F1 – Récap de mi-saison : Haas, la renaissance tant espérée

Tel un phoenix, l’écurie américaine Haas semble enfin renaître de ses cendres après une saison 2021 désastreuse. Si elle a subi de plein fouet le conflit russo-ukrainien, le retour inattendu de Kevin Magnussen aux commandes d’une VF-22 bien conçue a été salutaire pour l’équipe de Gunther Steiner.

Mick Schumacher et Kevin Magnussen chez Haas en 2022
Mick Schumacher et Kevin Magnussen chez Haas en 2022. ©Andy Hone / LAT Images

Au coeur du conflit russo-ukrainien

Au moins de février dernier, Vladimir Poutine s’est transformé en véritable inquisiteur aux yeux du monde, déclenchant pléthore de réactions virulentes à son égard. Si le monde de la F1 tout entier a dénoncé l’invasion de l’Ukraine, la position de Haas lui a fait revoir pas mal de choses. Sponsorisée par Uralkali, entreprise russe dirigée par Dmitry Mazepin, l’écurie a rompu son contrat avec ce partenaire afin d’évincer les oligarques.

Et ce n’est pas tout. Car il se trouve que Dmitry Mazepin n’est autre que le père de l’un des pilotes alors titulaire, Nikita Mazepin. Lui aussi a fait les frais du conflit, puisqu’il a vu son contrat se terminer avant même le début de la saison et a appris la nouvelle dans les médias. Avec ces deux décisions pour le moins radicales, l’écurie de Gunther Steiner a dû faire face à deux nouveaux problèmes : quel pilote choisir en remplacement et la revanche d’Uralkali.

Pour le premier, Steiner a choisi de se tourner vers une valeur sûre, l’ancien pilote de Formule 1 Kevin Magnussen. Absent du circuit depuis un an, le Danois roulait en endurance, mais n’a pu résister à la proposition alléchante de Haas. Pour le second, les « discussions » sont toujours en cours. Uralkali a demandé un dédommagement des fonds investis pour la saison, ce que l’écurie a catégoriquement refusé en demandant elle aussi un remboursement de plusieurs millions. De quoi faire tourner bourrique.

Nikita Mazepin, évincé de l’écurie américaine dès les essais de Barcelone. ©Carl Bingham / LAT Images

Une VF-22 bien conçue

Nous le savions, Haas a fait le choix de sacrifier la saison 2021 pour focaliser tous ses efforts sur 2022. Et il semblerait que ce sacrifice se soit avéré payant. Motorisées par Ferrari, les VF-22 ont rapidement démontré un véritable potentiel et n’ont guère eu besoin de beaucoup d’évolutions pour se montrer performantes.

Haas a retenu la leçon. En 2019, l’écurie américaine avait adopté une stratégie douteuse out les nouvelles places installées au fur et à mesure ont ruiné la saison de Romain Grosjean et Kevin Magnussen. Alors pour 2022, le changement de philosophie était inévitable. Ce pourquoi les modifications se sont faites au compte-gouttes.

Selon les courses, les entrées d’air du capot et des pontons ont évolué pour laisser plus ou moins d’évacuation de chaleur. En parallèle, les ailerons ont été légèrement modifiés afin de renforcer l’appui aérodynamique. Néanmoins, l’évolution majeure a été observée en Hongrie, où Haas a creusé la partie supérieure des pontons et imité volontairement les Ferrari (logique puisque les deux écuries ont Maranello pour base) pendant que des flancs plus verticaux étaient installés sur les parties latérales et supérieures de ces pontons.

La VF-22 de Mick Schumacher sur le tracé de Barcelone lors des essais hivernaux ©Mark Sutton / LAT Images

Un duo de pilotes des plus efficaces

Si certains d’entre vous s’en doutaient à l’aube de la saison, la présence de Kevin Magnussen aux côtés de Mick Schumacher a été grandement bénéfique pour tout le monde, à la fois pour l’écurie, mais également pour l’Allemand lui-même. Dès la manche d’ouverture, le Danois a offert de précieux points à son équipe en décrochant une sublime cinquième place à l’arrivée derrière les Ferrari et les Mercedes. À ses côtés, Schumacher voyait le top 10 lui échapper de justesse en onzième position. Un premier résultat extrêmement encourageant pour Haas.

Malgré un réel manque de préparation, Kevin Magnussen a rapidement dompté la VF-22 et enchaîné trois top 10 en trois courses. En revanche, les suivantes ont été plus complexes pour le Danois qui ne parvenait plus à entrer dans les points. En même temps, il faut bien se remettre d’aplomb après un an d’absence. Mais il ne s’est pas contenté de bien rouler, il a également servi de mentor à son jeune coéquipier, en difficulté jusqu’ici.

Alors dans l’ombre de Magnussen, Mick Schumacher a lui aussi tenté de connaître la lumière. Si bien qu’il a inscrit ses tous premiers points dans la catégorie reine lors du Grand Prix de Silverstone. Après deux accidents, en Arabie Saoudite et à Monaco, l’Allemand s’est enfin illustré aux commandes d’une VF-22 performante. En Grande-Bretagne, il s’est hissé à la huitième place au drapeau à damiers avant de réaliser l’une des plus belles courses de sa carrière en Autriche. Grâce à un Grand Prix exceptionnel de sa part, il décrochait une magnifique sixième position et était élu pilote du jour.

Actuellement septième du classement constructeurs, Haas affiche 34 points au compteur. Pour cette deuxième partie de saison, Kevin Magnussen devra garder la cap et profiter de la polyvalence de sa monoplace. Quant à Mick Schumacher, Haas compte sur lui pour prouver qu’il a réellement évolué.

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