Le Bayer, ça y est !

Leverkusen s’est rassuré en glanant un précieux succès contre l’Atlético Madrid, hier soir, à domicile. Le club rhénan lance ainsi sa campagne de ligue des Champions, alors que sa saison en Bundesliga peine encore à se mettre en marche.

Moussa Diaby et Callum Hudson-Odoi peuvent bien se taper dans les mains après une victoire difficile (source : Wiesbadener Kurrier)

La « Werkself » vient à bout des Colchoneros

Duel de culture ? Duel de style ? La confrontation de ce mardi entre le Bayer 04 et l’Atlético Madrid figurait parmi les quelques affiches germano-espagnoles de cette 2e journée de Champions League. Les Bavarois de Munich s’étant joué du FC Barcelone, et Leizpig attendant la réception du champion en titre le Real Madrid, l’occasion se présentait de jouer au jeu des sept différences entre les ambassadeurs de la Bundesliga et de la Liga.

Mais la comparaison de Lerverkusen et l’Atlético ne s’est pas avérée si pertinente car, comme l’exprime si bien la secrétaire « Pam » de la série The Office, « ce sont littéralement les mêmes ! ».

Effectivement, il semblerait qu’un miroir ait été posé au niveau de la ligne médiane et que deux équipes identiques s’évertuaient à prendre l’ascendant. Les locaux et les visiteurs tentant tour à tour de contre-attaquer, les offensives se heurtaient inlassablement à la dernière ligne mais surtout à l’approximation technique des offensifs dans le dernier geste.

La formation de Diego Simeone, attachée comme toujours à verrouiller son arrière-garde, fit face à la volonté analogue de Gerardo Seoane, dont l’équipe était jusqu’alors très perméable. On a ainsi longtemps assisté à un match outrancièrement prudent et indécis.

Deux équipes timides

Tactiquement, les onze s’articulaient selon les habitudes, un 4-2-3-1 pour Leverkusen avec les ailiers Callum Hudson-Odoi et Diaby un cran plus haut qu’Adam Hlozek, traditionnellement à gauche mais présent au centre en ces circonstances. La paire Andrich-Demirbay en pivot au milieu, et la défense Kossonou, Tapsobah, Tah et Incapie.

Du côté madrilène, un 5-3-2 avec une ligne arrière fournie regroupée autour du Belge Axel Wistel, dans un registre encore plus défensif que d’accoutumée.

La partie était donc fermée, avec un duo d’attaque Joao Felix-Alvaro Morata aux abonnés absents du côté des Colchoneros, bien barrés par les interventions autoritaires de la charnière centrale adverse. Du côté de la « Werkself », la technique de l’Anglais CHO et de Diaby a créé des espaces et débouché sur de nombreuses opportunités, mais trouver la faille même contre une défense nouvelle des rouges et blancs et le gardien remplaçant de Jan Oblak n’est pas chose aisée.

Malgré le manque d’efficacité chronique des rouge et noirs, caractérisé par les échanges infructueux du duo d’attaque Schick-Diaby, ils se sont procurés les situations les plus dangereuses. Le binôme, si prolifique l’année dernière, s’est cherché tout le match sans parvenir à trouver d’issue.

Depuis le début de la saison, le Tchèque n’a inscrit que deux buts, loin de ses standards habituels et, surtout, de son précédent mandat auréolé de 24 buts. Quant au Français, il n’a(vait) pas encore marqué du tout. Patrik Schick a achevé ses vendanges en frappant sur la barre lors d’un face à face avec le goal Ivo Grbic.

Le public allemand semblait promis à une énième déception, constatant le tranchant de son équipe (18 frappes à 11) mais également la déveine qui leur colle à la peau. C’était sans compter la rentrée du Néerlandais Jeremie Frimpong, décisionnaire du sort de la rencontre.

Entré à la 69e minute de jeu, il a été témoin immédiat du raté de son buteur, suivi d’une tête à bout portant sur le poteau. Las de ces incapables, il a pris les choses en main et de vitesse en multipliant les accélérations pour essouffler les Rojiblancos.

Sur une nouvelle prise de profondeur à la 84e, Frimpong se défait d’Hermoso avant de servir Andrich, seul dans la surface, lequel assène une frappe dans le petit filet droit du but du gardien qui effleure le cuir.

Trois minutes plus tard, Hudson-Odoi reçoit un bon ballon suite à une belle récupération et élimine élégamment son vis-à-vis, avant d’adresser une longue passe à l’inévitable Frimpong qui sert sur un plateau Moussa Diaby.

L’ex-Parisien termine le travail en glissant sa frappe sous Grbic et laisse, enfin, exploser sa rage. Ce dernier tire son maillot, comme s’il voulait l’ôter. Mais sa joie a suffi.

Le Bayer lève quelques inquiétudes

Ce succès, plus que de simplement donner du baume au cœur, pourrait véritablement insuffler une nouvelle dynamique à Leverkusen. Comptant une seule victoire dans son championnat, le club pourra s’inspirer de la solidité défensive et octroyer du temps de jeu à Frimpong, dont les qualités de percussion peuvent se révéler salutaires dans des rencontres serrées.

Odilon devra serrer la vis à son poste de latéral, Hlozek trouver ses marques et Schick recouvrer son sens du but. Gagner face à l’Atlético constitue un match de référence face à un gros morceau, prétendant à la première place du groupe de CL.

Au demeurant, le coach hispano-suisse Seoane reste probablement sur la sellette après cette entame catastrophique de Bundesliga. Ce week-end, l’accueil du promu Brême, plutôt en forme, sera un test décisif pour voir si le Bayer O4 a laissé ses démons derrière lui. Succès impératif contre ce qui apparaît comme un outsider samedi à 15h30.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :