Olympique Lyonnais : qu’est-ce qui cloche ?

Au lendemain d’une saison décevante, l’objectif est clair pour l’OL : retrouver le podium. Seulement, malgré une préparation plutôt encourageante et un bon début de saison sur le plan comptable, l’OL peine à convaincre réellement et reste sur 3 défaites consécutives pour la première fois depuis 4 ans. Voici quelques explications aux difficultés rencontrées par le club rhodanien.

Un mercato mi-figue mi-raisin

Après cette saison 2021-2022 à oublier, les supporters attendaient du renfort de poids pour garnir les rangs olympiens. Avec le retour des expérimentés Lacazette et Tolisso, tous deux libres et formés au club, la conservation pour une saison de Tetê et l’arrivée du prometteur Johann Lepenant, l’entame du mercato semblait de bon augure. Le club donnait l’impression de ne pas vouloir reproduire ses récentes erreurs, notamment en anticipant pour préparer au mieux la saison. Il n’en demeure pas moins que le mercato lyonnais peut susciter bon nombre d’interrogations. 

Lepenant a tout d’une bonne pioche, mais est-ce suffisant pour les ambitions lyonnaises ?

Là où ses concurrents ont su se séparer de leurs indésirables, le club lyonnais n’y est pas parvenu comme il l’aurait souhaité. Malgré les départs de Léo Dubois et Tino Kadewere notamment, plusieurs cas posent question, à commencer par celui de Jérôme Boateng. Auteur d’une saison précédente faite de blessures et d’erreurs défensives, le champion du monde allemand ne semble plus en mesure d’afficher une condition physique décente. Problématique pour un des joueurs les mieux payés du club (3.2M d’euros par an).

Houssem Aouar, lui, annoncé partant durant tout le mercato est finalement resté et réfléchirait à une prolongation de contrat. Pourtant, le petit prince lyonnais n’a disputé que 30 petites minutes cette saison. Là aussi, difficile d’y lire une logique sportive quelconque. 

Le départ de Paqueta a lui aussi été un tournant dans le mercato. Malgré une deuxième partie de saison en deçà de la première, l’international brésilien était clairement l’élément incontournable de l’animation offensive lyonnaise. Auteur de matchs XXL, faisant vibrer les supporters, l’ancien milanais n’a pas été retenu par une direction en quête de profit, qui se sépare une nouvelle fois d’un de ses meilleurs joueurs.

Dans le sens des arrivées, il semblerait que de nombreux besoins n’aient pas été comblés. Malgré l’arrivée plutôt prometteuse de Tagliafico, le chantier défensif laisse sceptique avec notamment Thiago Mendes, repositionné en charnière pour encadrer les jeunes Lukeba et Gusto (qui par ailleurs aura une doublure plus jeune que lui).

Malgré certaines bonnes performances, les lacunes au placement et l’absence de réflexes propres au poste pour le brésilien sautent aux yeux et n’inspirent pas la sérénité.
En résumé, les supporters ont l’impression, à juste titre, d’avoir été « trahis » par leur direction. Ils ont la sensation que la dimension sportive est en train de passer au second plan, et le fait est que malgré quelques bons coups, l’époque où Bruno Cheyrou fanfaronnait en conférence de presse paraît déjà bien lointaine.

Peter Bosz, un discours incompris ?

À sa nomination, le technicien Hollandais amenait avec lui plein de promesses. Ayant pour réputation de faire confiance aux jeunes, prônant un jeu basé sur le pressing et la verticalité, il semblait correspondre aux attentes des supporters qui souhaitaient faire valoir leurs atouts offensifs.  Après une saison insuffisante, le coach lyonnais a une nouvelle chance de prouver qu’il est l’homme de la situation.
Mettant enfin en place son 4-3-3 fétiche et étant acteur des mouvements du mercato, cette fois, Peter Bosz est attendu au tournant. 

Toujours aussi intéressant dans sa communication, il semble que rien n’ait pour autant fondamentalement changé dans ce que propose son équipe. Paraissant plus stables en tout début de saison, les Gones restent malgré tout toujours en difficulté face aux attaques rapides. À l’inverse, et bien qu’elle n’y soit que peu confrontée, la formation lyonnaise est l’une des équipes les plus efficaces face aux attaques placées, comme en atteste le graphique ci-dessous.


source : twitter @datascoot

Elle est aussi l’équipe opérant le plus de pressing réussis (entraînant une récupération de balle) du championnat, tout en étant la deuxième équipe de Ligue 1 à avoir le plus la possession du ballon. On peut donc en déduire que c’est à la perte que ça se complique pour l’OL, lorsque le pressing n’a pas le temps de se mettre en place et que le décalage est trouvé dans l’entre-jeu.

Ce constat a plutôt tendance à inquiéter, surtout pour un milieu de terrain, qui, sur le papier semble densifié avec Tolisso, Caqueret et Lepenant, tous à vocation plutôt défensive et censés faire preuve d’un gros volume de jeu.

Finalement, c’est comme si Bosz était à cours de solution pour éviter de prendre l’eau en transition, bien que ce dernier ne soit pas toujours aidé par un état d’esprit général pas toujours au beau fixe, notamment la saison dernière.

Offensivement, comme lors de la saison passée, le problème lyonnais réside majoritairement dans le réalisme face au but. Même si d’apparence, bon nombre de possessions lyonnaises semblent stériles et dépourvues d’automatisme, l’équipe de Peter Bosz est la deuxième du championnat à se créer le plus d’occasions franches depuis son arrivée. Les lyonnais ont d’ailleurs plus de buts attendus (61.41) que de buts marqués (58.11), c’est l’une des seules équipes du championnat de France dans ce cas. De quoi faire relativiser la responsabilité de Bosz pour ce qui est du manque offensif. 

En revanche, le technicien Hollandais interpelle de par certains de ses choix. Un des cas les plus criants étant celui de l’international espoir Rayan Cherki. Fraîchement prolongé, l’avènement de la pépite lyonnaise se fait attendre chez les supporters, d’autant qu’en ce début de saison, il semble mériter plus de confiance.

En plus d’être le meilleur passeur de cette équipe sans n’avoir jamais joué plus de 25 minutes cette saison, ce joueur aux deux visages paraît capable de déstabiliser tout un bloc en un éclair de génie. Entamant déjà sa 4ème saison professionnelle, le natif de Lyon n’attend qu’une chose pour s’imposer dans cette équipe : sa chance.

C’est d’autant plus frustrant quand on sait que Peter Bosz est l’entraîneur de Ligue 1 opérant le moins de changement au cours d’un match (139 remplacements contre 158.25 de moyenne). Très curieux quand on connaît la profondeur de banc actuelle à Lyon.

De l’espoir, toujours de l’espoir

Depuis quelques années, on a l’impression de retrouver sans cesse les mêmes difficultés dans cette équipe, et ce quel qu’en soit l’entraîneur. Que ce soit dans le contenu ou dans les résultats, l’OL n’est plus ce qu’il était. Et pourtant, il serait curieux de penser que les Gones n’ont plus leur carte à jouer dans ce championnat de France.

Qu’il s’agisse sa jeunesse dorée, son président jusqu’alors visionnaire ou même son modèle économique aspirant à être des plus stables, il est clair que l’OL a les arguments nécessaires au succès. Il y a également des motifs de satisfaction à mettre à l’actif des joueurs. Alexandre Lacazette, pour le citer, est revenu dans un costume de leader qui lui va d’ores et déjà comme un gant.

Décisif par ses buts, il insuffle un nouvel élan qui manquait cruellement à l’OL, mais il est également déjà essentiel de par sa qualité technique et sa vision de jeu. Comme contre le PSG récemment, il sera également amené à être associé à Moussa Dembele, auteur d’une très grosse saison l’an passé. Une entente qui, sur le papier, pourrait s’avérer très complémentaire.

Johann Lepenant est lui aussi une des grosses satisfactions de ce début de saison. Arrivé du stade Malherbe de Caen, il n’était pas pressenti pour bénéficier d’autant de temps de jeu, pourtant, le joueur de 19 ans démontre une fiabilité impressionnante. Précieux à la récupération, il est aussi le joueur ayant le plus haut pourcentage de dribbles réussis (67%). Sans aucun doute un des meilleurs joueurs de cette équipe depuis son arrivée.

Il est important de relativiser suite à ce début de saison en demi-teinte. Sur le plan mathématique d’une part, car après 6 journées de championnat, l’OL pointe à la 6ème place, à 6 points d’un podium largement rattrapable. De plus, l’OL est parvenu à obtenir des succès face à des “petits” de notre championnat, ce qui était loin d’être garanti les saisons passées.

Quant au contenu, il est encore largement temps pour Lyon de trouver son rythme de croisière. Peter Bosz dispose de nombreuses options, il n’est donc pas exclu qu’il arrive à trouver la bonne formule pour enchaîner les succès. Encore faut-il qu’il en ait les ingrédients, et que le climat interne demeure viable à une potentielle réussite.

 

Sources : 
Data’Scout : https://twitter.com/datascout_/status/157154428389047500
OL Data : https://twitter.com/OL_Data

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