Sebastian Vettel, le meilleur prime de l’histoire de la F1 ?

Sebastian Vettel ne sera plus pilote de Formule 1 au soir du Grand-Prix d’Abu Dhabi dimanche. Même si sa fin de carrière laisse à désirer, il a dominé la formule 1 de la tête et des épaules entre 2010 et 2013 avec à la clé quatre titres de champion du monde. Cela fait-il de lui le pilote qui a atteint le plus haut niveau de compétitivité ? Eléments de réponses.

Sebastian Vettel après chaque pole et chaque victoire

Sebastian Vettel après chaque pole position et victoire @Augsburger Allgemeine

Les stats de Baby Schumi sur la période 2010-2013

Evidemment Sebastian Vettel c’est quatre titres de champion du monde en quatre ans. Si on se plonge un peu plus dans les stats en course et en qualifications, on obtient 40 pole positions, 34 victoires et 53 podiums pour seulement 7 abandons en 77 courses. Tout simplement monumental.

On peut rajouter à cela un total de points marqués de 1326 sur la période. Ce qui est équivalent à quasiment 70% de points marqués sur l’ensemble du total de points attribués lorsque l’on finit premier à toutes les courses. Sur la période certains chiffres sont plus importants que d’autres comme les neuf victoires d’affilée en 2013 entre le Grand-Prix de Belgique et le Grand-Prix du Brésil ou encore les quinze pole positions sur l’ensemble de la saison 2011.

La domination de l’Allemand est évidemment visible dans les stats où l’on voit qu’il a surdominé ses adversaires. Cependant on peut diviser la période de domination en deux parties. Les saisons 2010 et 2012 où Vettel a gagné mais pas forcément dominé et les saisons 2011 et 2013 où l’Allemand a littéralement détruit ses adversaires sans leur laisser la moindre chance.


Sebastian Vettel signant la 40e pole de sa carrière à Monza

Saisons 2010, 2012 et le titre qui s’est joué dans le dernier Grand-Prix

Lors de la saison 2010, Sebastian Vettel n’est pas champion du monde et pour la première fois de sa carrière, a la voiture pour se battre pour le titre. Face à lui s’oppose Alonso, son coéquipier Webber et Hamilton. Même si Vettel a un nombre de pole positions assez conséquent avec dix poles, sa saison n’est pas réellement impressionnante car à deux courses de la fin il est quatrième du championnat avec 25 points de moins que Fernando Alonso. Pour devenir champion du monde il lui faut l’aide de Vitaly Petrov qui bloque Alonso et Webber pendant plus de la moitié de la course lors du dernier Grand-Prix à Abu Dhabi.

En 2012, la monoplace de Vettel est bonne mais pas fiable, sans pour autant être au niveau de la Mclaren de Lewis Hamilton et Jenson Button. A l’inverse la Ferrari d’Alonso est un tracteur mais qui lui est fiable. Cette saison n’est pas dominée par Vettel, jusqu’au moment où arrive la tournée asiatique. À ce moment-là Vettel devient intouchable et remporte les quatre courses asiatiques. Il réalise une dernière remontée après un contact avec Bruno Senna pour remporter son troisième titre de champion du monde sous la pluie battante d’Interlagos.

Ces deux saisons de Vettel se ressemblent sur certains points. Le premier, est que la Red Bull ne disposait pas d’un avantage conséquent face aux autres monoplaces, la Ferrari et la Mclaren étant plus ou moins au même niveau. Le deuxième, ce sont les erreurs réalisées par l’Allemand lors des deux saisons, avec l’accident en Turquie en 2010 avec son coéquipier ou les pénalités évitables qu’il a pris lors de la saison 2012. Enfin, en 2010, on peut noter que Vettel n’a pas dominé son coéquipier alors que Webber n’a jamais été considéré comme un excellent pilote.

Saisons 2011, 2013 et une domination sans partage

Avec son premier titre de champion du monde, Sebastian Vettel écrase la saison 2011. Il gagne six des huit premières courses et termine sur le podium à 17 reprises sur 19 courses. À noter qu’il n’y a qu’un seul abandon, à Abu Dhabi, sur une crevaison dans le premier tour alors que le pilote Allemand était en tête. Lors de cette saison il n’a pas d’adversaire et son plus proche poursuivant, Button est relégué à 122 points de l’Allemand.

La saison 2013, ressemble à la saison 2011 dans la domination. Néanmoins elle est moins impressionnante en début de saison, où le pilote Red Bull a laissé quelques victoires à Raikkonen, Alonso ou encore Rosberg. C’est la fin de saison qui est incroyable avec neuf victoires sur les neuf dernières courses. Cette performance est due à la voiture, certes, mais également à un changement dans la composition du pneu par Pirelli qui passe d’une ceinture en acier à un pneu avec une structure en kevlar. Son titre est remporté avec 155 points d’avance sur Fernando Alonso.

La domination de Vettel lors de ses deux saisons a dégouté plus d’un fan de Fernando Alonso ou de Lewis Hamilton. Pendant ces deux saisons l’Allemand paraissait seul sur sa planète avec une voiture parfaitement faite pour lui. On peut prendre comme exemple les deux abandons qu’il a eus sur l’ensemble de ses deux saisons. Son week-end à Singapour en 2013, où le natif d’Heppenheim a terminé avec trente secondes d’avance et a obtenu la pole position de son garage.

Enfin c’est l’attitude de Vettel qui faisait peur à ses adversaires, un robot qui voulait juste gagner les courses les unes après les autres. Un phrase dite par l’Allemand explique sa mentalité face à ses adversaires « I was racing, i was faster, i passed him, i won », en parlant de Webber après le Grand-Prix de Malaisie 2013.

L’avis du Club 115 : Possiblement dans l’histoire moderne de la F1

Pour rappel, la domination réelle de Vettel s’est effectuée sur deux années 2011 et 2013. Sur ces deux années le pilote Allemand était réellement intouchable. D’abord par les stats comme expliqué plus haut et ensuite dans l’impression donnée sur la piste où le pilote Allemand prenait rapidement une avance de quelques secondes dès le premier tour tellement il était au-dessus.

Mais pour se donner une idée, il faut comparer avec les autres champions qui ont dominé l’air moderne de la Formule 1, à savoir Michael Schumacher et Lewis Hamilton. Par rapport à Michael Schumacher, on peut comparer l’esprit de vouloir gagner chaque course et la domination pendant les saisons 2002 et 2004. À noter que les performances entre les voitures dans l’ère Vettel étaient plus proches que lorsque Schumacher a remporté ses titres au début des années 2000.

Pour Lewis Hamilton, la comparaison est plus difficile car l’esprit entre les deux pilotes n’était pas le même. Vettel ne laisse rien à ses adversaires alors que le Britannique peut avoir une course dans l’année où il n’est pas dans le rythme. Néanmoins, Hamilton est possiblement un pilote plus réfléchi que ne l’était Vettel. En effet, le pilote Mercedes construit ses courses alors que pour le quadruple champion du monde l’objectif était d’être en première position dès les premiers tours de course.


La dernière victoire de Vettel avec Red Bull lors du Grand-Prix du Brésil 2013 @Gettyimages

Pour en savoir plus sur Sebastian Vettel, je vous laisse lire le portrait du numéro 5 qu’a fait ma coéquipière en cliquant ici.

Jean-Baptiste Fournier

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