Turquie – France (86-87) : Les tops et flops d’une rencontre chaotique !

Après une phase de groupe peu convaincante, l’équipe de France de Basket était opposée à la Turquie pour son entrée dans la phase à élimination directe. Un match qui a fait vivre des émotions contraires à tous les fans de basket, pour finalement s’imposer en prolongation. Retour sur ce match en tops et flops.

Les Tops :


La première période des bleus

On avait besoin d’un début de match canon pour dissiper les doutes de la phase de groupe, ce fut chose faite ce midi ! Dès l’entre-deux initial, l’équipe de France a imposé un rythme d’enfer pour une équipe de Turquie sans solution.

Une défense de fer et une attaque en rythme qui faisait bien tourner le ballon, la recette était là pour passer un match tranquille. Un écart rapide de 7 points et un matelas de plus d’une dizaine durant la majorité de la première période, les bleus était en contrôle. Une maitrise permise notamment par un apport du banc précieux dans ce run.

Tout comme le Banc, Yabusele a été très précieux en première période (crédits : bellanger/IS/FFBB)

Les entrées de Fall, Luwawu-Cabarrot ou M’Baye ont énormément apporté aux bleus, que ce soit défensivement ou offensivement. Le premier remplaçait parfaitement Rudy Gobert et laissait parler son physique imposant dans la raquette alors que les deux autres sanctionnaient de l’autre coté du terrain. Une harmonie dans les rotations qui a permis de passer une bonne première mi-temps, mais cet apport n’a pas tenu tout le match et nous nous sommes fait peur. Un axe de progression pour la suite de la compétition, la constance dans la performance.

Tuncer – Korkmaz, magnifiques Diesels

Nous venons de l’indiquer, si la Turquie a accusé un gros retard en première période, la défense des bleus y a été pour quelque chose mais la maladresse des turcs a bien aidé aussi. 5/16 au tir lors du premier quart, 7/19 dans le second, l’adresse semblait absente pour les coéquipiers d’Alperen Sengun.

Seulement un match de basket réserve toujours des surprises, et à la sortie des vestiaires la rencontre avait complétement changé. La Turquie revient fort, met un run d’entrée, bien aidé par l’adresse retrouvée du duo Tuncer – Korkmaz. L’arrière de l’Anadolu Efes Spor Külübu a sonné la première révolte en enfilant les tirs à trois points pour grignoter petit à petit le retard de son équipe, pour finalement passer devant.

Korkmaz a sonné la charge dans le troisième quart (crédits : Getty)

Son compère de Philadelphie n’était pas en reste non plus avec des gros tirs longue distance pour maintenir la pression sur l’équipe de France. Un problème qui semblait insoluble pour les hommes de Vincent Collet puisque même lorsqu’ils étaient bien défendus, les tirs rentraient comme sur cet ave maria devant Gobert qui entre avec la planche. Un tir Doncicesque qui résume bien la partie des deux turcs.

Un départ compliqué pour finalement prendre feu en seconde période mais trop court sur la fin, cette partie laissera des regrets du coté du Bosphore.

Rudy Gobert, immense dans le money-time

Souvent pointé du doigt lors de cette compétition, Rudy Gobert a été un des grands monsieur de cette victoire étriquée. Dans un match correct en termes statistiques malgré quelques maladresses avec le ballon, Gobert a su prendre une nouvelle dimension quand il le fallait, dans le money-time.

Rudy Gobert juste après son dunk égalisateur (crédits images : Getty)

Le highlight du match? Une claquette-dunk salvatrice pour ponctuer son très bon quatrième quart et envoyer la France en prolongation quand tout espoir avait disparu chez la plupart des supporters. Un dernier quart-temps où le pivot des Wolves a été très présent en défense, au rebond défensif mais aussi offensif pour offrir des secondes chances à son équipe. Il a su aussi mettre quelques lancers-francs pour donner des points quand il le fallait et faire preuve d’altruisme dans certaines situations où ses passes ont créé le décalage et amené à des tirs à trois points.

Et pour ponctuer ce match, une prolongation de haute volée pour Gobert. Rebonds, défense, points à l’intérieur, c’est en grande partie grâce à lui que les bleus voient les quarts de finale. 20 points, 17 rebonds 2 passes et un contre à 7/11 au tir, une performance de patron bienvenue pour lui et l’équipe de France.

Les Flops


Le poste 1, vrai problème

En l’absence de plusieurs joueurs à ce poste notamment Frank Ntilikina, les bleus n’ont pas su compter sur une rotation satisfaisante au poste 1. Albicy, Heurtel et Okobo, les trois joueurs n’ont pas fait un bon match contre la Turquie. Si le premier a su impacter grâce à sa défense dure sur l’homme malgré seulement 2 points marqués, Thomas Heurtel et Elie Okobo ont vécu un match compliqué. Okobo termine même sans point en 10 minutes de jeu, une défense approximative et un impact minime.

Heurtel quant à lui a joui d’un temps de jeu conséquent (32 minutes de jeu), mais a été très frustrant. Certes 13 points marqués à 5/10 au tir, mais les nombreuses pertes de balles conjuguées à un manque de rythme en attaque font que la partition est moins bonne que ce que laisse entendre la feuille de stats.

En l’absence de Nando De Colo, l’équipe de France souffre d’un manque de création et de contrôle du tempo du match, il va falloir élever son niveau de jeu sur le poste 1, que ce soit même uniquement en défense, pour pouvoir ambitionner quelque chose dans cet EuroBasket.

Evan Fournier, capitaine fantôme

Les matchs passent et le constat devient de plus en plus évident avec Fournier en équipe de France : le leader offensif de l’équipe n’est pas assez constant.

Capable d’enflammer un match comme il pu le faire contre la Lituanie, il a montré ce midi ce qu’on redoute : une capacité à passer à coté d’un match lorsque ça compte. Avec un groupe restreint, la France a besoin d’un joueur sur lequel se reposer offensivement et s’assurer des points, et l’arrière des Knicks ne répond pas aux attentes.

Fournier en difficulté ce midi (crédits : Getty)

13 petits points à 5/13 au tir dont un très vilain 2/8 au tir, la performance d’Evan Fournier va au delà des chiffres. Une maladresse coupable, des hésitations inhabituelles et surtout des erreurs qui auraient pu couter cher, notamment cette sortie en touche dans le money-time sur une remise en jeu française. On ne l’a presque pas vu dans le quatrième quart-temps, laissant la majorité des ballons à Heurtel ou Gobert. Si ce dernier n’a pas déçu, on doit quand même pouvoir compter sur lui pour stopper les hémorragies.

Evan Fournier peut même dire merci à Rudy Gobert, son floater était très court pour arracher la prolongation et grâce à la présence sous le cercle du pivot, la France a pu inverser la situation.

« Les lancers Cedi! »

Le principal point noir du match de la Turquie se situe clairement dans cette action. Alors qu’il ne restaient que quelques secondes à jouer dans le temps réglementaire, la Turquie bénéficie d’une faute antisportive (certes généreuse), ce qui leur donne deux lancers plus la possession derrière. Avec une avance de 2 points, cela semblait terminé pour les bleus, seulement Cedi Osman a craqué, et de cette action a découlé la remontée de la France.

Deux lancers loupés, et la possession derrière qui n’a rien donné, il n’en fallait pas plus aux français pour revenir à hauteur juste avant la fin du chrono. Une défaillance digne de Nick Collison qui a tué les turcs, incapable de renverser en momentum dans la prolongation.

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