Coupe du monde : Une Espagne en mode outsider

Sacrée en 2010 puis humiliée en 2014, la Roja semble avoir terminé sa phase de transition entamée après l’Euro 2016. Plus de Ramos, Pique, De Gea, Silva ou autre grands noms de la sélection espagnole. Depuis l’Euro 2020, c’est une équipe jeune qui reçoit la confiance de Luis Enrique. Est-ce enfin le moment pour confirmer et impressionner le monde pour l’Espagne ?

Nouveaux joueurs, même ADN

Aujourd’hui à la septième place du classement Fifa, l’Espagne souffre de deux dernières coupes du monde catastrophique avec un échec en poules en 2014, et une élimination dès les huitièmes de finale face à la Russie en 2018. Depuis les années 2000, la formule de la réussite espagnole n’a pas changé : du jeu collectif, basé sur de la possession et de la technique. Ce modèle calqué sur la philosophie barcelonaise a été adopté dans quasiment toutes les équipes de la Liga (n’est ce pas monsieur Simeone ?).

Même si les compétitions post Xavi/Iniesta ont été compliquées, la volonté n’a jamais changé et les centres de formation ce sont occupés de travailler pour préparer les jeunes à correspondre à ce jeu là. C’est grâce à cette osmose sportive que des joueurs comme Gavi, Pedri, Fati, Rodri ou encore Pau Torres ont pu monter en puissance dans leur club respectif et s’imposer comme les leaders technique de cette sélection, dont le succès repose essentiellement sur leurs épaules.

Luis Enrique a su construire un groupe à sa façon, non pas sans polémique. Si les absences de Ramos ou De Gea font tâches pour certains, le technicien catalan lui reste fidèle à ses principes. La priorité en Espagne est donnée à la technique, c’est donc pour cette raison qu’il ne sélectionne seulement des joueurs capables de participer au jeu. Ce qui explique également l’absence de Iago Aspas, et la présence d’un seul vrai buteur en la personne d’Alvaro Morata.

La confiance en Luis Enrique

Depuis sa nomination à la tête de l’équipe, Luis Enrique réalise un sans faute. Seulement cinq défaites et un échec aux pénaltys face à l’Italie en demi-finale de l’Euro. Une demie qui a été largement dominée par les Espagnols, mais qui ont payé leur manque de réalisme face aux cages. Une réécriture de l’histoire n’est évidemment pas le sujet, mais qui sait ce qui aurait pu se passer avec un Morata plus précis. L’Espagne aurait peut-être pu remporter un nouvel Euro.

Performante en phase de qualification avec 19 points sur 24 possibles, la Roja peut compter sur une défense solide et son contrôle des ballons. Depuis l’Euro, elle ne compte que trois défaites, dont une contre la France en finale de Nations League avec un bilan de 10 buts encaissés pour 25 marqués.

Pour ce mondial, il ne serait pas étonnant une nouvelle fois de retrouver une équipe dominante, ambitieuse et déterminée. Portée par la fougue du duo Gavi/Pedri, cette équipe, certes peu expérimentée en comparaison avec d’autres têtes d’affiches, l’Espagne pourrait rapidement se positionner en tant que dark horse de la compétition. Leur maîtrise du ballon et leur intelligence en fait d’office une équipe à éviter. Pourtant sans grande star offensive, c’est aussi ce qui fait la force de cette équipe : le danger vient de partout.

Après des épreuves compliquées dans sa vie privée, le sélectionneur espagnol est l’homme de la situation pour sa nation. (Credit Photo – Icon Sport)

La formation envisagée : Une équipe tournée vers le but

Alors qu’un milieu composé de Rodri, Gavi et Pedri semble être le plus logique, et qu’une charnière Laporte/Torres compose une des meilleures paires de la compétition, la ligne d’attaque elle est plus incertaine. Quatre noms devraient se disputer les trois places offensive pour l’Espagne. L’avantage le plus certain se place du côté de Ferran Torres. Très performant avec la sélection lors des derniers rassemblements, l’ailier du F.C Barcelone monte en puissance depuis quelques semaines. Il donne aussi la possibilité d’être aligné à gauche, en pointe et à droite, ce qui lui donne forcément plus de chances.

Pour l’accompagner, Morata devrait être choisi en tant que buteur reculé. Malgré une finition moyenne, il est surtout un joueur capable de créer pour les autres tout en servant de pivot également. Complet dans tous les secteurs d’attaque, il est également une menace aérienne capable de réceptionner les centres de la tête. Ansu Fati et Asensio se battront pour la dernière place à l’aile. Si aucun des deux n’est titulaire en club, Fati part légèrement en tête grâce à sa complémentarité et sa complicité avec les nombreux barcelonais de l’équipe.

Le joueur à suivre : Pedri, l’avènement?

La compétition pour enfin passer dans la cours des grands ? (Credit Photo – Icon Sport)

Privé de grand match européen avec le F.C Barcelone, Pedri aura forcément les crocs sur ce mondial. Déjà éblouissant lors de l’Euro 2020, et ce après une très longue saison en club, il arrivera cette fois-ci au Qatar avec les jambes fraîches.

Souvent cité aux côtés de Bellingham ou en Musiala parmi les meilleurs « cracks » à son poste, il a l’occasion parfaite de mettre fin aux débats et se dresser comme l’un des meilleurs du monde en relayeur, voire le meilleur.

Objectif dernier carré pour une génération d’affamés

Pour progresser, il ne faut pas avoir peur de viser haut. Assez épargné par les blessures au contraire d’autres nations, l’Espagne se rend dans le désert Qatari sans aucune pression. Si un ticket en quart de finale serait suffisant pour considérer la compétition comme réussie, une fois arriver à ce stade là il ne faut pas s’en satisfaire. La mentalité de tueur des jeunes espagnols aura de quoi les porter peut être plus loin que prévu, en tout cas, c’est ce qu’espère toute une nation qui rêve de retrouver sa place tout en haut du football mondial.

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