Billet d’humeur : Mondial 2022, fossoyeur de plaisir footballistique.

Plus de 10 ans après l’obtention du Mondial, le Qatar s’apprête à accueillir la plus grande des compétitions de football. Une compétition qui a donné lieu à des aménagements de calendrier pour les championnats, des modifications qui gâchent le plaisir des compétitions de clubs.

Un calendrier impossible et destucteur

Le grand point de cette saison tronquée par la Coupe du Monde 2022 résulte dans le rythme effréné imposé par les instances du football aux clubs, et aux joueurs. Avec l’impossibilité de jouer cette Coupe du Monde dans des conditions normales durant l’été, il a fallu changer le calendrier pour accommoder l’organisation.

Des changements qui avaient déjà fait parler à l’époque, les observateurs du football évoquant l’irresponsabilité de donner une compétition comme celle-ci à un pays où tout est à faire, et où les conditions climatiques ne sont pas adéquates, sans parler des scandales entourant la création du site. Cependant le doute était permis, et nous attendions de voir où tout cela allait nous amener. Et nous voilà en 2022, à l’aube de cette compétition durant laquelle de nombreux joueurs ne pourront pas y participer à cause du changement de calendrier.

L’attribution du Mondial au Qatar a soulevé beaucoup d’interrogations.

Depuis le début de la saison, et même depuis la fin de saison dernière, les clubs et les joueurs sont soumis à un rythme impossible à tenir. Une reprise anticipée donc moins de vacances, des organismes encore touchés par la reprise des championnats après la pandémie de COVID et maintenant la raison principale de ce billet, le calendrier.

Des matchs tous les 3 jours, sans possibilité de pause ne serait-ce que durant une semaine pour arriver jusqu’à fin novembre et s’envoler (pour les chanceux ayant leur place dans les listes) vers le Qatar. Un rythme intenable qui s’illustre par de nombreuses blessures de joueurs importants, cédant sous le poids de la répétition des matchs. la situation de l’équipe de France fait évidemment figure d’exemple, mais fort heureusement nous pouvons compter sur un vivier intarissable de talents.

Que se passerait-il si les plus grandes stars de ce mondial devaient déclarer forfait ? Quid des nations considérées comme outsiders qui ne peuvent compter sur une profondeur de talent comme la notre ? La compétition serait évidemment biaisé par ces absences, et l’incapacité pour toutes les équipes de se battre à armes égales. Le calendrier imposé par la compétition qui dessert la compétition, le serpent se mord la queue.

Mais si seulement cela s’arrêtait à la Coupe du Monde, nous pourrions prendre notre mal en patience. Seulement les conséquences négatives de ce calendrier impactent directement les compétitions domestiques. Avec toutes ces absences, comment trouver un intérêt équitable aux différentes courses au trophées? Est ce que la saison 2022-2023 se résumera à une phrase : « l’équipe avec le moins de blessés gagnera »?

Jules Kounde, touché physiquement sera absent plusieurs semaines

Pensons directement au FC Barcelone, équipe sur la voie de la rédemption qui perd durant cette trêve internationale Araujo, Dembele et Jules Kounde, à quelques jours d’un affrontement contre le Real Madrid et de rencontres décisives en Ligue des Champions. Prenons le cas du Milan AC, qui perd Tonali, Kjaer et Mike Maignan durant cette trêve, et ce constat peut s’étendre à d’autres équipes. Ce qui pouvait ressembler à un grand jeu de circonstances semble maintenant se transformer en constat terrible : les joueurs sont épuisés, au bout physiquement et les organismes lâchent.

Il reste à croiser les doigts pour qu’on puisse avoir le plus grand nombre de joueurs disponibles pour chaque pays, que les championnats se passent bien et que cet épisode grotesque puisse faire office d’exemple pour ne pas reproduire les erreurs du passé, et mettre en danger la santé des sportifs pour une pognée de dollars.

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