F1 – Récap de mi-saison : Alpine, meilleure des autres ?

Quatrième du classement constructeurs, Alpine a su se relever après un début de saison chaotique et une fiabilité inquiétante. Si bien qu’avec une A522 évoluée, Esteban Ocon et Fernando Alonso ont inscrit de précieux points et fait de l’écurie française la favorite pour terminer « meilleure des autres ».

Les deux Alpine en Hongrie
Les A522 d’Esteban Ocon et Fernando Alonso en Autriche. ©BWT Alpine

Un début de saison chaotique

Cette saison, le paddock a été confronté à un défi de taille avec les nouvelles règlementations techniques à gérer et un budget limité. Ce faisant, toutes les écuries ont connu quelques déboires. Et Alpine n’a pas échappé à la règle.

Lors des premières courses, Fernando Alonso et Esteban Ocon ont dû faire face à la puissance des monoplaces motorisées par Ferrari, à savoir les Haas et les Alfa Romeo. Mais si celle de Valtteri Bottas et celle de Kevin Magnussen ont fini devant les Alpine à Bahreïn, Ocon a su tirer profit de la livrée rose 2022 pour se hisser à la sixième place en Arabie Saoudite quand Alonso était contraint à l’abandon.

Malgré tout, les deux pilotes des A522 ont pris l’habitude de se classer parmi les dix premiers et on note sept double arrivées dans les points en treize courses. Pour autant, Esteban Ocon s’est montré plus constant que son coéquipier jusqu’ici, quitte à décrocher une belle cinquième place en Autriche, une semaine après la cinquième place d’Alonso à Silverstone. Au classement des pilotes, Ocon occupe la huitième place avec 58 points, soit 17 de plus que l’Espagnol qui a tout de même décroché une place en première ligne sur la grille de départ canadienne.

Ocon et Alonso lors de la manche d’ouverture à Bahreïn. ©BWT Alpine

Une lutte avec McLaren

Loin de la lutte entre les trois écuries de tête, Alpine a elle aussi droit à de belles batailles en piste, en-dehors de celles opposant les deux pilotes. Afin de conserver sa quatrième place au classement constructeur, l’écurie tricolore va devoir tenir tête aux McLaren. La rivalité entre les deux équipes a commencé très tôt dans la saison et a donné lieu à de beaux duels en piste, à l’image du Grand Prix d’Espagne ou du Grand Prix australien.

En Australie, les MCL36 ont eu le dessus sur les A522, terminant aux cinquième et sixième place tandis qu’Ocon franchissait la ligne d’arrivée en septième position et qu’Alonso finissait bon dernier. En Catalogne, le Français tenait sa revanche en s’imposant juste devant la McLaren de Lando Norris, lui-même septième devant Fernando Alonso.

Grâce à ses avancées et ses évolutions techniques, Alpine est parvenue à prendre l’ascendant sur sa rivale britannique. Prudence toutefois, car elle ne dispose que de quatre petits points d’avance sur l’écurie de Lando Norris et Daniel Ricciardo.

Plutôt discrète lors des premiers courses question évolutions, Alpine est arrivée à Bakou avec des pontons revisités, principale zone de développement de l’écurie. Les entrées d’air ont été avancées autour du cockpit et ont adopté la forme carrée de certaines monoplaces. De plus, les évolutions du plancher visant à améliorer l’appui aérodynamique et celles de l’arrière du capot moteur ont permis aux deux pilotes de glaner davantage de points.

Un départ précipité

Cette annonce a fait l’effet d’une bombe : Fernando Alonso quitte Alpine à la fin de la saison pour rejoindre Lance Stroll chez Aston Martin et remplacer Sebastian Vettel, futur retraité de la Formule 1. Mais pourquoi un tel départ ? Plusieurs raisons.

Primo, le contrat. Le directeur d’Alpine ne proposant qu’un contrat d’un an à Fernando Alonso et ne voulant l’allonger davantage, l’Espagnol est allé voir si l’herbe était plus verte ailleurs. Visiblement, c’est le cas chez Aston Martin. Secundo, la différence de salaire, élément non négligeable à un tel stade de carrière. Si Alpine a proposé 12 millions à Alonso, l’écurie de Lawrence Stroll a doublé la mise, offrant 24 millions au double champion du monde. Tentant…

Par ailleurs, son entente parfois glaciale avec son coéquipier Esteban Ocon conjuguée aux promesses d’Aston Martin a achevé de convaincre le pilote. Ces derniers temps, Alonso s’est montré irrité par le comportement du Français en piste, lui reprochant de trop vouloir se battre avec son coéquipier quand ils pourraient travailler conjointement.

Fernando Alonso en Hongrie. ©BWT Alpine

Le capharnaüm des transferts

Début août, Alpine a dû gérer le départ précipité de Fernando Alonso qui courra sous les couleurs d’Aston Martin en 2023. Seulement, l’équipe a visiblement mis la charrue avant les boeufs en annonçant son remplaçant. Si beaucoup misaient sur le jeune Oscar Piastri, très présent chez Alpine cette saison, l’Australien a lui-même coupé court aux discussions.

Fraîchement titré pour sa première saison en Formule 2, Oscar Piastri n’a pu obtenir un siège permanent dans la catégorie reine cette saison. Pour autant, Alpine a fait de lui son pilote de réserve et lui a confié quelques missions inhabituelles. En effet, il ne se contente pas de débarquer quand le besoin s’en fait sentir, mais a droit à un programme de tests intenses composé de nombreuses heures de simulateur, de jours d’essais et surtout de briefing d’analyses de données.

Il paraissait donc logique qu’il soit désigné remplaçant d’Alonso après l’annonce fracassante de son départ. Suivant cette philosophie, Alpine a officialisé la nouvelle. Mais il y a eu un petit couac. Car au moment de l’annonce, l’Australien a démenti, affirmant qu’il n’y avait aucun contrat signé et qu’il ne piloterait pas pour l’écurie française en 2023. Ouch.

Il n’y a pas que sur la piste que l’écurie tricolore doit lutter avec McLaren. Et oui, il semblerait qu’Oscar Piastri ait refusé un baquet chez Alpine au profit de la Britannique. Il remplacerait donc Daniel Ricciardo qui pourrait bien partir chez… Alpine ! Cette histoire a de quoi donner des noeuds au cerveau d’Otmar Szafnauer…

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