Previews de la Coupe du monde : le Mexique veut briser le sortilège

Malgré le fait qu’il n’ait plus manqué un Mondial depuis 1990, et qu’il ait atteint par deux fois les quarts de finale, le Mexique reste aujourd’hui sur une triste série de 7 éliminations en huitièmes de finale consécutives. « El Tri » a-t-elle les armes pour rompre la malédiction cette année ? On fait le point dans cet article !

Le Mexique va-t-il briser le plafond de verre cet hiver ? (Icon Sport)

Introduction

C’est un temps que les moins de vingt-ans (et beaucoup d’autres) ne peuvent pas connaître : Le 21 juillet 1986, le Mexique, alors pays hôte de la compétition, s’inclinait pour la deuxième fois de son histoire en quarts de finale face à la RFA, future finaliste, après avoir emmené la sélection ouest-allemande jusqu’au tirs au but. Depuis cette date, et malgré le fait qu’ils n’aient manqué qu’un seul Mondial depuis (à cause d’une suspension par la FIFA), « El Tri » n’a jamais atteint les quarts, et s’est incliné sept fois de suite en huitièmes.

Pourtant, le Mexique est loin d’être une équipe négligeable sur le plan continental : Outre le fait que cette série témoigne malgré tout d’une admirable régularité (si on voit le verre à moitié plein), le Mexique a remporté 8 fois la Gold Cup entre 1986 et aujourd’hui, portant son total de titres remportés à onze, et faisant d’elle l’équipe la plus titrée de la compétition. De plus, à la date où paraît cet article, « El Tri » pointe à la 13ème place du classement FIFA, ce qui fait que le pays est aujourd’hui le représentant de la CONCAF le mieux classé.

36 ans après leur dernière apparition en quart de finale d’une Coupe du monde, les coéquipiers d’Andrés Guardado peuvent-ils rompre la malédiction cette année ?

La dynamique mexicaine

Après avoir disputé 17 matchs toutes compétitions confondues et amicaux compris en 2022 avant la Coupe du monde, on peut dire que les Mexicains ont plutôt bien négocié les éliminatoires (8 victoires – 4 nuls – 2 défaites), qu’ils ont terminé en fanfare avec 4 victoires sur les 6 derniers matchs, ce qui leur a permis de se classer 2ème de la poule unique des qualifications du Mondial dans la zone « Amérique du Nord, centrale, et Caraïbes », à égalité de points avec le Canada. Cependant, plus récemment, les hommes de « Tata » Martino ont eu plus de mal à enchainer les succès.

En effet, depuis la fin des éliminatoires, les Mexicains ont disputé 11 matches, pour un bilan plus mitigé de 4 victoires, 3 nuls et 4 défaites, leur dernier match en date s’étant soldé par une défaite face à la Suède. Plus inquiétant encore, « El Tri » s’est parfois illustrée dans le mauvais sens du terme, avec certains résultats qui ont laissé perplexes leurs suiveurs (0-0 face au Guatemala en avril, 1-1 face à la Jamaïque en juin, et 0-1 face au Paraguay en septembre).

Il va sans dire qu’il faudra absolument que le Mexique corrige les défauts qui lui ont fait obtenir ce genre de résultats décevants ces derniers mois si « El Tri » souhaite aller le plus possible dans ce Mondial qatari, et ainsi briser le mauvais sort dont elle est victime depuis trop longtemps.

Points forts et points faibles mexicains

Les 26 Mexicains convoqués pour ce Mondial. (Ledicodusport)

Pour ce Mondial, Gerardo Martino a misé sur l’expérience pour obtenir des résultats : Ainsi, l’inoxydable Guillermo Ochoa sera encore de la partie pour ce qui sera le cinquième mondial de sa carrière, tout comme le capitaine mexicain, « El Principito » Andrés Guardado. Ajoutez à cela quelques « vieux de la vieille » comme Hector Moreno ou Hector Herrera, et vous obtenez une belle brochette de joueurs déjà rompus aux joutes internationales, et qui pourra faire parler son expérience dans les moments difficiles,

Mais d’un autre côté, cette avalanche de vétérans côté mexicain, qui fait de la sélection mexicaine celle qui possède la moyenne d’âge la plus élevée du Mondial derrière l’Iran avec 28,5 ans, témoigne des difficultés du Mexique à renouveler durablement son vivier. En plus de cela, certains choix de Martino laissent dubitatifs : la non-sélection de Santiago Giménez, actuellement co-meilleur buteur de l’Europa League, ou de Diego Lainez, autre grand espoir du football mexicain, alors que Raul Jiménez, à peine remis d’une blessure à la hanche est dans les 26, soulève de nombreuses interrogations au pays.

La logique du sélectionneur mexicain apparaît ici comme celle d’une vision à (très) court terme pour tenter d’aller décrocher un beau parcours à tout prix dans ce Mondial, au risque de sacrifier quelque peu le début de la préparation du Mondial 2026, pour lequel le Mexique sera pays hôte : cette Coupe du monde semble donc être une sorte de quitte ou double pour « El Tri ».

Composition probable

Pour animer cette équipe mexicaine, Gerardo Martino devrait recourir à son habituel 4-3-3 : En effet récemment, hormis un bref passage au 5-4-1 en juin qui n’a pas vraiment fonctionné (défaite 0-3 contre l’Uruguay), celui qui fut l’entraineur du Barça le temps d’une saison n’a jamais lâché son système de jeu favori.

Peu de surprises à prévoir aussi dans le onze qui devrait débuter ce mondial : Dans les cages, « Memo » Ochoa, sauf blessure ou catastrophe, sera titulaire. En défense, la charnière Montes-Moreno devrait débuter la compétition, tandis que Jesus Gallardo sera en charge du couloir gauche et Kevin Álvarez du couloir droit.

Au milieu de cette équipe mexicaine, Luis Chávez devrait être titulaire, sûrement accompagné par Luis Romo et Carlos Rodríguez, les deux hommes les plus utilisés par Martino récemment. Il n’est toutefois pas impossible que « El Principito » Andrés Guardado ou Héctor Herrera viennent grapiller un peu de temps de jeu en cas de méforme d’un de ces trois hommes.

En attaque, Alexis Vega devrait être aligné sur l’aile gauche, pendant qu’Hirving Lozano devrait s’occuper de l’aile droite. Mais pour le poste de buteur, aligner d’entrée Raúl Jiménez, éloigné des terrains pendant 2 mois à cause d’une blessure, et qui n’a joué qu’une mi-temps depuis (face à la Suède, le 16 novembre) paraît un peu risqué. En attendant que l’attaquant des Wolves soit complètement rétabli, il est fort probable que la place revienne à Henry Martín.

Le joueur à surveiller : Guillermo Ochoa

A-t-on vraiment encore besoin de présenter Guillermo Ochoa ? Si le natif de Guadalajara possède une carrière en club quelque peu erratique (formé au Mexique, puis parti successivement pour Ajaccio, Malaga, Grenade et le Standard de Liège, avant de retourner dans son club formateur, le Club América) qui l’a souvent tenu éloigné des projecteurs, ses prouesses répétées dans les cages mexicaines depuis ses débuts lors de la Copa América 2007 ont achevé de bâtir son image de véritable « Capitaine Courage » de la sélection mexicaine

« Memo » sait sûrement que toute une nation comptera à nouveau sur lui cet hiver. (Getty Images)

Capitaine, « Memo » l’est de plus en plus souvent avec « El Tri », notamment lorsqu’Andrés Guardado se retrouve sur le banc et que le milieu du Betis Séville lui cède donc son brassard. Une marque de respect de plus de la part de sa sélection, dont il est le 6ème joueur le plus capé, et de son pays, où même un après-Coupe du monde 2010 un peu manqué, et une accusation de dopage au Clenbutérol finalement classée sans suite en 2011 n’ont pas réussi à entacher son image de légende vivante.

A 37 ans passés, le portier du Club América, qui disputera son cinquième Mondial cet hiver, devra à nouveau être au top de sa forme, car en l’absence de véritable « leader » en attaque, le parcours du Mexique risque de dépendre fortement de ses performances.

Le pronostic : 1/8èmes de finale

Après le tirage au sort des poules de ce Mondial, « El Tri » a été placée dans le groupe C, en compagnie de l’Argentine, de la Pologne, et de l’Arabie Saoudite. Si la bande à Leo Messi semble être favorite pour terminer en tête dans ce groupe, le duel sera sûrement plus serré entre Polonais et Mexicains pour le deuxième billet qualificatif pour la phase finale. Les deux équipes débuteront d’ailleurs leur compétition en s’affrontant directement : une sorte de match « à 6 points » pour l’entrée en lice de ces deux sélections.

En cas de qualification pour ces huitièmes de finale, « El Tri » se retrouverait opposée à une équipe du groupe D, composé du Danemark, de la Tunisie, de l’Australie, et de la France : les Mexicains pourraient ainsi être opposés aux champions du monde en titre dès le début de la phase à élimination directe. Et même en cas de tournoi raté des Bleus, tomber face au Danemark, autre favori du groupe ne serait pas synonyme d’un « tirage » plus clément, bien au contraire.

Même si le Mexique, déjà parvenu à sortir d’un groupe à la physionomie similaire il y a quatre ans, a le potentiel pour se hisser hors des poules, l’aventure risque de se compliquer par la suite, et ce dès les huitièmes de finale. Autant dire que briser la « malédiction » des huitièmes de finale ne sera pas une mince affaire. Les débuts d’El Tri sont donc prévus pour le 22 novembre, face à la Pologne (coup d’envoi fixé à 17 heures).

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