn. Toutefois, ses abandons à répétition (Canada, Azerbaïdjan, Belgique, Monza, Singapour) ne l’ont pas empêché d’inscrire 168 points sur les vingt courses auxquelles il a participé.

Aux commandes d’une Red Bull moins irrégulière en 2018, il n’a pourtant pas été en mesure de se joindre à la bataille pour le titre qui opposait alors les multiples champions du monde Sebastian Vettel et Lewis Hamilton. Au final, le Britannique a décroché un nouveau sacre avec plus de 80 points d’avance sur l’Allemand. Quant à Verstappen, il s’est retrouvé au coeur d’une lutte particulièrement serrée pour la troisième place impliquant de nouveau les deux pilotes finlandais Kimi Räikkönen et Valtteri Bottas, respectivement troisième et cinquième. Petit détail : seuls quatre minuscules points les séparent au classement.

Au cours des deux années suivantes, Max Verstappen s’est imposé comme l’un des meilleurs pilotes sur la grille, l’un de ceux qui pouvaient prétendre au titre. Mais malgré ses prises de risques et son mental d’acier, rien n’y fait, les Mercedes conservent leur hégémonie et Lewis Hamilton en profite pour grappiller deux titres de plus, égalant ainsi le précédent record de Michael Schumacher. Jusqu’à ce que.

Daniel Ricciardo et Max Verstappen au Grand Prix d’Allemagne 2016. ©Motorsport Images

Un championnat épique

La saison 2021 a été des plus rocambolesques pour Max Verstappen. S’il a fini par s’imposer au terme d’une année ponctuée de luttes électriques avec Lewis Hamilton, l’issue aurait pu être dramatique à de nombreuses reprises. À la manière de Nico Rosberg et Lewis Hamilton quelques années plus tôt, Max Verstappen et le septuple champion du monde se sont livrés une bataille sans merci tout au long de l’année, si bien que l’un et l’autre ont été plus d’une fois éjectés de la piste.

Le ton a été donné dès la manche d’ouverture de la saison. Pour la première course à Bahreïn, le Néerlandais s’est élancé de la pole position mais s’est vite retrouvé derrière la Flèche d’Argent de Lewis Hamilton. S’il a bien tenté de récupérer sa place en fin de course en prenant l’extérieur de la Mercedes, le dépassement a été jugé illégal et Max Verstappen a dû rendre la position à son rival. Les hostilités étaient lancées.

Deux semaines plus tard, tous deux ont sorti les crocs et frôlé la catastrophe sur le tracé d’Imola. Mais cette fois, c’est bel et bien Max Verstappen qui est sorti en vainqueur après son dépassement à haut risque dans la chicane de Tamburello sur une piste détrempée. Si le Britannique a commis une erreur à Tosa et perdu près d’une minute, le drapeau rouge provoqué par George Russell et Valtteri Bottas lui a servi la deuxième place sur un plateau d’argent.

Les débuts d’une lutte sans merci entre Lewis Hamilton et Max Verstappen, ici à Imola pour la deuxième course de la saison. ©Bryn Lennon/Getty Images

Il a fallu attendre sa victoire au Grand prix de Monaco pour voir Max Verstappen prendre la tête du championnat, jusqu’ici mené par son grand rival. Après quelques courses relativement calmes, les tensions entre le Britannique et Verstappen ont atteint leur paroxysme à Silverstone. Après maintes tentatives non concluantes, Lewis Hamilton a voulu prendre l’intérieur de son adversaire dans le virage de Copse. Ce faisant, il a percuté la roue arrière de la Red Bull et envoyé Verstappen dans le mur de pneus. Pour cette manoeuvre, Hamilton n’a écopé que de dix secondes de pénalité, temps qui n’a pas suffi à Charles Leclerc pour conserver la tête de la course. Et oui, encore un problème mécanique pour Ferrari.

Une fois n’est pas coutume, ils ont remis ça en Italie, à Monza. Alors que le pilote Mercedes sort des stands, Verstappen, lui, arrive à toute vitesse. S’ils parviennent à éviter l’accident dans le premier virage, ils ne passent pas le second. Le Néerlandais force à l’extérieur et Hamilton refuse de lui laisser l’espace nécessaire. Bilan : merci Jean Todt et son halo, sans quoi l’issue aurait pu être fatale au Britannique.

Évidemment, ils n’allaient pas en rester là et les tensions sont encore montées d’un cran lors de la manche finale à Abu Dhabi. Tous deux à égalité de points sur la grille de départ, l’imbroglio des premiers tours et l’accident de Nicholas Latifi ont transformé leur rivalité en véritable brasier, si bien que les piques ne cessent de fuser encore aujourd’hui entre les deux pilotes. Finalement, le Néerlandais Max Verstappen s’est imposé et a remporté son tout premier sacre de champion du monde au terme d’une saison sous haut voltage.

Ce que vous ignorez peut-être sur Max Verstappen

  • Pourquoi le n°33 ? Si Max Verstappen a fait le choix logique d’apposer le n°1 sur sa Red Bull en 2022, le n°33 l’a accompagné depuis ses débuts en F1. Le 3 étant le chiffre fétiche du pilote, il a bien tenté de le choisir mais ce chiffre était déjà pris par Daniel Ricciardo. Pas question d’en changer pour autant, alors Verstappen a décidé de doubler son numéro porte bonheur pour « deux fois plus de joie« .
  • Max Verstappen a été élevé à la dure et son éducation n’a rien à envier à la mode militaire… À ses 14 ans par exemple, il a eu le malheur de ne pas gagner une course. La réaction de son père a été radicale : il s’est arrêté sur une aire d’autoroute, y a déposé son fils avant de repartir. Heureusement pour lui, sa mère passait par là et l’a récupéré. Et ce n’est là qu’une anecdote parmi tant d’autres. Enfant de coeur dites-vous ?
  • Grâce à sa victoire au Grand Prix de France, Verstappen a atteint les 27 victoires en Formule 1 et nombreux sont ceux qui l’ont comparé à l’iconique Jackie Stewart. Pourtant, le pilote lui-même refuse cette comparaison et rappelle, à juste titre, que bien des choses ont changé entre les deux époques.
  • Côté caractère, Max Verstappen est de ceux qui extériorisent leurs ressentis, comme il l’a confié au micro de Jean Alesi lors du Grand Prix de France. Ça peut donner quelques étincelles et apporter du piment aux transmissions radios pendant les courses.
  • À lui seul, il détient pas moins de huit records de précocité ! Plus jeune pilote de F1, plus jeune à marquer des points, à mener une course, à monter sur un podium, à signer un meilleur tour en course, à remporter un GP, à en remporter 10 et enfin à monter sur 50 podiums. Vous l’aurez compris, il a commencé tôt…
  • Une chanson a été créée en son honneur par les « Pitstop Boys » : Super Max!. D’abord gêné par cette mélodie, Verstappen est désormais accompagné par cette musique à chaque victoire !
  • Coéquipier de Daniel Ricciardo chez Red Bull être 2016 et 2018, son amitié avec l’Australien était tellement incomparable que les fans l’ont nommée « Maxiel« .

Les nouvelles règlementations techniques mises en place en 2022 ont relégué les Flèches d’Argent au troisième rang, laissant le champ libre aux RB18 survoltées et aux Ferrari enfin de retour aux avant-postes. Rivaux depuis de nombreuses années, Max Verstappen et Charles Leclerc ne se sont pas toujours entendus. Pour autant, leurs batailles en piste depuis le Grand Prix de Bahreïn 2022 ravissent les spectateurs et ils ont montré un grand respect l’un envers à l’autre à chaque course.

Actuellement leader du championnat avec 233 points, Verstappen semble en très bonne voie pour décrocher son second sacre mondial alors que son son seul rival cette saison, Charles Leclerc, a 63 points de retard…

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