Osasuna – FC Barcelone (1-2) : Le Barça au forceps

Dans une rencontre qui n’a rien eu d’une partie de plaisir, les Catalans ont fait preuve de courage et d’abnégation pour finir par décrocher la victoire en fin de match. Retour sur une partie mouvementée, qui s’est finalement bien terminée pour les Blaugrana.

Les catalans peuvent exulter : ils ont fini par s’imposer dans un match où ils semblaient mal embarqués. (Barca Universal)

Garder le cap

Voilà comment on aurait pu résumer en trois mots l’intérêt de ce match pour le FC Barcelone : Garder le cap. Nouveaux leaders du championnat espagnol depuis la défaite du Real face au Rayo Vallecano (2-3), les « Blaugrana » étaient assurés de rester aux commandes en cas de victoire face à Osasuna. Et même si les « Rojillos », surprenants sixièmes de Liga après leur meilleur début de saison en Liga depuis l’exercice 2005-2006, avaient sûrement l’intention de ne pas se laisser impressionner, ce sont bel et bien les barcelonais qui faisaient office de favoris à Pampelune, dans un stade où ils n’ont plus connu la défaite depuis février 2012.

Retard à l’allumage

Mais le Barça est maladroit dans les premières minutes de la rencontre, à l’image de Sergio Busquets, imprécis, bousculé, chahuté, et qui a trop souvent mis sa défense dans l’embarras au cours du premier acte. C’est d’ailleurs Busquets, à la suite d’un contrôle hasardeux, qui oblige sa défense à concéder un corner tôt dans le match. Et ce corner, les barcelonais vont le payer très cher : Ruben Garcia trouve un autre Garcia (David), qui place impeccablement sa tête, et trouve la faille de la meilleure défense de Liga dès la 5ème minute de jeu. La défense catalane est restée presque figée, croyant que ce but allait être annulé du fait de l’approche style « bulldozer » d’Unai Garcia (oui, encore un), venu percuter violemment Marcos Alonso, qui a embarqué le malheureux Christensen dans sa chute. Mais M. Manzano, arbitre de ce match, ne veut rien savoir : le but est accordé, au grand dam d’un Xavi plus que perplexe sur le banc de touche.

Pas de but, peu d’occasions, et une expulsion dès la demi-heure de jeu : Un match à oublier pour Robert Lewandowski. (Le Parisien)

Et ce coup du sort fait mal dans les têtes catalanes : Malgré le fait qu’il remette aussitôt le pied sur le ballon après l’ouverture du score (62 % de possession en première période) le Barça peine à se créer de vraies occasions, malgré un Ousmane Dembélé inspiré, qui fait mal sur son côté droit par ses dribbles, son travail de perforation des lignes, et sa faculté à changer le rythme dès qu’il touche le ballon. Frenkie de Jong et Pedri sont eux aussi en jambes, comme en témoigne leurs tentatives incessantes d’apporter du soutien à un Robert Lewandowski qui n’a que trop peu l’occasion de se mettre en évidence, à l’exception d’une tentative bien bloquée par Aitor Fernandez, à la 22ème minute de jeu.

Mais l’histoire n’en reste pas là : A la 30ème minute, Robert Lewandowski charge brutalement David Garcia en voulant récupérer le ballon. Cet excès d’engagement fait qu‘il obtient un deuxième carton jaune, synonyme d’expulsion. Les « Blaugrana » se retrouvent condamnés à jouer à 10 pendant une heure, et en plus, ce carton n’arrange en rien les affaires d’un Barça qui avait déjà de la peine à se montrer réellement dangereux depuis le début du match, et qui perd de surcroit un atout de taille sur le plan offensif.

Les Catalans regagnent donc les vestiaires menés au score, par une équipe d’Osasuna qui a su tirer profit de la fébrilité barcelonaise en défense, et aussi de leur frustration : A trop vouloir expliquer sa façon de voir les choses à M. Manzano, Piqué réussit le petit exploit, pour le dernier match de sa carrière, de récolter un carton rouge sans même être entré en jeu. Un fait divers qui ne résume que trop bien ses dernières années sous le maillot « Blaugrana ».

Voir aussi : Gérard Piqué, l’adieu d’un amoureux de Barcelone

Docteur Blaugrana et Mister Barça

Mais c’est avec des intentions bien différentes que le Barça revient sur la pelouse d’El Sadar pour cette deuxième période : Le but refusé pour hors-jeu de Ferran Torres dans le temps additionnel de la première période, a montré que cette équipe d’Osasuna n’avait rien d’infaillible, et les barcelonais s’en souviennent parfaitement : Ils reviennent mieux dans ce second acte, et vont très être vite récompensés : à la 48ème, Jordi Alba, qu’on avait trop peu vu jusqu’ici, déborde côté gauche et centre pour Ferran Torres.

Pedri a remis Barcelone sur les bons rails, en égalisant dès le début de la seconde période. (L’équipe)

La défense « Navarra » neutralise bien le jeune attaquant espagnol, mais oublie Pedri, qui profite d’un dégagement maladroit pour conclure. Si c’est le côté droit Balde-Dembélé qui crevait l’écran en première période pour les Catalans, c’est le côté gauche Alba-Pedri qui s’illustre ici pour permettre au Barça de revenir dans la partie.

En effet, le visage qu’arbore Barcelone en deuxième période est radicalement différent : suite à l’expulsion de Lewandowski, Xavi troque son 4-3-3 pour un 4-4-1, avec Pedri qui passe côté gauche, un milieu De Jong-Busquets, et Ferran Torres seul en pointe. Ce changement de dispositif semble faire beaucoup de bien à la défense catalane, qui semble plus sereine, mais aussi à l’équipe toute entière, moins fébrile, et qui résiste mieux à son adversaire, ce qui fait que les débats s’équilibrent dans le second acte de cette partie. Cependant, le Barça a tout de même encore un peu de mal offensivement, avec un Ferran Torres qui souffre de son isolement sur le front de l’attaque.

Un succès inespéré

Sentant que son équipe commence à accuser le coup physiquement du fait de son infériorité numérique, et voyant les « Rojillos » s’approcher dangereusement du but gardé par Ter Stegen, Xavi fait le choix de revitaliser son onze en profondeur : au milieu de terrain, De Jong bascule en défense centrale, alors que Christensen, touché, cède sa place à Gavi. Quant à l’attaque, Dembélé et Ferran Torres sont remplacés respectivement par Raphinha et Ansu Fati.

Un coaching qui va s’avérer gagnant pour le technicien espagnol : 6 minutes après son entrée en jeu, Raphinha est trouvé par de Jong sur une merveille de passe lobée, qui passe au-dessus de tout le bloc d’Osasuna. Parti à l’extrême limite du hors-jeu, l’attaquant brésilien conclut l’action avec un lob parfait de la tête, qui ne laisse aucune chance à Aitor Fernandez. Les locaux, piqués au vif, jettent alors leurs dernières forces dans la bataille pour tenter de recoller au score, en vain : Barcelone s’impose deux buts à un, en infériorité numérique, au terme d’une rencontre où presque personne ne les voyait gagner 45 minutes plus tôt.

Avec ce succès obtenu au courage, les hommes de Xavi sont sûrs et certains de conserver leur fauteuil de leader pendant la trêve due à la Coupe du monde, et mettent provisoirement 5 points d’écart entre eux et le Real, qui jouera jeudi soir face à Cadix. La reprise du championnat post-Mondial aura lieu le 31 décembre pour le FC Barcelone, date à laquelle les Catalans recevront l’Espanyol, pour le « Derbi barcelonés ».

La lumière est venue de Raphinha, qui a donné la victoire au Barça dans les dernières minutes du match. (RMC Sport)

Osasuna peut avoir des regrets suite à cette défaite : les « Rojillos » n’ont probablement pas assez profité de leur supériorité numérique, et malgré de nombreuses occasions, ils ont eu du mal se montrer réellement dangereux pour doubler la mise (15 tirs, dont seulement 3 cadrés), et se sont ainsi fait surprendre en fin de match. Avec ce revers, Osasuna reste sixième, mais s’expose au retour de ses concurrents directs, comme la Real Sociedad ou le Rayo Vallecano. Les « Rojillos » disputeront quant à eux un dernier match avant la trêve le 12 novembre dans le cadre de la Coupe du Roi, face au CD Fuentes (D6), et feront également leur rentrée le 31 décembre, face à la Real Sociedad.

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