Quand l’Eintracht Francfort découvre la dure loi des géants d’Europe

Cinq jours après sa lourde défaite à domicile contre le Bayern Munich (1-6), l’Eintracht a cette fois-ci subi la loi du Real Madrid (0-2) en Supercoupe d’Europe. Analyse du début de saison des vainqueurs de la dernière Europa League.

Kevin Trapp a encaissé huit buts en deux matchs (Reuters)

Club au collectif séduisant, dont les ambitions grandissent au fil de ses succès, l’Eintracht Francfort s’apprête à disputer la Ligue des Champions pour la première fois de son histoire. Mais comme en témoignent ses deux premiers matchs de la saison contre des ténors de la compétition, les axes de progression sont encore nombreux pour l’écurie du Président Peter Fischer.

Battu sur la qualité mais aussi sur les détails

Après avoir coulé en quelques minutes contre le Bayern, c’est au fil du match que la formation d’Oliver Glasner s’est effilochée contre le Real Madrid. Au delà d’une fébrilité logique contre des équipes supérieures en qualité, les Aigles ont commis des erreurs comparables sur les deux rencontres.

On pensera à ce face à face manqué par Jesper Lindstrom avec Manuel Neuer, alors que le score était encore de 2 buts à 0, vendredi. Ce mercredi, c’est Daichi Kamada qui a été trop tendre sur son duel avec Thibaut Courtois à 0-0. Des occasions que les Allemands pouvaient encore se permettre de louper en Ligue Europa, mais que ne pardonnent pas contre les plus grands.

Si l’Eintracht avait été surclassé par le Bayern, elle a eu la capacité de relever la tête contre le Real Madrid. De beaux mouvements offensifs et une bonne discipline collective ont permis aux joueurs de Glasner de proposer un contenu honnête… Insuffisant pour l’emporter comme au printemps dernier contre Barcelone, West Ham ou les Rangers.

La vie sans Kostic

Une difficulté supplémentaire va se poser pour Oliver Glasner, avec le départ vers la Juventus de son piston gauche Filip Kostic. À 29 ans, le Serbe n’est pas seulement l’un des joueurs majeurs de l’équipe mais aussi un rouage essentiel en tant que piston gauche d’un système en 3-4-3 bien huilé. Sans sa patte gauche et sa polyvalence, l’Eintracht perd assurément gros avec ce transfert.

Ambitieux, il sera intéressant de voir si le directeur sportif Markus Krösche tente de réinvestir les 15 millions d’euros attendus de la vente. La possible arrivée du milieu défensif Eric Junior Dina Embibe (PSG) pourrait déjà engloutir une bonne partie de cette somme : de quoi remédier à certaines faiblesses aperçues en ce début de saison ? Pas sûr…

Un parcours en Bundesliga excitant

Pour continuer de progresser, l’Eintracht misera évidemment sur de bonnes performances en Bundesliga. La saison dernière, la onzième place des Aigles avaient été éclipsée par le splendide parcours européen. Mais cette saison, le club sera forcément plus attendu sur la scène continentale, sans compter que la cadence du calendrier s’annonce folle.

Alors, Francfort risque-t-il d’exploser en plein vol ? Ce sera tout l’enjeu de la saison. Bien sûr, les belles promesses et la progression constante du club nous incitent à l’optimisme quant à son avenir. Prudence néanmoins, dans un championnat qui s’annonce plus homogène que la saison dernière avec des écuries renforcées à tous les étages.

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