Les portraits du Club 115 : Sebastian Vettel, #5

Pilote légendaire à la bienveillance incomparable, Sebastian Vettel a annoncé ce jeudi 28 juillet son départ en retraire à la fin de la saison 2022. L’occasion pour le Club 115 de revenir sur le parcours du quadruple champion du monde et ses nombreux engagements !

Sebastian Vettel
Sebastian Vettel au Grand Prix de Grande-Bretagne 2022. ©Aston Martin

Une assiduité payante

Né le 3 juillet 1987 à Heppenheim, Sebastian Vettel a construit sa légende au fil des ans et des écuries par lesquelles il est passé. Commençons par le début. Jeune pilote assidu, l’Allemand a débuté le karting en 1995 et a rapidement montré un potentiel hors normes. Si bien qu’il n’a mis que quelques années pour devenir champion national de la discipline et dès lors, tout s’est accéléré.

Vice-champion d’Allemagne en Formule BMW en 2003, il est devenu le centre de l’attention et a attiré les regards des chercheurs de talents. Et dans ce domaine, Red Bull est reine. Grâce au soutien financier de l’équipe autrichienne, Vettel a pu gravir les échelons et accéder à la Formule 3 en 2005. En piste, il s’est retrouvé confronté à un Britannique légèrement teigneux de l’ART Grand Prix : Lewis Hamilton, ça vous dit quelque chose ?

Un an plus tard, l’Allemand faisait ses premiers pas dans la cour des grands. Sous contrat avec BMW, Vettel a eu l’occasion d’effectuer quelques tests en Formule 1 dès 2006. Sauf qu’on ne laisse pas un tel talent trop longtemps sur le banc de touche. Promu pilote de remplacement chez Sauber à la mi-saison, Vettel s’est vite retrouvé aux commandes de la F1.06 de l’écurie, au point de prendre la place de Robert Kubica en 2007 en raison de la blessure du pilote. Et pour son tout premier Grand Prix, il est devenu le plus jeune pilote de l’histoire à entrer dans les points.

Une ascension fulgurante

Arrivé à l’âge d’or de la Formule 1, Sebastian Vettel n’a pas fait que se mesurer aux plus grands, il est devenu l’un d’entre eux. Titularisé en juillet 2007 chez la petite soeur de Red Bull, Toro Rosso, l’Allemand n’a pas laissé filer l’occasion de briller. Malgré une entrée quelque peu chaotique et une voiture en-deçà des performances voulues, Vettel a contribué à redorer le blason de l’équipe et signé pour un an de plus.

Aux côtés de Sébastien Bourdais en 2008, il a confirmé son potentiel et prouvé qu’il était digne des espoirs placés en lui. S’il s’est heurté à quelques murs au cours de la saison, il est également devenu le plus jeune pilote de l’histoire à décrocher une pole position et une victoire lors du Grand Prix d’Italie (avant d’être proprement détrôné en 2016 par Max Verstappen). Et comme il ne fait pas les choses à moitié, il a réalisé cet exploit sous une pluie battante.

En 2009, Red Bull a décrété que le pilote était prêt à passer à la vitesse supérieure. Le voilà aux commandes des la seule monoplace capable de lutter avec les Flèches d’Argent et les Ferrari. Et encore une fois, il s’est montré à la hauteur de l’enjeu, signant son tout premier Hat trick sur la piste emblématique de Silverstone. Au terme d’une saison ponctuée de luttes avec Jenson Button et Rubens Barrichello, il s’est hissé à la seconde place du championnat avec en prime un nouveau record de précocité.

De un à quatre

Une victoire, c’est bien joli, mais le championnat, c’est mieux. Et ça, Sebastian Vettel l’a bien compris. En 2010, l’Allemand a offert un bon nombre de batailles en piste avec Fernando Alonso et son coéquipier de l’époque, Mark Webber, tous trois luttant pour le titre. Le championnat s’est finalement décidé lors de l’ultime Grand Prix, à Abu Dhabi. Alors troisième au classement, il a réalisé une course parfaite et su exploiter les erreurs de ses deux rivaux. Grâce à cette victoire et à l’aide improbable de Vitaly Petrov, Sebastian Vettel est devenu le plus jeune champion du monde à 23 ans, 4 mois et 11 jours.

Une fois n’est pas coutume, Vettel a récidivé. Non pas une, ni deux, mais trois fois après son premier sacre. S’il a égalé le nombre de podiums en une saison de Michael Schumacher (17), il s’est destitué lui-même de son propre record en inscrivant 392 points au cours de la saison 2011. Et puis en 2012, il a de nouveau régné. En 2013, il est encore monté d’un cran. Absolument invincible en piste, il a remporté pas moins de neuf courses d’affilée et décroché une quatrième couronne consécutive, comme seuls Michael Schumacher et Juan Manuel Fangio l’avaient avant lui.

En revanche, sa cinquième saison chez les taureaux rouges s’est avérée plus nébuleuse aux côtés de son nouveau coéquipier : Daniel Ricciardo. Dans l’ombre de ce dernier, Vettel n’a pu faire mieux qu’une cinquième place au championnat, exempt de toute victoire. Ce pourquoi l’année suivante, il a troqué sa combinaison bleue pour une intégrale rouge chez la grande Scuderia Ferrari. S’il a retrouvé le goût de la victoire en Hongrie, il a dédié cette victoire au défunt Jules Bianchi, dont la lumière s’est éteinte une semaine plus tôt.

Devenu l’égal d’Ayrton Senna en nombre de victoires cette même année, il n’a guère tardé à le dépasser avec un quarante-deuxième trophée et une troisième place au championnat. Après une saison mitigée en 2016, il a conquis par deux fois la place de vice-champion du monde, laissant l’honneur du sacre à l’actuel septuple champion du monde Lewis Hamilton.Seulement, ses deux dernières années en rouge n’étaient pas des plus glorieuses et l’ont conduit tout droit chez Aston Martin. Et malgré ses tentatives et la précieuse expérience de Vettel, rien n’y fait, l’écurie ne parvient pas à sortir de l’ombre.

Un engagement et une bienveillance à toute épreuve

Depuis toujours, Sebastian Vettel est connu pour ses nombreux engagements et la défense des causes qui lui sont chères. C’est d’ailleurs l’une des raisons des ses changements de ses fréquents changements de casques. En effet, il ne rate jamais une occasion de sensibiliser le grand public aux grandes causes sociétales ou environnementales.

Lors du dernier Grand Prix d’Autriche, Vettel s’est affirmé comme défenseur de la nature et est apparu vêtu d’un t-shirt orné d’un message « Save the bees«  (Sauvez les abeilles), message également affiché sur son casque. Peu de temps avant, il défendait farouchement les victimes de la guerre en Ukraine et portait un casque aux couleurs du pays. Toutefois, son engagement est allé plus loin puisqu’il avait annoncé vouloir boycotter le Grand Prix de Russie avant l’annulation officielle de ce dernier.

Tout aussi touché par le mouvement Black Lives Matter défendu par le paddock et particulièrement par Lewis Hamilton l’an passé ou par les droits des femmes, il sait se montrer relativement accessible pour les autres pilotes et pour ses fans. Pour la petite histoire, Vettel a rencontré l’un d’entre eux à Austin lorsqu’il courait chez Ferrari. En véritable Tifosi, l’homme était venu demander un autographe au quadruple champion du monde, qui lui avait alors demandé s’il venait assister à la course.

Sauf que la Formule 1 est bien loin d’être accessible à tous et le fan n’avait pas les moyens d’être présent. Voilà qui n’a pas plu à Sebastian Vettel. Alors un soir en rentrant chez lui, non loin de l’hôtel du pilote, il a trouvé un sac accroché à sa porte avec un casque dédicacé à son nom à l’intérieur et deux tickets pour le Grand Prix. Comment voulez-vous rester insensible à une telle gentillesse ?

Ce que vous ignorez peut-être sur Sebastian Vettel

  • Pourquoi le numéro 5 ? Le chiffre 5 est celui qui accompagnait Sebastian Vettel à ses débuts en karting et c’est celui qu’il affichait lorsqu’il a remporté son premier championnat. Ce qui ne l’a pas empêché d’affubler le n°1 du champion du monde sur sa monoplace en 2014.
  • Ce jeudi 28 juillet, Sebastian Vettel a annoncé son départ en retraite à la fin de la saison afin de se consacrer davantage à sa famille sur sa page Instagram, page qu’il a créé spécialement pour l’occasion. Et en moins d’une journée, le pilote comptait déjà plus d’un million d’abonnés.
  • Au Grand Prix de France 2022, Vettel a eu le privilège de piloter l’Aston Martin Green Pea de 1922 aux côtés de Johnny Herbert à l’occasion du centenaire de l’écurie britannique en compétition.
  • Tel un grand frère dans le paddock, Sebastian Vettel a pour habitude de conseiller et de féliciter chaque pilote qu’il rencontre, comme il l’a fait avec Carlos Sainz ou Mick Schumacher au Grand Prix de Silverstone.
  • Bien évidemment, son départ a fait l’effet d’une bombe dans le monde de la Formule 1 et chacun a souhaité rendre hommage au quadruple champion du monde.

« Ce fut un honneur de t’avoir comme rival et un honneur encore plus grand de t’appeler mon ami. Je t’aime mec » – Lewis Hamilton

« Un grand homme, un grand pilote. Tu vas nous manquer » – Charles Leclerc

« Tu es une vraie légende » – George Russell

« Je suis tellement triste que tu partes. Tu seras toujours une personne importante pour moi » – Mick Schumacher

« À jamais une légende, merci Seb » – Esteban Ocon

« Tu es l’une des raisons pour lesquelles je suis tombé amoureux de ce sport et tu as toujours été l’un de mes modèles » – Carlos Sainz

À l’annonce de son départ, les pilotes ont tenu à remercier et à féliciter Sebastian Vettel pour son parcours et sa gentillesse.

Vous l’aurez compris, Sebastian Vettel est devenu un pilote incontournable et une icône de son sport. Multiple recordman et quadruple champion du monde, il quittera la catégorie reine des sports automobiles à la fin de la saison 2022, de quoi faire couler quelques larmes… On lui souhaite tout le meilleur pour la suite ! #THEREISSTILLARACETOWIN

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