OM-Eintracht (0-1) : les Phocéens dépassés par l’enjeu ?

Battu au Vélodrome par l’Eintracht (0-1), l’OM a concédé une 16ème défaite sur ses 17ème dernières rencontres de Ligue des Champions. Analyse d’une nouvelle désillusion.

La déception des Marseillais était palpable hier soir (Icon Sport)

En ce mardi européen, les supporters phocéenns avaient tout pour vivre une grande soirée ; Un stade plein à craquer qui trépignait d’impatience de retrouver cette compétition, un collectif en confiance et sûr de ses forces, le tout face à une équipe de Francfort diminuée, en dents de scie en championnat.

Et pourtant, ce soir, cette équipe marseillaise n’est ni parvenue à imposer cette intensité qui la caractérise depuis le début de saison ni à faire valoir son réalisme face au but. Voici les points clés à retenir de ce match aller entre l’Olympique de Marseille et l’Eintracht Francfort.

Le plan de jeu de l’Eintracht

Sans être forcément flamboyante avec le ballon en première période, la formation d’Oliver Glasner a clairement remporté le bataille tactique. Avec un bloc plutôt bas et très resseré dans l’axe, la défense allemande a parfaitement sevré de ballons les trois offensifs Olympiens (60 ballons touchés dans le matchs à eux trois).

Coupant en permanence les lignes de passes intérieures, et étant plus mordant dans l’impact (60.9% de duels aériens remportés), Francfort a poussé les joueurs de l’OM à des pertes de balles plutôt inhabituelles.

Défensivement, c’est comme si un grain de sable s’était glissé dans les rouages de cette machine à pression. Les Marseillais ont souvent cédé des possibilités aux Allemands de trouver le décalage dans leur moitié de terrain, avant de se projeter vers l’avant avec Kolo Muani, intenable dans la profondeur et Jesper Lindstrom, très intéressant dans la percussion.

Cette défaillance sans ballon pourrait s’expliquer par l’absence dans le onze de Mattéo Guendouzi ou encore par l’enchaînement des matchs qui commence à se faire sentir.

Daichi Kamada, un règne au dessus

En l’absence du capitaine Sebastian Rode, un peu juste pour débuter, le natif d’Ehime a été utilisé dans un registre plus défensif qu’à son habitude. Le moins que l’on puisse dire, c’est que son adaptation fut réussie. L’international Japonnais a su fluidifier le jeu de son équipe à la perfection.

Associé à Djibril Sow dans l’entrejeu, il a  passé son match à transpercer les lignes phocéennes par la course, notamment en deuxième période, mais aussi et surtout pas ses passes glissées toujours dans le bon tempo.

Brillant sur quasimment tous ses choix, il est l’acteur majeur de cette domination allemande au milieu de terrain, en étant, cela dit, bien aidé par Mario Götze et Jesper Lindstrom, très bons dans la conservation.

En seconde période, il est lancé dans la profondeur et remporte même son duel face à Pau Lopez, le but est refusé pour quelques milimètres.

Le manque de leadership olympien

Contrairement à samedi dernier où l’OM a fourni une prestation pleine de caractère face au LOSC, les hommes d’Igor Tudor ont clairement manqué d’allant ce mardi soir, les cadres en tête. À l’image de son trio (in)offensif alligné pour la première fois, l’OM n’a pas su pour autant maîtriser la partie comme Tudor l’espérait en titularisant ses trois « stars ».

L’attaquant Chilien n’a pas manqué de volonté, mais n’a été que très peu servi dans de bonnes conditions tandis que les deux supposés créateurs à ses côtés n’ont absolument rien proposé pendant 60 minutes.

Il est clair que si l’OM souhaite accéder aux huitièmes de finale, il est plus que temps que ses leaders soient à la hauteur de l’enjeu. 

Ne pas tout jeter

Bien que le constat soit décevant, aussi bien mathématiquement que dans le contenu, l’équipe d’Igor Tudor a malgré tout prouvé qu’elle avait les armes pour rivaliser avec une équipe taillée pour l’Europe. Malgré une domination globale de l’Eintracht, il existe certaines sources de satisfaction au sein de la prestation Marseillaise.

La première étant la très grosse performance de l’ancien mancunien Eric Bailly. Tombant malheureusement dans l’excès de confiance sur le but, il a cependant fait très grosse impression. Couvrant la profondeur grâce à sa vitesse et son placement, solide dans le duel et très calme dans la relance, Eric Bailly fait sans aucun doute partie de ces joueurs qui seront essentiels à un potentiel succès européen. 

Par ailleurs, on notera une nouvelle fois la bonne utilisation de la largeur, surtout lors du premier acte. Avec un Tavares qui, aura encore une fois mis à mal son adversaire direct Jakic, avant d’être plus brouillon en seconde période, sûrement usé physiquement.

Les entrants ont également été intéressants. Sur les 8 tirs marseillais, 5 arrivent après les premiers changements opérés par le technicien croate. Remplaçants de Gerson et Payet, tous deux fantomatiques, Under, Suarez et Harit ont tenté de sonner la révolte et sont parvenus à être dangereux.

Malgré l’issue négative, c’est signe d’un effectif possédant la profondeur nécessaire à passer cette phase de groupe, mais désormais, il est temps que toutes ces belles promesses se concrétisent, car suite à la victoire du Sporting face à Tottenham, il devient impératif d’engranger des points pour espérer accéder aux huitièmes de finale.

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