Roger Federer : Les 5 victoires les plus marquantes de sa carrière

Le week-end dernier la légende du tennis mondial a tiré sa révérence à l’issue de sa compétition, la Laver Cup. Roger Federer a donc tiré le rideau sur plus de 20 années de carrière riches de succès et de désillusions. Voici notre sélection des 5 victoires les plus marquantes.

Voir aussi : Federer vu par ses pairs, en 11 déclarations.

Federer a tiré sa révérence le week-end dernier, un moment plein d’émotions. (crédits: Getty Images)

Roger Federer vs Marc Philippoussis (Finale de Wimbledon 2003)

Comment ne pas commencer par la première victoire en finale de Grand-Chelem, qui plus est dans ce qui sera son jardin, Wimbledon. Cela fait à l’époque quelques années que Roger Federer s’est révélé aux yeux du tennis mondial et le Suisse avait pour ambition de remporter son premier titre du Grand-Chelem en cette année 2003.

Pourtant l’année ne commence pas bien du tout pour Federer qui est éliminé en 1/8èmes de finale de l’Open d’Australie au bout de 5 sets contre David Nalbandian,10ème du classement ATP. Une élimination prématurée pour la tête de série n°6 de l’époque, et pire encore à Roland-Garros cette même année. Federer se fait sortir dès le premier tour par le Péruvien Luis Horna, une désillusion illustrée par le nombre incroyable de 82 fautes directes, impensable.

La saison sur gazon, synonyme de consécration pour Federer

Cependant il aborde avec beaucoup de motivation la saison sur gazon, sa surface de prédilection. La défaite en France semble avoir fonctionné comme un déclic pour lui, il dira même en conférence de presse après son élimination :

Je ne sais pas combien de temps il va me falloir pour digérer tout cela. Une nuit, une semaine, un an, peut-être.

Federer à propos de son élimination.

Une déclaration qui, a posteriori, sera commentée par le Suisse ajoutant qu’après ce jour, il a « refusé de perdre« .

La consécration viendra donc de ce tournoi de Wimbledon 2003 durant lequel il survole la compétition. A l’exception près de son match du troisième tour, il ne perdra aucun set et ne laissera aucune chance à Philippoussis. L’Australien ne pourra qu’amener Federer au tie-break du premier et du troisième set, mais rien n’y fait : Federer gagne ce match 7-6 6-2 7-6, porté par 51 coups gagnants et remporte enfin son premier tournoi du Grand-Chelem qui marque le début de la nette domination du Suisse sur le circuit.

Roger Federer vs Juan Martin Del Potro (demi-finale de Roland-Garros, 2009)

Un an après la déculottée infligée par Rafael Nadal en finale de Roland-Garros (6-1 6-3 6-0), Roger Federer peine toujours à remporter le seul titre du Grand-Chelem qui manque à sa collection. 12 titres obtenus depuis la finale de Wimbledon 2003, et pas une seule chance d’accrocher une victoire à la Porte d’Auteuil.

Mais l’année 2009 s’avérera être la bonne pour Federer. Un niveau de jeu retrouvé par rapport à l’année dernière et surtout un cadeau venu de Suède. Robin Soderling élimine à la surprise générale Rafael Nadal en 1/8ème de finale, une occasion inespérée pour Federer. Après avoir écarté difficilement Tommy Haas en 5 sets mais disposé facilement de Gael Monfils sans en perdre un, c’est le joueur qui monte qui se dresse face à lui.

Juan Martin Del Potro, tête de série n°5 en 2009, n’était pas un petit morceau pour le Suisse. Très à l’aise sur terre battue et en forme cette saison là, l’Argentin constituait un sérieux challenge pour Federer. Un affrontement qui sonnait comme une finale avant l’heure que Federer gagnera au mental, en 5 sets après avoir été mené 2 sets à 1 (3-6 7-6(2) 2-6 6-1 6-4).

Un combat dont Federer est sorti vainqueur et qui ouvre la porte de la finale (crédits : ATP)

Une victoire qui donne accès à une finale qu’il gagnera sans difficulté face à un Soderling qui n’avait jusqu’alors jamais pris un set au Suisse et qui n’a pas pu réitérer l’exploit des 1/8èmes de finale. La victoire acquise au bout de l’effort contre Del Potro en demi-finale lui a donc ouvert les portes du succès en France, une victoire que Federer attendait. Il déclare d’ailleurs au moment de recevoir le trophée :

Ca fait du bien d’être sur le podium comme vainqueur pour une fois. C’est vraiment un moment magique. Cette victoire m’enlève la pression pour toute la fin de ma carrière. Je n’entendrai plus que je n’ai jamais gagné Roland-Garros.

Federer après sa victoire en 2009.

Roger Federer – Andy Roddick (finale de Wimbledon 2009)

Dans la foulée de sa victoire en France, Roger Federer a une nouvelle mission : reconquérir son titre à Wimbledon perdu face à Nadal un an plus tôt (6-4 6-4 6-7 6-7 9-7). Une défaite au gout amer qui lui donne un sentiment de revanche, aidé par la confiance obtenue un peu plus tôt dans l’année.

Cette route vers le titre s’accompagne aussi d’un moment d’histoire : la possibilité de dépasser Pete Sampras et ses 14 titres du Grand-Chelem pour s’installer seul au sommet. Et quel meilleur lieu que de pouvoir le faire dans son jardin, là où tout a commencé.

Une qualification facile pour la deuxième semaine de compétition, et la machine suisse commence à chauffer. Ni Ivo Karlovic, ni Tommy Haas ne peuvent stopper Federer qui les balaye en 3 sets secs, et Roger retrouve en finale Andy Roddick pour nous offrir une finale d’exception.

Un moment d’histoire pour Federer, au prix d’une finale d’anthologie

Un bras de fer entre les deux joueurs qui entre dans l’histoire comme la finale de Grand-Chelem avec le plus de jeu au total (77), le plus long 5ème set de l’histoire des finales du Grand-Chelem et enfin, le 15ème titre pour Federer. Une victoire acquise après 5 sets, et un magnifique final pour l’emporter 16-14 dans la dernière manche. Alors qu’il n’avait jamais réussi a réussir le break dans ce match, Federer a su profiter de l’opportunité pour breaker au bon moment et ainsi remporter le match, le tout devant l’Américain, présent dans les tribunes.

Pete Sampras ne tarissait pas d’éloges pour le patron du tennis mondial comme l’illustre cette citation :

Je n’aurai jamais cru être rejoint 7 ans plus tard, mais s’il y avait quelqu’un que j’avais envie de voir égaler ou battre mon record, c’est bien Roger !

Pete Sampras

Federer vs tout le monde (ATP World Finals 2010)

Année 2010, Roger Federer reste dans les hauteurs du classement ATP, mais sa domination n’est plus aussi nette qu’avant. Nadal, Djokovic et d’autres se posent comme de vrais candidats aux victoires finales dans les grands tournois du circuit. Des pépins physiques gênent ses performances et il ne remporte « que » l’Open d’Australie aux dépends d’Andy Murray en début d’année.

Federer s’arrête en quart de finale à Roland-Garros et à Wimbledon, et se fait éliminer par Djokovic à l’US Open en demi-finale. Il termine cependant 2ème à la Race et se qualifie logiquement pour le Masters de fin de saison. Et c’est au cours de ce tournoi que Roger va montrer qu’il est encore le patron.

Opposé aux meilleurs joueurs de la saison, il ne fera qu’une bouchée de Ferrer, Murray et Soderling en phase de poule pour se qualifier en demi-finale. 3 matchs remportés sans perdre un seul set, autoritaire. Novak Djokovic se dressait alors devant lui en demi-finale, mais cette fois-ci le Suisse prend sa revanche de l’US Open en infligeant un cinglant 6-1 6-4 pour accéder à la finale.

Malgré les doutes, Federer remet les pendules à l’heure pendant le Masters (crédits : ATP)

Et comme un signe du destin, c’est son plus grand rival qui lui fait face. Nadal lui aussi a fait forte impression jusque là, mais ne peut rien faire et s’incline en 3 sets (6-3 3-6 6-1). Une cinquième victoire dans le tournoi pour Federer, record de Sampras et Lendl égalé, pour finir une année 2010 moins flamboyante, mais tout aussi victorieuse. Une victoire finale qui rappelle qu’à bientôt 30 ans il est loin d’en avoir terminé avec le très haut niveau.

Roger Federer vs Rafael Nadal (finale de l’Open d’Australie 2017)

5 années ont passées depuis la dernière victoire du Suisse en finale de Grand-Chelem. Un parcours semé d’embuches pour lui, entre blessures et mauvaise forme sportive, la victoire à Wimbledon en 2012 semblait être le dernier coup d’éclat de Federer au plus haut niveau.

En début de saison 2017, Roger entamait son retour à la compétition après une absence de 6 mois due à une opération au genou. Alors âgé de 35 ans, sa solidité physique faisait douter les observateurs au moment de parier sur un vainqueur en Grand-Chelem, mais c’est alors que le Miracle de Melbourne est arrivé.

Il commence modestement son tournoi comme tête de série n°17 sans vraiment convaincre après des victoires contre Melzer et Rubin, mais monte peu à peu en puissance. L’opposition s’élève un peu plus à chaque tour mais ni Berdych, ni Nishikori ne parviennent à l’éliminer. On se prend alors à rêver : est ce que la légende sur le déclin peut faire un comeback aussi impressionnant ?

Misha Zverev se dresse sur son chemin en quart de finale, une formalité pour le Suisse qui le balaye en 3 sets, 6-1 7-5 6-2. Et si la nouvelle génération ne peut rien, c’est une vieille connaissance qui fait son apparition en demi-finale.

En effet Wawrinka, alors n°4 mondial, se retrouve opposé à son compatriote pour une place en finale. Un match disputé qui ira jusqu’au 5ème set durant lequel Federer trouvera les ressources mentales pour résister au retour de Stan (Federer menait 2 sets à 0 avant que Wawrinka n’égalise avant la dernière manche).

Une photo pour l’histoire du miracle de Melbourne (crédits : Reuters)

Et comme dans les suites d’un jeu vidéo, le boss final n’est autre que Rafael Nadal. Une affiche de rêve qui va accoucher d’une finale d’anthologie au niveau de jeu rarement atteint. 5 sets, 3 heures et demi de grand spectacle pour une victoire finale suisse (6-4, 3-6, 6-1, 3-6, 6-3) qui illustre parfaitement la carrière du Maestro. Capable d’atteindre un niveau de jeu exceptionnel et ce même lorsqu’on l’attend pas. Une renaissance pour lui qui marque le début d’un nouveau souffle dans sa carrière, et peut-être la plus belle victoire de sa carrière.

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