F1 – Récap de mi-saison : Scuderia Ferrari, un potentiel gâché

Pour son grand retour aux avant-postes, la Scuderia est arrivée avec une F1-75 des plus redoutables. Mais si Charles Leclerc a longtemps mené le championnat pilotes aux côtés de Carlos Sainz, les stratégies chaotiques de Ferrari leur ont fait perdre de précieux points…

Carlos Sainz et Charles Leclerc resteront coéquipiers chez Ferrari pendant au moins deux ans
Charles Leclerc (16) et Carlos Sainz (55) seront coéquipiers chez Ferrari jusqu’en 2024 à minima. ©Scuderia Ferrari

Un potentiel hors normes

Ferrari a fait une arrivée pour le moins remarquée lors des essais hivernaux. Pontons extrêmement creusés et rouge flamboyant, les F1-75 ont annoncé la couleur dès les premiers tests catalans. Et pour cette nouvelle saison très spéciale, la Scuderia a mis les petits plats dans les grands et révolutionné ses monoplaces.

En 2022, la Formule 1 a connu un véritable renouveau. Avec le retour de l’effet de sol et des tunnels Venturi, les équipes ont fait face à un défi de taille, défi que Ferrari a relevé haut la main. Tout du moins, en apparence. Le 17 février dernier, l’écurie a dévoilé la F1-75, baptisée ainsi à l’occasion des 75 ans de l’Italienne. Si le nez très pointu de la voiture a étonné ses rivales, les pontons creusés sur la partie arrière supérieure et l’entrée d’air se sont avérés tout aussi surprenants. De plus, les F1-75 sont apparues équipées d’ouïes de refroidissement importantes sur le capot moteur. De quoi déconcerter le paddock.

Aux commandes de ces monoplaces aussi vives que l’éclair, Charles Leclerc et Carlos Sainz se sont rapidement classés parmi les plus rapides en piste et les premières courses n’ont fait que confirmer la grande forme de la Scuderia. Lors de la manche d’ouverture à Bahreïn, le Monégasque a décroché la première pole position d’une longue série, avant de grimper sur la plus haute marche du podium le lendemain juste devant Carlos Sainz. C’est ce qui s’appelle un coup de maître.

Un rêve de titre…

La saison n’aurait pu mieux commencer pour Ferrari. Car si on s’attendait à une nouvelle année de duels en piste, cette fois entre Charles Leclerc et Max Verstappen, le Monégasque et son coéquipier Carlos Sainz ont bénéficié du double abandon des Red Bull dès la première course pour prendre un avantage considérable au classement général et infliger un douloureux 44-0 à Red Bull Racing, qui a finalement pris sa revanche quelques semaines plus tard à Bakou.

La semaine suivante, à Djeddah, la RB18 de Max Verstappen est revenue sur le devant de la scène et privé Leclerc d’une victoire. Pour autant, sa deuxième place lui a permis de glaner de précieux points et de conserver l’avantage au championnat au terme d’une course qui a officialisé le duel Verstappen – Leclerc.

En véritable roi des qualifications, Charles Leclerc a décroché pas moins de sept pole positions sur les treize dernières courses mais n’en a transformé que deux en victoires. Profitant d’un deuxième abandon de Max Verstappen en Australie, le Monégasque a conservé la tête du championnat pendant les cinq premières courses. Dès lors, les ennuis se sont enchaînés chez la Scuderia…

… gâché par une mauvaise stratégie

Dire que les stratégies de course de la Scuderia sont mauvaises est un euphémisme. Plus d’une fois, elles ont fait perdre de précieux points aux pilotes et en particulier à Charles Leclerc qui a vu le titre s’éloigner petit à petit. Les ennuis ont commencé au domicile de la Scuderia, sur le circuit d’Imola. Au lendemain d’une intense bataille avec Max Verstappen lors du sprint, Charles Leclerc a laissé filer une première occasion.

S’il s’agissait cette fois d’une erreur de pilotage de la part du pilote, cela n’a pas toujours été le cas. Quant à Carlos Sainz, le Grand Prix d’Émilie-Romagne était tout aussi rocambolesque et ne lui a pas non plus permis de briller au lendemain de l’annonce de sa prolongation de deux saisons chez Ferrari. Deux semaines plus tard, ils tenaient tous deux une petite revanche en montant sur le podium à Miami, juste derrière l’actuel champion du monde.

Dès lors, la saison s’est transformée en manège à sensations et l’avantage a changé de camp. En Espagne, le week-end avait pourtant bien commencé et Charles Leclerc s’élançait en tête. Seulement voilà, un petit couac est venu mettre un frein à sa course. Au 27ème, la F1-75 n°16 a fait des siennes et le pilote a été contraint à l’abandon, une défaillance moteur le forçant à rentrer précipitamment au stand. Il perdait alors la tête du championnat au profit de Max Verstappen, vainqueur du jour devant son coéquipier Sergio Perez.

@Scuderia Ferrari

Vint alors le Grand Prix de Monaco, premier drame stratégique. C’est bien connu, Charles Leclerc est maudit sur ses terres et s’il comptait lever la malédiction après sa pole, son équipe l’en a empêché. Si une première erreur de jugement des stratèges lui a coûté la victoire, une entrée au stand précipitée lui a fait perdre deux précieuses secondes derrière Carlos Sainz. Il peut remercier les stratèges de Ferrari pour l’avoir fait rentrer en même temps que l’Espagnol alors qu’un doublé leur semblait promis…

Le Grand Prix d’Azerbaïdjan n’a rien arrangé à la situation des Italiens. Cette fois-ci, les moteurs ont fait défaut aux deux pilotes, ainsi qu’aux monoplaces motorisées par Ferrari, Haas et Alfa Romeo. 0 pointé. Si Leclerc l’a échappée belle au Canada en terminant cinquième, il a de nouveau subi les stratégies de Ferrari à Silverstone, cette fois au profit de Carlos Sainz qui remportait alors son tout premier Grand Prix.

Le 10 juillet, le Monégasque remontait enfin la pente en Autriche avec une victoire de haut vol et un accélérateur capricieux quand Carlos Sainz s’extirpait in-extremis d’une F1-75 en proie aux flammes. Malheureusement, il est remonté pour mieux tomber. Une nouvelle erreur en France et une pédale un peu douteuse l’ont envoyé dans le mur, signant un nouvel abandon.

Jamais deux sans trois, les stratèges ont encore foiré leur coup en Hongrie, et en beauté. Lors de la course, Alpine a tenté le tout pour le tout en chaussant les gommes dures mais la stratégie s’est avérée hautement inefficace. En voyant ce résultat, Ferrari s’est dit qu’il serait logique de faire de même. Victime du jour : Charles Leclerc (oui, encore). Il a pourtant maintenu à son équipe qu’il se sentait très bien en médiums et qu’il n’avait pas besoin de rentrer aux stands. Mais devant l’insistance des « stratèges », Leclerc est passé en pneus durs avant de retourner aux stands quelques tours plus tard pour chausser de vieilles gommes tendres. Celle-là, on ne nous l’avait pas encore faite.

Que peut-on espérer pour la suite de la saison ?

Un miracle peut-être ? Malheureusement pour Charles Leclerc, le titre semble désormais hors de portée… Jusqu’ici, aucun pilote dans l’histoire n’a été en mesure de rattraper un retard de 80 points à mi-saison. Rappelons tout de même que le nombre de Grand-Prix par saison s’est accru au fil du temps et que les systèmes de points par course ont eux aussi évolué, rien n’est donc impossible.

Des cours de stratégie ? Que Mattia Binotto le veuille ou non, la stratégie est un point faible de la Scuderia et les équipes vont devoir potasser avant la reprise de la saison en Belgique. Par ailleurs, Ferrari devra se méfier des nouvelles règles imposées aux équipes à compter du Grand Prix de Spa-Francorchamps, à savoir le rehaussement des planchers.

Du côté de Carlos Sainz, la compréhension de la F1-75 semblait difficile en début de saison. L’Espagnol l’a d’ailleurs admis lui-même, il se sent moins à l’aise que l’an passé, en témoigne sa cinquième place au championnat. Pour autant, il est lui aussi très rapide en piste et pourrait bien améliorer ses résultats en évacuant un peu de pression.

En termes d’évolutions, Ferrari a assuré le coup en intégrant petit à petit de nouvelles pièces. Si elles n’étaient pas toujours flagrantes visuellement, elles se sont toujours avérées bénéfiques, à l’image de la révision des bords de planchers en Espagne. Sur ce point, la Scuderia a été tout bonnement parfaite. En même temps, il faut admettre que le package d’origine était déjà très bon. Cette capacité de gestion des évolutions est sans doute l’atout majeur de Ferrari, qui lui sera bien utile pour la suite de cette saison.

@Scuderia Ferrari

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