« Paroles de Supporters » – Les Fils de Besagne (RC Toulon)

« Paroles de supporters » est une série qui met à l’honneur les associations qui œuvrent toute la saison pour animer les tribunes et faire vivre leur club de cœur. Histoire, Valeur, Passion, Engagement. 14 équipes, 14 associations. Découvrez ceux qui définissent au mieux le mot « Supporter ».


Premier Episode : Le Rugby Club Toulonnais est le club ayant le plus grand nombre de groupe de supporter. Présentation de l’association Les Fils de Besagne par son président et co-fondateur Julien PERPERRE

  • Bonjour Julien, pour commencer, présentez nous votre groupe de supporters, Les Fils de Besagne, dont vous êtes l’un des co-fondateurs

Notre groupe a été créé en Septembre 2007 par 6 personnes. On se connaissait car on fréquentait déjà le stade Mayol. Certains étaient membres d’autres groupes de supporters. Pour recontextualiser, le RC Toulon était en Pro D2 (deuxième division) et Mourad Boudjellal arrivait à peine, donc on ne savait pas ce qui allait se faire. Par contre, on avait une vision commune de ce que doit être un club de supporter et on s’est dit « on fonce ».

  • Pourquoi le nom Fils de Besagne, ces drapeaux et le bateau en emblème ?

On cherchait un nom très identitaire et il n’y a qu’à Toulon que l’on peut s’appeler Fils de Besagne. C’est le quartier où se trouve le stade, on est très attaché à l’histoire du club, de la ville, de la région et de sa culture. Enfants, on allait tous au stade avec nos parents, et c’est cet esprit de famille que l’on souhaite faire perdurer. Pour les logos, les losanges rappelle les couleurs du RCT, et les deux emblèmes de la Provence. Concernant le bateau, Toulon est historiquement un port de guerre. Le navire représente un peu la piraterie et c’est lié à la réputation de « voyou » du club dans les années 80 dont nous avons hérité.

  • Qu’est-ce que vous vouliez apporter de différent ?

Notre groupe s’est créé sur plusieurs thématiques qui, 15 ans après, nous animent toujours. A l’époque, les clubs de supporters étaient surtout des amicales, des lieux où se rassemblaient les passionnés de rugby. On voulait animer le stade avec des tifos, des drapeaux, etc… C’était quelque chose de novateur. On a également structuré les déplacements et mis une certaine récurrence. On avait l’ambition d’être un club de supporters qui compte, qui a des convictions, qui les défend et qui porte une voix qui puisse se faire entendre dans un dialogue constructif avec la direction. Un des sujets avait été l’augmentation des tarifs d’abonnement.

  • Au-delà du coût, quelles ont été les conséquences de cette augmentation ?

Il y a ceux qui ont quitté le stade parce qu’ils ne pouvaient plus suivre, il y a ceux qui ont changé de tribune, finalement c’est Mayol qui a été changé. Avant, le cœur du Stade, c’était la tribune centrale Bonus. C’est de là que les chants partaient, que les plus fervents se retrouvaient. C’est notamment pour cette raison que l’on a été obligé de se délocaliser dans le quart de virage. On parle également de manque d’ambiance, de manque d’engouement dans le stade. C’est peut-être une autre conséquence


« Au moment du COVID… A quoi on servait ? A rien »


  • En termes de nombre d’abonné, quelle a été l’évolution de votre groupe ?

La première année, nous étions entre 80 et 100. Cette saison, on a 550 adhérents dont 20 personnes très actives au sein des 3 pôles de l’association, celui qui gère les déplacements, celui de l’animation pour les jours de match, et enfin celui qui s’occupe de l’organisation des évènements qui sont proposés tout au long de l’année

  • Quel est le prix d’une cotisation chez les Fils de Besagne ? Et à quoi cela donne droit ?

Pour les moins de 25ans, le montant est de 5€. C’est 12€ pour les autres. On a envie d’être un club de supporter qui parle à la jeunesse. On connait les problématiques financières des jeunes et on les prend en compte. Tous les adhérents sont conviés aux évènements organisés. Cette année, nous avons fait une soirée pour nos 15 ans, la dégustation du beaujolais, nous allons préparer l’épiphanie. Ce sont des moments importants de partage, de convivialité, et d’échange puisque nos parrains et/ou des membres du club participent également à ces évènements. De plus, un adhérant est prioritaire pour les inscriptions lors des déplacements.

  • Comment avez-vous géré la période COVID/Post-COVID ?

On existe grâce aux gens qui partagent la même passion donc après le COVID, on a repris assez rapidement nos marques. Les gens étaient contents de se retrouver physiquement. Cela s’est fait de manière très naturelle. Au moment du COVID, on s’est retrouvés du jour au lendemain avec l’impossibilité d’aller au stade, de se regrouper. A quoi on servait à ce moment-là ? A rien. On a cherché à savoir comment on pouvait continuer nos actions. On a fait des visios pour garder le lien, des échanges virtuels qui nous ont permis de se rassembler mais à distance. On a également décoré les tribunes pour montrer qu’on était toujours là.

  • Ce qui vous a valu quelques reproches lorsque vous ne l’aviez pas fait pour exprimer votre insatisfaction.

Parce que dans cette période-là, il y a eu des moments compliqués avec ce qu’il se passait sur le terrain donc comment montrer qu’on était en désaccord ? On n’a pas mis de banderole, on n’a rien fait d’exceptionnel ! Mais ça a fait parler.

(RC Toulon/BRIVE – crédit : filsdebesagne.fr)
  • Comment se passe l’organisation des manifestations, les décorations les jours de match ?

On a une autorisation de la part du RCT pour accéder aux tribunes plus tôt dans la journée ce qui nous permet d’aller installer l’animation pour le match. Pour les tifos, on se retrouve dans la semaine chez l’un ou chez l’autre et chacun sait ce qu’il doit faire.

  • Vous êtes adhérant à la Fédération Française des Supporters de Rugby, qu’est-ce que cela vous apporte ?

Elle regroupe 80 associations. Que ce soit en Top14, Pro D2, ou division inférieure. Notre volonté numéro 1, c’est de nouer des contacts avec d’autres clubs pour créer une synergie, des rencontres, de la convivialité.  La 2ème volonté, c’est de se dire qu’ensemble, on est plus fort. Et parfois il y a des problématiques qui peuvent impacter tous les clubs de supporters. Comme la programmation dramatique du match à 21h le dimanche. Peut-être que demain, la FFSR sera un levier pour porter notre désaccord.

  • Quelle est cette problématique du match de 21h le dimanche ?

Pour exemple, si on joue à Toulouse, comment on fait pour aller supporter notre équipe ? On ne trouvera pas 50 personnes pour remplir un bus. Parce qu’à cet horaire, vous avez la fin du match à 23h. On repart à minuit, on est à Toulon à 06h du matin. Pour ceux qui travaillent, on oublie. Pour les enfants, c’est impossible. Donc nous, en tant que club de supporters, ça nous impacte dans notre vie associative. Même pour les matchs à domicile, est-ce qu’une famille va aller voir un match à 21h alors que les gosses ont école le lendemain? Finalement, le coté familial n’existe plus pour les matchs du dimanche soir. Il n’y a que le diffuseur qui peut se satisfaire de ce choix.


« L’arrivée de Pierre Mignoni et de Franck Azema change beaucoup de choses »


  • Quand vous parlez de nouer des liens avec d’autres clubs de supporters, expliquez-nous l’entente que vous avec le BOC (Bayonnais d’Origine Certifiée) ?

C’est quelque chose d’incroyable cette amitié qui est née avec eux. Ça s’est fait de manière très basique. Un jour à l’occasion d’un match Bayonne-Toulon, on fait le déplacement et on reçoit un mail nous donnant rendez-vous pour prendre l’apéro. On y est allé et le moment partagé fut incroyable. Désormais, pour chaque rencontre, on s’organise pour voir le match dans la même tribune et partager la troisième mi-temps. Cette année, hasard du calendrier, le 31 décembre il y aura le match Bayonne – Toulon donc on passera le nouvel an avec eux.

  • Quel lien entretenez-vous avec le RCT association (qui gère de l’école de rugby aux espoirs) et le RCT (la partie professionnelle) ?

Avec l’association, la relation est très bonne. Elle s’illustre au travers d’un parrainage avec la catégorie Crabos (moins de 18ans) qui dure depuis 5 ans. Quand notre emploi du temps le permet, on va les voir jouer, à domicile ou à l’extérieur. On essaie de les intégrer dans notre vie associative. C’est le RCT association qui est à l’initiative de cette belle aventure. Avec la SASP, c’est un peu plus compliqué parce que l’on a parfois des désaccords.

Notre rôle est de relayer la voix de nos adhérents et des supporters toulonnais en général sur différents sujets, que ce soit sur le sportif, la billetterie, l’ambiance, les délocalisations… Cela étant, on constate qu’il y a un problème de compréhension des motifs de mécontentement. Ils ont une vision entrepreneuriale, nous sommes bénévoles. D’un côté les intérêts financiers notamment, de l’autre la passion. Donc on discute, mais on ne se comprend pas. L’arrivée de Pierre Mignoni et de Franck Azema change beaucoup de choses car ils sont à l’écoute, dans l’échange, dans la compréhension.

  • Vous êtes parrain des Crabos, mais des joueurs professionnels (Facundo Isa, Aymeric Luc, Matthias Halagahu) le sont pour votre association. Quel rôle ont-ils ?

Nous sommes liés avec le RCT par une convention dans laquelle il est stipulé que chaque club de supporters à 3 parrains. Nos parrains sont au cœur de tout. Ils viennent quand ils le peuvent lors de nos évènements. De notre côté, on est là quand ils en ont besoins, d’être présent pour eux en cas de blessure ou autres car une carrière, une saison n’est pas linéaire. Le but est de créer un lien privilégié.

  • Au moment du décès de Christophe Dominici, vous avez eu l’initiative de créer un trophée en sa mémoire qui ira au vainqueur de la double confrontation entre le Stade Français et le RCT. Le premier trophée a été remis l’an dernier. Quel sentiment ressort de la concrétisation de cette idée ?

C’est une satisfaction de voir ce trophée aboutir. On s’est demandé qu’est qu’on pourrait faire pour Domi. Avoir une idée autour d’une table et arriver à sa concrétisation c’est deux choses différentes. On a voulu rendre cette idée médiatique. Il y a eu une adhésion totale, ça a pris une ampleur incroyable. Très rapidement, les deux clubs ont validé la chose, et nous aidés financièrement. Derrière on a lancé un concours pour réaliser le trophée pour lequel nous avons eu 20 projets. Le trophée a été remis à Toulon pour la première fois mais l’intérêt est de rendre hommage à Christophe. Qu’il reste dans notre mémoire.

  • Pour finir sur une note plus joyeuse, vous êtes sur l’année de vos 15 ans. Avez-vous déjà planifié l’évènement que vous allez organiser ?

On réfléchit à faire quelque chose en fin d’année. On ne sait pas encore quoi ni où. En plus, cela coïncidera avec les 10 ans du premier titre européen. Donc peut-être essayer de regrouper ces deux dates. Rien n’est arrêté.   

(RCT/CASTRES – crédit : filsdebesagne.fr)

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