Une éclaircie pour les All Blacks ?

Un match en demi-teinte avec une victoire 23-35 en terres sud-africaines pour les hommes de Ian Foster, qui laisse entrevoir un peu d’accalmie à travers les nuages menaçants d’un groupe sous tension. Voici les clés et les problèmes à régler pour les Néo-Zélandais. 

Un match âpre, très disputé qui a donné leur 1ere victoire aux All Blacks dans le tournois (Reuters)

Les clés


Un pack qui a mis la marche avant 

Avec trois essais sur quatre inscrits par ses avants, le XV de la fougère s’est reposé sur ses fondamentaux pour retrouver de l’avancée. Si Sam Cane (28’), Samisoni Taukei’aho (33’) et Scott Barrett (79’) ont concrétisé la puissance du pack néo-zélandais, c’est Ardie Savea qui a su remobiliser ses troupes quand celles-ci perdaient le nord. 

Au centre du terrain, le combat annoncé avec le pack sud-africain a été maitrisé par des All-Blacks qui ont avancé à l’impact. Si ce dernier constat était une formalité avant lors, dernièrement les hommes de Ian Foster manquaient cruellement d’avancée au contact et de pragmatisme.

Ils peuvent donc se satisfaire du résultat d’aujourd’hui. Le ciel néo-zélandais semble s’éclaircir, même si l’orage ne paraît pas tout à fait dissous, notamment en touche avec de nombreuses choses à redire. 

Ardie Savea, le commandant de bord

Véritable leader de jeu, Ardie Savea est aussi à l’aise sur les ailes qu’au centre du terrain. (AFP)

La bateau Néo-zélandais est dans la tourmente, avec des vents contraires, tantôt encourageants, tantôt décevants. Dans ces moment-là, c’est au commandant que l’on donne la barre et Ardie Savea prend ce rôle comme celui qui lui revient de droit. 

Lorsque l’équipe se fait peur dans ses 22, le numéro huit surgit en sauveur. Quand un ballon traine en terre ennemie, il se jette et offre une magnifique possession aux siens. Quand son équipe évolue à 14 contre 15 et est menée au score, il se charge de monopoliser 3 défenseurs pour offrir un essai à Havili non sans efforts.  

Ardie Savea, n’a pour point cardinal que le Nord, mais il porte dans son sillage une équipe qui a besoin de repère, encore. Cependant en bon commandant, il permet aux Blacks de retrouver la victoire et un peu de consolation.  

Les points d’amélioration


La touche, un secteur fragile 

Si la domination des avants All Blacks dans ce match n’aura eu de cesse de gêner leurs adversaires, la conquête et plus particulièrement la touche néo-zélandais aura été un des points noirs des hommes de Ian Foster.

Pour son deuxième match d’affilé au poste de titulaire en tant que talonneur, Samisoni Taukei’Aho n’aura pas rassuré sur ses lancers. A l’instar de son remplaçant Codie Taylor, ils se sont montrés imprécis et parfois à contre-temps.

Malgré un essai, le talonneur Samisoni Taukei’Aho n’a pas rendu une copie parfaite (franceinfo)

Les Blacks ne se seront jamais réellement mis dans l’avancée grâce à ce secteur. À dix minutes du terme, alors que le score était de 23 à 21 pour les Boks, ils négociaient mal une touche devant les 22 mètres, et rendaient la possession pour un lancer pas droit.

Les mauls sud-africains, parfois récompensés d’une pénalité, auront contrasté avec les lancers trop brouillons des Néo-Zélandais. Pour la suite du Rugby Championship, la touche sera un secteur à surveiller pour les All Blacks.

Une victoire fébrile

L’important pour la Nouvelle-Zélande était de renouer avec la victoire, ce qui a été chose faite, mais pas sans difficultés. Les joueurs de Ian Foster sont apparus parfois hésitants et mal inspirés sur la pelouse du stade Ellis Park de Johannesburg. L’entame de match fut particulièrement maladroite avec quatre pénalités dans les quinze premières minutes et un score nul et vierge malgré une supériorité numérique (après le carton jaune reçu par Willemse (4′) pour une faute d’anti-jeu). 

D’entrée, une mésentente amena le premier en-avant du match et la première mêlée (1′), néanmoins remportée par les Blacks pour un bras cassé. Dans la continuité du match, de nombreuses passes mirent en danger les Néo-zélandais.

Une passe en touche de Samisoni Taukei’Aho (3′) ou encore cette passe interceptée de Richie Mo’unga par Pieter-Steph Du Toit auront constamment cassées les offensives néo-zélandaise. 

Certaines erreurs auraient même pu coûter la victoire. Le plaquage manqué de Caleb Clarke juste avant la mi-temps permet à Am de marquer un essai, et d’amorcer la remontée des Boks alors que les Blacks contrôlaient le match et menaient 15-0. 

Même observation à quinze minutes de la fin quand Beauden Barrett se voyait sanctionné d’un carton jaune pour une obstruction grossière sur Henrikse qui aurait pu aller à l’essai. Un moindre mal pour les Blacks, qui se relèveront de ces faits de jeu et inscriront deux essais dans les dix dernières minutes, démontrant un mental d’acier, pour décrocher la victoire en Afrique du Sud.

Le symbole qu’une grande nation ne meurt jamais. Reste à savoir si ce sursaut n’était que temporaire, ou si des cendres renaîtra l’éternel kiwi. 

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