Bundesliga : le baromètre de la 10e journée

Ce week-end, il a beaucoup été question des championnats anglais, espagnol, et français pour leurs affiches alléchantes. Mais en Allemagne nous a été offert deux chocs inattendus ainsi que d’autres matchs palpitants. Retour sur cet important moment de la saison en Bundesliga.

Le buteur de l’Union Janik Haberer congratulé par ses coéquipiers (source : Sportschau)

Un week-end de foot allemand haut en couleurs

Ce samedi 15 octobre s’est d’abord montré riche en buts et en rebondissements après le traditionnel match du vendredi opposant Hoffenheim et Schalke (3-0). Un score prolifique ayant inspiré le multiplex avec pas moins de 17 buts en cinq rencontres. Cinq, comme le nombre de « Tore » le soir-même entre le RB Leipzig et le Herta Berlin (3-2). Le dimanche, même résultat pour Cologne contre Augsbourg avant les deux matchs tant attendus : Union Berlin-Dortmund (2-0) et Bayern Munich-Fribourg (5-0)

L’Union confirme contre les grands

Personne ne l’aurait parié au lancement de notre chère et tendre Bundesliga : le leadership de l’Union Berlin après dix matchs. Le club de l’est de la capitale aurait pu être de ceux qui ne connaissent les sommets que l’histoire d’une journée. Pourtant, ils ont bataillé sans relâche pour rester au coude-à-coude avec les têtes du championnat, sont parvenus à recouvrer la première place et à la préserver. En disposant de Dortmund, toujours favori pour la Champions League et outsider pour le titre, les Eisernen (« hommes de fer ») peuvent encore croire en leur rêve.

Depuis leur montée historique dans l’élite en 2019, l’Union a réussi la lourde tâche de se maintenir et de pérenniser au plus haut échelon. Plus, elle est parvenue à se qualifier en coupe d’Europe dès sa seconde année à ce niveau pour la nouvelle Conference League (C4). Malheureusement, le parcours s’avéra très décevant, pas à la hauteur de la belle saison 2021-22 avec une progression matérialisée par une qualification pour l’Europa League (C3). Les Berlinois y sont d’ailleurs en course pour les phases finales.

Contre Dortmund, les rouges et blancs ont profité de l’ambiance incandescente de leur antre die alten Försterei (« la vieille maison forestière »), laquelle a potentiellement perturbé le gardien du BVB Gregor Kobel, auteur d’une bourde monumentale. Bénéficiant d’une passe en retrait, il glisse et laisse échapper le ballon à Janik Haberer. Plus tard, le milieu allemand inscrira un doublé sécurisant la victoire pour les hôtes. Un coup opportun après le nul contre le Bayern. L’Union pointe désormais à 4 points du dauphin.

Le Bayern se ressaisit

On les attendait, après une série catastrophique de quatre matchs sans victoire dont une première défaite contre Augsbourg. Depuis, une large victoire aux dépens de Leverkusen et de son ex-coach Gerardo Soane, un nul frustrant au Westfalenstadion des jaunes et noirs, et récemment cet éclatant match face à l’autre underdog de Bundesliga : Fribourg. Le club de la forêt noire restait sur cinq succès de rang (dont deux face à Nantes en C3). Au terme d’une partie maîtrisée, les Bavarois se sont redonné confiance.

Le buteur Eric-Maxime Choupo-Moting et Mazraoui, symboles d’un Bayern où les superstars ne sont pas légion mais où chaque joueur a son importance (source : Eurosport)

Au total, cinq buteurs différents, témoin de la grande diversité de l’effectif du technicien Julian Nagelsmann. Le Bayern a fait parler son armada offensive en frappant 18 fois au but, pour six seulement du côté des Fribourgeois. In fine, Munich n’est à peine qu’au tiers de sa saison et aura amplement les moyens de mener à bien son ascension vers le titre, doté d’un groupe et d’une profondeur de banc taillés pour la première place, contrairement à leur surprenant antagoniste de l’Union.

Une farmer league, vous disiez ?

La simple présence de l’Union Berlin, 17e et avant-dernier budget de Bundesliga, prouvait que l’argent ne faisait pas la grandeur d’un club allemand. Certes, le Bayern est hégémonique depuis dix ans avec des moyens financiers colossaux, mais aujourd’hui les cartes sont rebattues dans un championnat qui semble en mutation. La dernière finale de coupe opposait le club sorti ex-nihilo Leipzig et un autre émergeant, le SC Freiburg. Ces derniers s’arrogent une place au sein des meilleurs d’Allemagne.

En outre, le spectacle proposé par les équipes peu importe leur situation au classement tend à conférer un caractère spectaculaire et palpitant à ce football tant sous-estimé. 37 buts ont été recensés dans cette 10e journée, alors que la « Bundes » ne compte que 18 équipes et donc 9 matchs par week-end. Hormis la la légère avance de quatre points du leader, c’est le même chiffre qui sépare le dauphin bavarois du dauphin Mayence possédant 15 points.

37 buts : record de but cette saison

Dans les faiblesses subsistent tout de même Bochum qui peine à se pérenniser dans cette Liga 1 et Schalke, club iconique mais en reconstruction qui devra un peu attendre avant de connaître la stabilité, même si leur maintien est loin d’être inenvisageable.

Le dernier de la zone rouge, le Bayer Leverkusen, lourdement puni par l’Eintracht Francfort, s’imprègne du néophyte entraîneur Xabi Alonso et espère remonter vite la pente. Avec de tels joueurs, on ne s’inquiète pas pour la formation rhénane.

Voilà quelques arguments démontrant que le championnat allemand, même sous la contrainte d’un calendrier effréné et d’un passif accréditant la thèse d’une ligue sans suspense, est digne d’être suivi, et de très près. Nous ne sommes encore qu’au balbutiement de cet exercice 2021-22, et le verdict n’a pas encore été donné, pour notre plus grand bonheur.

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