5e journée de C1 : le (bon) bilan des clubs allemands

La Bundesliga est le championnat le mieux représenté avec cinq clubs dans cette édition de Champions League, et ce quota n’est pas usurpé. Aucune défaite ; deux nuls et trois victoires contre des équipes redoutables à un momentum décisif de la compétition.

Thomas Müller, toujours présent pour terrasser Barcelone, et Sadio Mané, premier buteur du Bayern hier (source : Frome Bavarian Football Works)

L’Allemagne à la fête


A ce rythme-là, le record de 1980 sera réédité, en mieux ! Lors des demi-finales de la coupe UEFA amorçant la pénultième décennie du siècle dernier, quatre clubs tudesques se sont affrontés dans le dernier carré : Stuttgart, l’Eintracht Francfort, le Borussia Mönchengladbach et le Bayern Munich. Cette performance, dans la version bon marché de la Coupe d’Europe des clubs champions, avait déjà était soulignée par la presse outre-Rhin.

Quarante-trois ans après, la République fédérale allemande, entre temps réunifiée, est en bonne voie pour égaler sinon dépasser cet exploit. Pas seulement car un club de l’Est est en lice pour s’ajouter aux compétiteurs (Leipzig fait partie des cinq clubs des phases de groupe, mais s’est qualifiée via le processus traditionnel du championnat), mais parce qu’il est question ici de LA compétition majeure, la C1. Toutes ces équipes en quarts serait exceptionnel, mais que dire si quatre d’entre eux se hissent en demies ?!

La finale de la coupe UEFA de 1980 Francfort-Mönchengladbach, ayant disposé du Bayern et de Stuttgart (source : UEFA)

Malgré ce scénario hautement improbable, les clubs de « Buli » se sont donné les moyens d’y songer lors des soirées de avant- et hier. Mardi, Dortmund a tenu tête à la bête (blessée) Manchester City et le club saxon de Red Bull est venu à bout du champion en titre le Real Madrid. Mercredi, Leverkusen a ramené un point miraculeux du Wanda Metropolitano, Francfort et le Bayern ont dégouté le Marseille et le Barça.

Jeudi soir, l’Union Berlin s’est rattrapée en C3 de son faux pas en championnat contre Braga (1-0), tandis que Fribourg, déjà qualifiée, s’est vu neutralisé par l’Olympiakos. En Conference League (C4), Cologne a vaincu le Slovacko ce midi après un report dû aux conditions météorologiques. Peu de probabilité de retrouver quatre clubs allemands ou plus en Ligue Europa ou en Conférence, mais une vraie possibilité d’assister à la sortie de poules de tous les représentants du football noir, rouge, et doré.

Les matchs (pas si) nuls pour les clubs en difficulté

Commençons par le Bayer Leverkusen : Trustant les bas-fonds du classement de Bundesliga depuis le début de la saison, les Rhénans ont eu un léger sursaut d’orgueil à la suite de l’éviction précoce de leur coach de l’année dernière et l’arrivée du novice Xabi Alonso. Comme à l’aller, la Werkself a escamoté ses démons nationaux pour faire parler leur ADN européen en inscrivant deux but, cependant l’Atlético Madrid l’a rejoint au score par deux fois, et aurait pu prendre l’avantage à la dernière minute.

Pendant le temps additionnel, les Colchoneros ont bénéficié d’un pénalty que le premier buteur du match, Yannick Ferreira Carrasco, a manqué car parfaitement repoussé par le gardien providentiel Lukas Hradecky sur un madrilène qui expédie cette fois le ballon sur la barre. Un autre reprend le cuir, lequel finit dévié à l’extérieur du cadre au terme d’une situation dramatique surréaliste. Le B04 préserve ses chances de se voir reversé en Europa League, comme l’Atlético qui dit adieu à ses rêves de huitièmes.

Le pénalty arrêté par Leno (source : Eurosport)

Le Borussia Dortmund, quant à lui, accueillait Manchester City et son ancienne star Erling Haaland. Alors que les deux parties s’étaient quitté en bons termes, les retrouvailles sont demeurées dans le même état d’esprit. Pourfendeur des « Schwarz- Gelben » à l’aller, le Norvégien a cette fois épargné ses ex-coéquipiers dans un match assez équilibré mais dont la neutralisation arrange finalement les duellistes. Décevant 5e de Bundesliga, le BVB se qualifiera selon toute vraisemblance pour la prochaine étape de C1.

Les victoires pour les clubs en forme

Dans une situation analogue à Lerverkusen, le RB Lepizig a connu un début d’exercice compliqué avec également un changement d’entraîneur. Les résultats s’améliorent sensiblement et substantiellement pour les hommes de Marco Rose, au point de vaincre l’excellent Real Madrid 3 à 2 au terme d’un match plein de suspense. Les Merengue n’avaient plus grand chose à jouer, au contraire des « taureaux » qui ont bien fait de se donner de l’air avant la rencontre cruciale contre le Shaktar Donetsk la semaine prochaine.

Nous en parlions sur notre site, l’Eintracht Francfort nous surprend de plus en plus. Auteur d’un début de saison préoccupant symbolisé par l’écrasante défaite 6-1 face au Bayern, le club de Hesse s’est repris et occupe désormais la 4e place de Bundesliga. Il a de nouveau battu l’Olympique de Marseille et pourrait obtenir son billet pour les huitièmes de finale en cas de victoire contre le Sporting Lisbonne mardi. Un destin inattendu mais fort probable tant cette formation a pris de la consistance dernièrement.

Enfin, le Bayern Munich a décidément retrouvé des couleurs en traumatisant une énième fois Barcelone. Même si les Blaugrana savaient d’emblée qu’ils disputeraient la Ligue Europa à cause de la victoire du concurrent intériste en début de soirée hier, ils comptaient bien faire avaler cette désillusion contre leur tortionnaire depuis dix ans. Mais les Bavarois ont encore fait parler leur solidité et leur efficacité.

Sept tirs cadrés à zéro, un but de Sadio Mané en recherche de confiance dans les grands rendez-vous, un autre de Choupo-Moting qui se révèle être bien plus qu’une simple doublure, bien servi par le passeur décisif du dernier but, Serge Gnabry, qui offrit un troisième but de prestige à notre Français Benjamin Pavard. Le Bayern se ressaisit de semaine en semaine et, toujours invaincu en Ligue des Champions, compte bien continuer sa formidable série jusqu’à la fin.

Un succès à tous les niveaux


Comme si deux jours ne suffisaient pas, le troisième jour de coupe d’Europe de la semaine a été l’occasion de poursuivre la série d’invincibilité hebdomadaire des clubs allemands. L’Union Berlin a assuré l’essentiel en s’imposant sur la plus petite des marges face aux Portugais du Sporting Braga, grâce à un pénalty de Robin Knoche, après un match costaud. Le leader surprise de la « Bundes » passe deuxième de son groupe (9 points) et devra faire match nul à l’ultime journée pour conserver sa seconde place dans le groupe, car la Royale Union Saint-Gilloise restera en tête avec ses 13 points.

Nous passerons sur Fribourg qui n’avait plus rien à jouer dans son groupe et qui finira premier pour évoquer le cas de Cologne. Le brouillard qui s’est abattu en Slovaquie au moment du match n’était pas cette fumée nauséabonde et immatérielle qui a sévi lors du déplacement à Nice : les violents affrontements entre supporters azuréens et rhénans. Le match a repris ce midi après son interruption en cours de jeu hier soir, les colonais s’imposant également sur un pénalty, tardif, qui maintient les espoirs des Allemands pour la prochaine journée où ils retrouveront les Niçois, co-leaders aux côtés du Partizan Belgrade .avec un seul point de plus

Bien que le favori se dessine en C1 – le Bayern – , les représentants allemands ont une belle carte à jouer cette année dans l’ensemble des compétitions. La qualification des cinq clubs en lice en Champions et des trois en Europa reste possible, et ce fait sonnerait déjà comme un exploit pour ce pays dont la culture et le niveau footballistique ne sont pas assez reconnus à notre goût. Faites vos jeux, moins bien ou mieux que 1980 ?

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